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lundi 19 septembre 2011 à 09:46

Dette publique

"Une escroquerie sans fin" pour Nicole Eschmann, vice-présidente EELV du Conseil régional de Bourgogne



« A droite mais aussi à gauche, on semble avoir oublié que le budget de l’Etat, comme tout budget, comporte deux colonnes : recettes et dépenses. Et que pour équilibrer le budget, il n’est pas obligatoire de sabrer de manière totalement irresponsable dans les dépenses de l’Etat – en s’attaquant à l’Education nationale, en fermant des hôpitaux, en bradant les services publics, en « réformant » les retraites et les politiques de santé. Cette désinformation massive autour de la question de la dette ne peut plus masquer que d’autres politiques sont possibles.

Le déficit a considérablement augmenté avec les réductions d’impôts : Le déficit, c’est la différence entre les recettes (impôts directs ou indirects), et les dépenses (retraites, services publics, santé, éducation, allocations sociales). Les impôts directs, qui varient en fonction des revenus, n’ont cessé de diminuer pour les plus grandes fortunes et pour les sociétés et sont la 1ère cause du déficit français. Les impôts indirects, payés par tous de manière équivalente, ne permettent pas une juste redistribution, et lorsqu’on envisage des hausses d’impôts aujourd’hui, il s’agit uniquement de la TVA.

Le déficit augmente en temps de récession : En cas de récession, comme aujourd’hui en Europe, le chômage augmente, les gens paient moins d’impôts, consomment moins et les recettes publiques chutent. Parallèlement, le nombre de titulaires des allocations sociales augmente, et les dépenses publiques aussi.

Comment financer le déficit public ? normalement en levant des impôts ou en empruntant à sa Banque Centrale. Mais les gouvernements européens se sont volontairement privés de ces armes, en renonçant à financer le déficit par les impôts directs et en excluant que la banque centrale européenne puisse prêter aux Etats. La seule possibilité, c’est donc le financement par la dette auprès des banques privées, avec des taux exponentiels grâce aux menaces complices des agences de notation, donc une dette en constante augmentation, qui est montrée du doigt… pour justifier de nouveaux plans d’austérité…

Les gouvernements ont renoncé à réduire leur déficit par les recettes: Ce que devraient faire les gouvernements en temps de crise, c’est injecter de l’argent public dans l’économie, augmenter les dépenses publiques pour générer de l’emploi et diminuer le taux de chômage. Au contraire les plans d’austérité imposent de réformer le système des retraites et le marché du travail, d’effectuer des coupes dans le secteur public et de le privatiser. Ils obligent ainsi les Etats à brider leur économie, à avoir encore moins de recettes, donc…plus de dette.

L’escroquerie de la règle d’or : Ce que veulent les marchés financiers, c’est que le niveau de recette soit juste suffisant pour que les Etats puissent payer les dettes qu’ils ont contractées et contracteront encore. La règle d’or cadenasse un pays dans l’obligation sans fin de diminution des emplois, des impôts, et des services aux citoyens. L’inscription dans le marbre de la constitution de cette obligation de réduire les dépenses publiques, se fait au mépris de la démocratie, sous le diktat des marchés financiers et des agences de notations, dans la continuité du pacte pour l’Euro, pour pouvoir payer la dette des marchés financiers, ceux-là mêmes qui sont responsables de la crise.

C’est un comble que ce soient les milliardaires américains, puis français, qui appellent à taxer davantage les riches, mettant en pleine lumière la capitulation des responsables politiques : oui, il est possible de rééquilibrer le budget public en taxant les plus hauts revenus et les transactions financières, en supprimant les niches fiscales, en séparant les banques de dépôt et d’investissements, en recréant des banques publiques qui réorienteront les 3500 milliards d’épargne des ménages français vers les investissements pour la transformation écologique de l’économie. Les prétendants à la prochaine présidence de la République ne seront crédibles que s’ils disent publiquement, que pour échapper au piège de la dette publique, il sera nécessaire de rompre radicalement avec la dépendance vis-à-vis des marchés.« 

Nicole Eschmann, vice-présidente EELV du Conseil régional de Bourgogne








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