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lundi 7 septembre 2026 à 05:55

Sanvignes : Libération de la commune

À Sanvignes, le nom d’André Proudhon continue de veiller



 

 

Ce dimanche 6 septembre, une cérémonie de commémoration s’est tenue place Proudhon, à Sanvignes, pour rappeler la libération de la commune en 1944. Les élus, les porte‑drapeaux et les habitants se sont rassemblés en hommage à André Proudhon, résistant bressan déporté à Auschwitz, reconnu « Juste parmi les Nations » pour avoir protégé deux enfants juifs durant la guerre. Son nom, donné à cette place, rappelle le courage discret de ceux qui ont risqué leur vie pour en sauver d’autres.

Guy Boguet, Président du Comité du Souvenir Français, a pris la parole avec une vraie générosité, heureux de transmettre cette histoire qui lui est chère. Dans sa voix, on sentait autant le respect que l’affection, pour cette mémoire qu’il souhaitait partager avec tous ceux réunis ce dimanche.

Les racines d’une histoire

André Proudhon, originaire de Bourg‑en‑Bresse, a grandi dans une famille marquée par l’engagement et le service. Brillant élève, il poursuit ses études à Lyon avant de rejoindre le mouvement de Résistance Combat. Arrêté à plusieurs reprises en 1943, il est finalement déporté à Auschwitz où il meurt peu après son arrivée.

« Avant son arrestation, il avait caché deux enfants juifs, Madeleine et Georges, leur permettant d’échapper à la déportation. Pour cet acte de courage, il a été reconnu Juste parmi les Nations en 1998, un titre attribué par Yad Vashem aux personnes non juives qui ont risqué leur vie pour sauver des Juifs durant la Seconde Guerre mondiale, sans en attendre de récompense » relate M. Boguet.

Qui étaient réellement les enfants sauvés par André Proudhon ?

Les documents de Yad Vashem, l’institution officielle d’Israël dédiée à la mémoire de la Shoah et qui est à la fois un mémorial, un centre de recherche, un lieu d’archives et un espace d’enseignement précisent que les deux enfants qu’André Proudhon avait mis à l’abri étaient en réalité Netty et Mina Westreich, deux sœurs juives réfugiées dans le bassin minier.

Grâce à lui, elles ont échappé à la déportation. Leur parcours après la guerre demeure discret, mais leur survie porte encore la trace du geste courageux du résistant bressan. Ces deux jeunes filles étaient les sœurs d’Erna Westreich, amie d’André Proudhon.

Que sont-elles devenues après la mort d’André Proudhon ?

Elles ont survécu à la Shoah, grâce à la mise en sécurité organisée par André Proudhon. Leur sauvetage a été reconnu officiellement, lors de la nomination d’André Proudhon comme Juste parmi les Nations.

 

Au-delà de cela, aucune trace publique ne documente leur vie après-guerre : pas de témoignage, pas de biographie, pas de mention dans les cérémonies.

Cérémonie mémorielle

Guy Boguet annonce que « le Comité du Souvenir Français a récemment rénové la tombe d’André Proudhon, connu sous le nom de Lieutenant Guy, mort pour la France le 9 juillet 1944 à Épinac, assassiné par les Allemands. Il repose aujourd’hui dans le cimetière de notre commune ».

Ajoutant : « Une cérémonie mémorielle, organisée en partenariat avec la ville, sera prochainement tenue sur sa sépulture pour honorer sa mémoire ».

En évoquant André Proudhon, c’est bien plus qu’un nom que l’on honore : c’est une présence, un courage, une humanité qui continuent de traverser les générations. Grâce aux gestes de mémoire qui se poursuivent aujourd’hui, son histoire demeure vivante, inscrite dans notre commune comme un rappel précieux de ce que signifie résister, protéger et transmettre.

 

Nelly Desplanches

 

 

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