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jeudi 18 février 2021 à 05:21

Un projet d’enfouissement d’amiante au Mont Saint-Vincent

  Le Maire s'explique



 



 

Depuis 1973, une carrière est exploitée sur la commune de Mont Saint-Vincent. Après deux premiers exploitants, c’est à présent la société Rougeot qui exploite le site.

La Carrière du Mont Saint Vincent, exploite un gisement de granit beige sur les monts charollais, à près de 600 mètres d’altitude. La carrière propose différents types de granulats, destinés à la construction des infrastructures et à la décoration des espaces. Elle propose ses matériaux aux acteurs du BTP, aux fabricants de béton, aux paysagistes, aux centres équestres et aux particuliers, désireux de réaliser leurs propres ouvrages, indique la société sur son site internet.

 

Si la société exploite le lieu, c’est bien la commune qui est restée propriétaire toutes ces années.

Au cours de l’année 2019, celle-ci a présenté un projet d’enfouissement de déchets du BTP à la commune, parmi lesquels l’amiante. Ce projet fait partie de son projet d’évolution pour les 30 années à venir du site.

 

« On n’avait aucune raison juridique ni scientifique de s’y opposer » explique Jean Girardon, Maire de la commune, contacté au téléphone.

Et de poursuivre : « C’est l’entreprise Rougeot qui a lancé l’idée. On s’est renseigné. Cela se ferait avec Veolia [entreprise spécialisée dans le traitement des déchets]. » Ainsi informé, le Conseil municipal a souhaité voir sur place des installations de ce type en activité. Une visite fut organisée à l’automne 2019 en présence du maire, Jean Girardon, assisté des trois adjoints Pierre Chardeau, Nadine Therville et Michel Auboeuf, sur un site géré par Veolia, partenaire de la Société Rougeot, dans la région de Reims.

 

Et Jean Girardon de poursuivre : « Entre l’idée et le projet, encore faut-il que la DREAL valide ! » La DREAL est un service de la Préfecture qui autorise et surveille les sites industriels sensibles, carrières, centres d’enfouissement notamment.

 

Un projet de prolongement de l’exploitation des carrières et d’enfouissement de déchets dont des déchets dangereux

 

Ce projet consiste, d’une part à poursuivre l’extraction des matériaux dont une part importante est transformée en sable, d’autre part à combler une partie des excavations résultant de cette activité par des déchets inertes issus du BTP (bâtiment et travaux publics), pour répondre ainsi aux besoins exprimés par nombre d’entreprises locales, selon les dires du conseil municipal.

 

Toujours selon les informations en possession de la commune, cela implique d’accroître la surface d’exploitation de la carrière (qui est actuellement de 14 hectares) vers le sud-ouest en déplaçant de nouveau (comme cela été fait par le passé), le tracé du chemin de grande randonnée (GR7) en limite de Collonge en Charollais et d’envisager un traitement particulier pour les déchets amiantés fibrés (non floqués).

 

Rougeot a déposé en ce sens une demande aux services de la DREAL la semaine dernière.

 

Depuis 2011, une réglementation spécifique, particulièrement drastique, organise le traitement par enfouissement des plaques d’amiante désactivé. Déjà sur le territoire de la CUCM un tel existait jusqu’à présent, sur le centre d’enfouissement de Torcy, géré par Sita-Suez et dont l’exploitation s’est achevée en décembre 2019.

Une alvéole spéciale accueillait ces déchets.

 

Ce serait donc le cas pour la carrière du Mont Saint-Vincent où la partie enfouissement s’étendrait sur une superficie d’un hectare selon les informations en possession de Jean Girardon.

 

A cela s’ajoute un projet de réhabilitation du site, à la charge de l’exploitant et dont une partie a débuté avec la plantation d’arbres.

Jean Girardon rappelle que le site est régulièrement visité et surveillé par les services de la DREAL qui veille à sa bonne gestion et à la protection environnementale.

 

Jean Girardon reconnaît ne pas avoir encore pu faire une information aux habitants

 

D’ores et déjà plusieurs habitants sont récalcitrants au projet, projet qui à ce jour n’a pourtant pas fait l’objet d’une communication spécifique auprès des habitants. Le maire a indiqué, au cours de son entretien téléphonique, avoir souhaité réaliser une réunion publique avec les habitants, à ce jour repoussé à cause des contraintes sanitaires.

 

Sur le sujet de l’amiante, le maire de la commune réagit face aux peurs de certains de ses administrés : « L’amiante c’est dangereux. Mais qu’est-ce qu’on fait ? Est-ce qu’on essaie de la traiter ? Ou est-ce qu’on la laisse pourrir sur des sites industriels sans la moindre maîtrise ? L’état des sciences et techniques ne permet pas d’autres moyens de traitement à ce jour. Toutefois si d’ici 30 à 40 ans on savait comment traiter l’amiante, celle-ci sera stockée de telle sorte qu’on pourra la ressortir. C’est ce qu’on nous a dit à Reims. »

 

Ainsi un casier étanche serait créé. L’amiante qui y serait déposée serait soigneusement filmée, enveloppée avant d’être recouverte d’argile.

 

Selon le maire de la commune, le site de la carrière se prête particulièrement à cette activité car « les trous sont déjà faits. Et l’argile est aussi sur place. C’est une opération intéressante compte tenu des conditions présentes sur le site. Pour autant je ne souhaite pas que la commune devienne une poubelle. »

 

Et le maire d’indiquer : « La commune n’a pas les moyens d’évaluer le projet. Mais la DREAL le peut. Et je sais qu’ils ne vont rien laisser passer. Le projet durerait sur 30 ans environ selon la présentation orale qui nous a été faite. »

 

La partie enfouissement devrait accueillir 5000 T de déchets par an, soit 20 T par jour, soit « à peine deux camions » selon Jean Girardon qui répond ainsi aux inquiétudes au sujet de la circulation des camions sur les routes de la commune.

