« Président de la région Bourgogne : cécité nucléaire et méthode Coué »
Dit Marie-Claude Colin Cordier, Europe Ecologie Les Verts
« La Bourgogne, dotée par l’histoire d’un fort tissu industriel, misant sur la vente des réacteurs nucléaire, s’est engouffrée tête baissée dans cette filière, via le pôle de compétitivité.
Naufrage industriel et catastrophe sociale pourraient bien être le prix à payer pour cette vue à court terme de l’emploi, tant le marché, déjà aléatoire avant Fukushima, est en train de se fermer.
La filière d’avenir, celle qui préserve les emplois et valorise les savoir faire, existe. La Bourgogne peut et doit d’engager sur une nouvelle perspective : réorienter, remobiliser les compétences et les ressources vers la filière du démantèlement (installations et réacteurs) et de la maintenance, comme l’ont rappelé les élus Europe Ecologie Les Verts du Conseil régional ce lundi 27 juin.
Avec hauteur et mépris, le Président Patriat balaye cet argumentaire. Il affirme sans rire que nos EPR sont les plus sûrs du monde, avec eux pas de catastrophe à Fukushima, et que lorsqu’un avion tombe on n’arrête pas l’aéronautique.
Que madame Lauvergeon vante les qualités de son matériel, c’est son job. Qu’un élu responsable le prenne comme vérité révélée est étonnant. Certes la sécurité s’améliore en marchant, comprenez qu’après chaque accident on prend en compte ces « expériences ».
Merci aux cobayes russes et japonais qui ont testé l’accident qui ne devait jamais arriver. Pour le démantèlement, les déchets, la gestion des accidents majeurs, problèmes eux bien concrets, pas de solution. Brennilis (petite centrale bretonne) : des décennies d’essais de démantèlement. Fukushima : le déversement des eaux radioactives se poursuit dans l’océan, la station d’épuration d’Aréva est encore en cours de test. Déchets dangereux pour des millénaires : on pense à les cacher sous le tapis.
Oui il y a des accidents d’avions et des drames. Contrairement aux avionneurs qui n’ont jamais prétendu au risque zéro, les pro nucléaires en ont fait un argument d’acceptabilité.
Essayez de comparer les conséquences du crash du Concorde et les terres gelées pour des centaines d’années autour de Penly (région parisienne).
Il faudra un jour sortir de l’incantation et de la méthode Coué.
Quel pays développé et démocratique envisagera de construire des centrales dont le coût mettra à mal la rentabilité. L’Europe se désengage du nucléaire. La décision allemande aura une influence sur les industriels et les financiers.
Faut-il se réjouir de voir la Chine, l’un des pays les plus corrompu au monde, installer des réacteurs. Ne faut-il pas légitimement s’inquiéter des centrales low cost qui ont la faveur des pays du golfe, de la Corée et, avant la catastrophe japonaise, la bénédiction d’Henry Proglio dirigeant d’EDF.
Les accidents nucléaires, où qu’ils se produisent touchent l’ensemble de la planète. L’iode 131 a atteint nos salades, les eaux radioactives contaminent la chaîne alimentaire (poissons et mammifères).
Sortir du nucléaire est une chance pour l’emploi et une nécessité pour la vie. Il faut prendre aujourd’hui la décision d’en finir avec cette énergie pour qu’enfin dans vingt à tente ans nous n’en dépendions plus. Le travail ne manquera pas pour la filière : ingénierie, radioprotection, physique des matériaux, gestion de chantier… c’est un savoir faire complet qu’il faut développer.
Sortir du nucléaire c’est aussi prendre le train de la révolution énergétique avec toute la technologie des renouvelables et des économies d’énergie, le développement de nouvelles formations attirantes pour les jeunes. Ne laissons pas le Sénateur Patriat et ses alter ego nous le faire rater. »
Marie-Claude Colin Cordier, pour la sortie programmée du nucléaire


Un commentaire sur “« Président de la région Bourgogne : cécité nucléaire et méthode Coué »”
Bien que je sois en accord avec le constat de Mme Colin Cordier, je ne cesserai jamais de me demander pourquoi EE-les Verts concluent des accords politiques (avec le PS) alors qu’ils sont en désaccord sur différents points, dont le nucléaire…
Quelle est la logique de ces alliances, si ce n’est l’attrait de se vanter d’ avoir quelques sièges au Conseil régional…mais sur l’action concrète : rien…