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mardi 12 février 2013 à 06:03

Pour Debout la République 71

La fermeture de Lucy est une aberration !



« La fermeture annoncée le 31 mars 2014 de la centrale de Lucy III est le symbole de l’absence d’anticipation étatique au sujet de l’énergie. En effet, dans quelle mesure des socialistes peuvent-ils accepter une telle absurdité ?

 

Nicolas Dupont-Aignan, lors de sa venue en Saône-et-Loire le 17 janvier dernier, avait souligné l’ardente nécessité de défendre, dans l’intérêt général, l’idée d’un pôle public de l’énergie, et avait appelé Arnaud Montebourg à venir soutenir un projet alternatif à la fermeture.

L’inaction de ce dernier est la preuve de sa soumission à la libéralisation du secteur de l’énergie.

Mais comment peut-il accepter qu’un industriel allemand, l’un des tout premiers énergéticiens du monde, sous prétexte de faire davantage d’économies, puisse être à l’origine d’un tel nivellement par le bas de la sécurité énergétique française ?

Il faut dire aussi que le gouvernement socialiste n’a même pas voulu étudier l’offre de reprise présentée à l’été 2012, en partenariat technique avec E.D.F., par Sparkling-Capital, une entreprise française.

Celle-ci, adossée à un investisseur américain, Wamar-International, était prête à investir 350 millions d’euros, à sauvegarder les emplois, et à faire les investissements nécessaires pour prolonger de 30 ans la durée de vie des unités concernées. La seule condition que formulait Sparkling-Capital était la nomination d’un expert indépendant pour étudier les possibilités offertes par les trois centrales incluses dans le projet, Saint-Avold (Moselle), Hornaing (Nord, et Lucy III (Saône-et-Loire).

Mais voilà : E.ON trouvait l’offre irréaliste ; mais pas E.D.F. Pourquoi a-t-on préféré écouter  E.ON, plutôt que consulter plus avant E.D.F. ?

Que Delphine Batho, ministre de l’Energie, ne se sente pas concernée, soit ! Mais Arnaud Montebourg, un élu de Saône-et-Loire ! Il pouvait au moins « faire semblant », non ?

Remercions aussi ceux qui ont privatisé la production d’énergie en France : elle a débuté sous le gouvernement Jospin (P.S.) avec le rachat de Montédison alors que E.D.F. était déjà devenue une multinationale « de fait », et a été achevée sous le gouvernement de Villepin en 2004 !

Rappelons au passage que nous devons également ces abandons successifs aux bienfaits de la déréglementation du secteur électrique dans l’Union européenne sous l’impulsion de la Commission de Bruxelles (directives de 1993 et de 2003), ainsi qu’à la loi N.O.M.E. (Nouvelle Organisation du Marché de l’Electricité) adoptée par le Parlement en novembre 2010.

L’argument avancé par le groupe allemand de pertes significatives ne tient pas debout. Pire, c’est un mensonge. En effet, E.ON, propriétaire de la centrale, a dégagé en 2012 près de 4 milliards d’euros de bénéfices net !

Et pourtant, ce beau pactole n’empêche pas l’énergéticien allemand de fermer ses unités en France et, au contraire, d’investir dans l’Est de l’Europe pour empocher encore plus.

La réglementation européenne le lui permet, puisqu’elle lui donne droit à obtenir des subventions communautaires en s’installant dans des pays de l’est européen (y compris faisant partie de l’Union), qui pratiquent le dumping social, salarial et fiscal, au nom de la libre concurrence érigée en dogme !

Mais qui donc a acquiescé à des dispositions aussi scandaleuses, par lâcheté, opportunisme ou idéologie, sinon les gouvernements qui se sont succédés ces trente dernières années ?

Il est cependant encore temps pour l’Etat d’intervenir. Les emplois des générations actuelles et futures, ainsi que l’indépendance énergétique de notre pays sont plus que remis en cause.

Surtout que des solutions alternatives telles que la biomasse existent. Et l’utilisation intelligente, dans le respect de la biodiversité et de l’environnement, des forêts du Morvan donnerait à notre région Bourgogne cette dynamique énergétique qui lui manque.

Mais pour cela encore faudrait-il que nos élus se réveillent !

Je regrette en effet que trop peu d’entre eux, tels que Marie-Claude Jarrot ou Nicolas Dupont-Aignan, se soient seuls manifestés, pour défendre une autre voie à la fermeture de Lucy.

J’invite donc tous les citoyens à se rassembler et à s’exprimer sur le sujet, car il est vital pour Montceau-les-Mines que ce site français de production de l’énergie soit maintenu. Sans quoi la Bourgogne deviendra totalement dépendante en matière d’énergie.

Et je salue Claude Martin, représentant syndical C.G.T., oui, C.G.T., qui, comme nous, a compris la nécessité de combattre pour un pôle public de l’énergie.

Je ne suis pas opposé par dogme à la libre-concurrence, sauf lorsque celle-ci est nocive aux grands services publics de l’Etat. Ceux-ci nécessitent une programmation sur le long terme, loin de toutes considérations purement financières, loin d’une logique strictement comptable de rentabilité économique.

C’est ce que, précisément, le business refuse de comprendre, dans sa hâte de tirer des profits immédiats. Mais l’Etat ?« 

 

 

 

Maxime Thiébaut
Membre du Bureau national de Debout la République                               
Secrétaire départemental de Saône-et-Loire

 

 

 

 






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