 

Par ailleurs, un tel changement d’exploitation a été envisagé et intégré dans le PLUI de la communauté urbaine Le Creusot-Montceau.

 

A ce jour, la présence de la carrière rapporte à la commune des droits au titre de l’exploitation du terrain lui appartenant (redevance de la mine). 10% des dépenses de fonctionnement de la commune sont couverts grâce à ces sommes perçues selon les estimations du maire. Ce dernier a rappelé que les impôts étaient reversés à la CUCM et ne reviennent donc pas à la commune.

 

Pour la suite du projet de réaménagement du site, un plan d’eau est prévu ainsi que la poursuite de la réhabilitation du site. Le maire a indiqué que des réunions d’informations seront réalisées dès que possible pour préciser tous ces éléments.

 

EM

 

photo d’illustration

 

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9 commentaires sur “Un projet d’enfouissement d’amiante au Mont Saint-Vincent”

  1. Yves Giorgi dit :

    Bonjour

    Au regard des « erreurs du passé » récent de notre belle région en terme de déchets industriels. Peut-être faudrait-il apprendre un peu à s’abstenir de faire une nouvelle tentative. En 2021,les citoyens savent utiliser un compteur Geiger Müller!! Et là faudra assumer cette fois-ci…
    À bon entendeur
    Yves Giorgi

  2. Pascontent dit :

    Ca y est, les contre tout vont bientôt se manifester.
    Pourtant on a bien tiré des leçons du passé:
    – Arrêt de la diffusion de ces produits dangereux.
    – Stockage contrôlé des déchets provenant de leur dépose.
    Alors, que faut-il faire maintenant:
    – laisser des entrepôts provisoires un peu partout, sans localisation connue, ni contrôle?
    – ou créer un enfouissement sécurisé et contrôlé?
    On a presque tous de l’amiante dans nos lieux de vie (logement, travail, hangars). On est donc tous responsable de sa présence, indirectement et involontairement car dans le passé on ne savait pas. Alors il faut trouver une solution et ne pas se contenter d’être contre tout ce qui est proposé, à savoir:
    – Pas chez nous, mais chez les autre. Alors où?
    – Surtout pas ça. Donc on fait rien, alors qu’on est conscient de la gravité des multiples stockages non contrôlés.

    • Daniel Z dit :

      Bonjour Pascontent.
      Je ne suis absolument pas d’accord avec “car dans le passé, on ne savais pas” !
      Depuis 1900 la toxicité du matériau était connue et parler du scandale de l’amiante en France est un euphémisme.
      Révélateur si on peut dire : “1919 : les compagnies d’assurances américaines et anglaises suppriment leur garantie pour les entreprises fabriquant des matériaux contenant de l’amiante”
      Où je hurle de rage, c’est quand je découvre, qu’en France, des veuves de l’amiante sont déboutées par ce qu ‘on appelle la Justice.
      Quand je découvre que, 17 mai 2013, “…réhabilitation du Comité permanent amiante et que le tribunal va jusqu’à “” affirmer qu'”aucune étude (…) ne remettait en cause l’usage contrôlé de l’amiante””
      Nous sommes dans un pays où, a mon avis, l’hypocrisie règnent en maître, la malhonnêteté est omniprésente et la puissance de certains groupes est sans limite….
      Mais effectivement, en toute rigueur, scientifiquement, il semblerait que personne ne puisse prouver que seule l’amiante est à l’origine des D.C…..
      Vu comme va notre pays, il ne sert à rien de s’entourer de compétences ni d’avoir foi en les politiciens, il suffit de se rappeler le vote pour l’ Europe.
      Peut être faudrait il revenir à d’autres méthodes ?
      Une affaire actuelle semble montrer ce que nous devons penser des affirmations officielles :
      “La COVID-19 doit être inscrite sur le certificat médical de décès pour TOUTES les personnes décédées lorsque cette maladie a causé ou contribué au décès,OU EST SOUPÇONNÉE DE L’ AVOIR FAIT .”
      Qui écrit cela ? c’est l’OMS.

    • MICHMARE dit :

      Vous avez tout à fait raison. Un enfouissement bien contrôlé est de loin beaucoup plus responsable que toutes les mini décharges sauvages qui fleurissent le long des sentiers.

  3. alainbosset@free.fr dit :

    quelle beau projet !
    une grande poubelle dans notre région!
    c’est génial !

  4. THOM71 dit :

    Le Mont Saint Vincent est connu pour être à l’origine de toutes les petites sources de la région… sans parler du potentiel touristique (VTT, randonnée ou vacances au calme) qui pourrait voir le jour si le site était mis un peu plus en valeur…ça rapporterait certainement plus que le stockage d’amiante et rayonnerait sur les commerçants, artisans, gîtes et restaurateurs de la région…

  5. Lecocodu71 dit :

    Mais bien sûr on va enfouir des déchets hautement toxiques sur le centre des reseaux sourcier local. Mais quelle merveilleuse idée pleine de bonnes intentions!
    C’est pas comme si nous n’avions pas d’autres moyens que l’enfouissement, on n’a apparemment pas évolué technologiquement depuis l’ère des cro-magnon. Il ne s’agit pas d’être contre tout mais de militer pour un VRAI retraitement des déchets et dire que les méthodes des boomers il y en a marre! On sait faire autrement.