Pour Thomas Thévenoud, député
"Décret Alstom : l’exemple vient de l’étranger"
« Le décret signé hier par le Premier ministre et Arnaud Montebourg sur les investissements étrangers rééquilibre le rapport de force entre les intérêts financiers des multinationales et les intérêts stratégiques de l’Etat. C’est un moyen de réarmer la puissance publique.
Est-ce qu’il s’agit d’une exception française ? Non.
En Allemagne, les lois AWG et AWV permettent le contrôle des investissements directs étrangers sur le fondement de l’intérêt national.
Aux Etats-Unis, les investissements extérieurs sont soumis à l’examen du Committee on Foreign Investment in the United States (CFIUS). Lorsqu’ils peuvent porter atteinte à « la sûreté nationale » des engagements spécifiques peuvent être exigés de la part de l’investisseur ou l’opération peut être interdite. L’appréciation de cette notion est laissée à la discrétion du Président des Etats-Unis dont les décisions ne sont pas susceptibles d’appel. A ce titre, en 2012 le gouvernement américain a notifié 114 contrôles sur des investissements étrangers, qui ont conduit à dix retraits et blocages.
En Espagne, une loi de 2013 soumet au contrôle du Ministre de l’industrie les investissements non-européens dans une entreprise du secteur énergétique.
En Italie, un décret-loi de 2012 permet à l’Etat de s’opposer à l’acquisition d’actifs stratégiques dans le secteur de l’énergie, des transports et des communications.
Ce décret n’est pas une barrière aux investissements étrangers.
Le choix qui est fait par le Gouvernement est celui du patriotisme économique. C’est l’exact inverse de ce qu’a fait la droite pendant 10 ans en regardant les bras ballants notre industrie perdre 750 000 emplois.
Désormais, la France va pouvoir défendre concrètement les fleurons de son industrie comme le groupe Alstom. Avec ce décret, les conditions sont réunies pour une négociation sereine et équilibrée dans ce dossier. »



3 commentaires sur “Pour Thomas Thévenoud, député”
Merci à Monsieur Thevenoud pour la leçon Wikipédia… par delà, et pour être plus constructif je me demande pourquoi le gouvernement via les députés se sent-il dans l’obligation de justifier la création d’une loi par son application antérieur dans un autre pays.
On peut comprendre, même si on en est pas d’accord, qu’un gouvernement de gauche mette en place un garde-fou pour éviter certaines dérives libérales.
J’en arrive encore à la conclusion que certains sautent sur toutes les occasions pour simplement communiquer…
Lisant les mêmes communiqués que vous, j’en arrive à la conclusion qu’il est toujours nécessaire de faire de la pédagogie pour expliquer le sens de l’action entreprise. Surtout quand celle-ci rencontre au mieux du scepticisme, au pire de l’opposition, de la Commission européenne, du MEDEF ou de l’UMP…
Mais alors, que va t’on choisir finalement, entre la peste General Electric ou le cholera Siemens ??
Pourquoi a t’on laissé démanteler le puissant groupe français CGE en son temps ?
l’union Européenne des 28 qui se distingue surtout par sa désunion va t’elle laisser une place quelconque au coq gaulois ??
Voter le 25 mai, mais pour qui, et pour quoi ?