Hôpital de Montceau-les-Mines
Une réaction a l'abandon du nom de Jean Bouveri
Communiqué :
« Un communiqué très récemment paru dans la presse locale, publié par une association connue d’usagers, au sujet de l’abandon du nom de Jean BOUVERI pour l’hôpital, a retenu mon attention et m’a conduit à m’interroger. De plus cette association interpelle publiquement tous les conseillers municipaux de Saint-Vallier et le Maire Alain Philibert et nous met face à nos responsabilités.
Je mesure combien cette question peut être à la fois symbolique et porteuse de sens pour notre territoire. Au-delà d’un simple changement de nom, c’est en effet une part de notre histoire locale, de notre mémoire collective et de l’identité de notre établissement de santé qui semble être en jeu. J’ai la faiblesse de penser que le nom de Jean BOUVERI ne représente pas seulement une appellation apposée sur un bâtiment, il renvoie à une personnalité, à une époque et à une histoire qui méritent, me semble-t-il, d’être connues et préservées. Ce qui m’amène donc à penser que la question peut légitimement être posée publiquement et, surtout, d’être expliquée.
Pourquoi ce choix ? Quelles en sont les raisons ? Quelle place souhaite-t-on désormais accorder à la mémoire et à l’histoire de notre hôpital ?
Il ne s’agit pas pour moi de porter un jugement hâtif, mais simplement de considérer qu’un changement aussi symbolique ne devrait pas laisser indifférent. Il mérite un véritable débat, éclairé par des faits, et une réflexion collective sur ce que nous voulons transmettre aux générations futures. Ce débat le maire de Saint-Vallier a tout fait pour l’éviter lors du conseil municipal du 23 septembre alors qu’il était nommément visé dans cet article.
Pourtant ce débat me semble dépasser les clivages politiques. En effet progressivement, on observe la disparition du nom de Jean BOUVERI à commencer par les papiers à en-tête de l’hôpital, à l’accueil téléphonique et d’une manière générale dans toutes formes de communication de notre hôpital.
D’ou vient cette immorale initiative qui traduit en réalité la mentalité technocratique de fonctionnaires hors sol qui méconnaissent notre passé local ?
De l’ARS est ses hauts fonctionnaires déconnectés des réalités locales me dit-on. Notre hôpital Jean BOUVERI est le fruit d’une longue histoire dont nous pouvons être fiers, au même titre que nous pouvons l’être de la médaille de la Résistance attribuée à la ville de Montceau par le général DE GAULLE. L’histoire d’une population est faite de moments, de combats, d’engagements et de femmes et d’hommes qu’il nous appartient de ne pas oublier. Notre bassin minier ne doit pas devenir un arbre sans racines. Les noms de rues, de places, d’équipements publics ou d’établissements sont autant de marqueurs de cette histoire. Ils rappellent aux générations présentes et futures celles et ceux qui ont contribué à construire notre territoire. Peu importe leur bord politique car l’histoire locale appartient à tous. La mémoire collective ne devrait pas être soumise aux alternances politiques ni aux modes administratives. Elle doit pouvoir rassembler au-delà des clivages.
C’est pourquoi la disparition progressive du nom de Jean BOUVERI, au profit de la simple appellation « Centre hospitalier de Montceau », telle qu’elle apparaît notamment dans les courriers administratifs et sur le site internet de l’établissement, doit nous interpeller. Il ne s’agit pas ici d’une querelle partisane. C’est une question de principe et de mémoire républicaine parce qu’une République se doit d’honorer celles et ceux qui l’ont servie et qui ont contribué à l’histoire de leur territoire. Accepterait-on à Lyon que l’hôpital EDOUARD-HERRIOT soit demain désigné uniquement comme « hôpital de Lyon centre », faisant disparaître le nom d’une grande figure de la IIIᵉ République?
Que dirait on si l’on effaçait le nom du courageux docteur William MOREY à Chalonsur-Saône, de l’institut CURIE en oncologie, de l’institut PASTEUR, de l’hôpital POMPIDOU à Paris, de l’hôpital jean-Martin CHARCOT, de l’hôpital Ambroise PARE, de l’hôpital Claude BERNARD, de l’hôpital René LAENNEC, de l’hôpital Jacques NECKER, de l’hôpital Simone VEIL etc etc …
Alors pourquoi accepterions-nous, à Montceau, que le nom de Jean BOUVERI s’efface progressivement derrière une appellation purement géographique ? Derrière un nom, il y a une histoire. Derrière une histoire, il y a une population. Et derrière cette population, il y a une mémoire commune.
La question mérite donc d’être posée : que signifie l’effacement progressif de ces repères historiques ? Sommes-nous en train de construire une société amnésique, où l’efficacité administrative finit par prendre le pas sur la mémoire des territoires ? Et que dire du silence de nos élus ? Sans leur prêter d’intention particulière, leur absence de réaction sur ce sujet peut légitimement nous interroger. Les symboles comptent dans une démocratie. Ils contribuent à ce sentiment d’appartenance et à la transmission d’une histoire commune. Je souhaite donc que nous nous saisissions ensemble de cette question. Nous avons notre mot à dire. En tant que citoyen et simple conseiller municipal, je veux porter une voix : celle du refus de voir disparaître, par simple usage administratif ou par oubli, un nom qui appartient à notre histoire. Refus également d’une forme de décision technocratique prise loin du territoire, sans toujours mesurer l’attachement des habitants à leur patrimoine historique et à celles et ceux qui ont contribué à écrire les grandes pages de notre bassin minier.
Jean BOUVERI n’est pas qu’un nom sur la façade d’un hôpital. C’est un repère de notre histoire. Et une société qui oublie ses racines finit toujours par perdre une part de ce qui la rassemblé. Sans parti pris, telle est mon opinion j’appelle tous les élus locaux a empêcher cet outrage et rendre grâce à notre histoire locale. »
Claude Vermorel.


