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vendredi 26 août 2011 à 11:10

« Dette et déficit : quelles solutions écologistes ? »

Par Nicole Eschmann, vice-présidente EELV au Conseil Régional de Bourgogne.



« Dans le traitement médiatique de la crise financière, il faut rétablir la vérité : les dépenses publiques n’ont pas augmenté entre 2000 et 2011, les mesures annoncées par le gouvernement démontrent son degré d’irresponsabilité budgétaire, les solutions justes à la crise existent et exigent du courage politique.

Déficit : les dépenses n’ont pas augmenté entre 2000 et 2011, ce sont les recettes qui ont baissé :
«Sans toutes les baisses d’impôt accordées depuis 2000, le déficit serait seulement de 1% aujourd’hui» dit un rapport de parlementaires UMP en juillet 2010. La baisse des impôts commencée par Fabius, qui a profité de recettes en augmentation (la « cagnotte » selon la droite) pour baisser les impôts au lieu de désendetter la France a été amplifiée par Raffarin, Villepin, Sarkozy et atteint 100 milliards € en 2011.
Depuis trente ans, aux Etats-Unis comme en Europe, la stagnation des salaires et la multiplication des petits boulots associées à une forte réduction des impôts pour les plus riches a conduit les ménages et les Etats à s’endetter massivement. 1ère phase : des dettes non soutenables socialisées en dettes publiques par le soutien apporté aux banques pour 400 milliards d’€, c’est à dire 20 points de PIB pour la France. 2ème phase : un État insolvable choisit l’austérité budgétaire, entrainant récession économique, montée du chômage, aggravation des finances publiques et désagrégation sociale. On est dans la situation du jeune garçon qui tue ses parents, et ensuite se plaint d’être orphelin !

Les mesures annoncées par le gouvernement sont ridicules, anecdotiques et démontrent son degré d’irresponsabilité budgétaire : après avoir récemment baissé de 2 milliards d’euros l’impôt sur la fortune et supprimé les contrôles en dessous de 3 millions d’euros de patrimoine, il invente une contribution de 3% qui récupérera le dizième de l’argent dilapidé, soit 200 millions !



Les solutions d’Europe-Ecologie-les-Verts


Mesures d’urgence en France : D’abord, rétablir l’équilibre des finances publiques: nul besoin d’un nouveau tour de vis de mesures antisociales qui ne ferait qu’accroître les inégalités et provoquerait une récession. Mais récupérer les 30 milliards d’évasion fiscale annuelle par le contrôle et la lutte contre les paradis fiscaux. Réduire les déficits de 50 à 60 milliards d’ici 2014, par suppression des niches fiscales estimées à 75 milliards et en reprenant une partie des 100 milliards qui n’ont pas été prélevés durant la décennie. Puis interdire aux banques de spéculer avec l’argent des citoyens en séparant les banques de dépôt et d’investissements : ce qu’avait fait Roosevelt en 1933 avec le Glass Steagal Act, qui a été aboli en 1999. Enfin créer un pôle public financier pour les collectivités locales, et donner l’accès des États à la masse monétaire de la BCE, (par l’intermédiaire de bons de la collectivité déposés en apport à la BCE) pour éviter le recours aux banques privées.


Et en Europe : Généraliser l’échange automatique d’informations et son extension à toutes les formes de revenus et aux personnes morales (funds/trusts/fondations). Instaurer une taxe sur les transactions financières au niveau européen qui pourrait générer jusqu’à 190 milliards d’euros de recettes fiscales supplémentaires annuellement. Mettre en place une assiette commune consolidée obligatoire et d’un taux minimum de 25 % pour l’impôt sur les sociétés. Taxer les émissions de CO2 de manière cohérente avec les objectifs de l’Union en matière de lutte contre le changement climatique.

Le traitement du déficit et de la dette sera au coeur de la présidentielle de 2012 : relocaliser les 3500 milliards d’épargne des ménages français en l’orientant vers les investissements pour la transformation écologique de l’économie. Depuis 18 mois, au parlement européen, les députés Verts se battent au sein de la commission des affaires économiques et monétaires pour mettre en place ces solutions efficaces et justes. Au premier rang, Eva Joly démontrant chaque jour son courage politique et sa détermination.« 


Nicole Eschmann, vice-présidente EELV au Conseil Régional de Bourgogne.






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