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mardi 20 décembre 2011 à 11:48

« Errare humanum est, perseverare diabolicum…

"... tableau noir et bonnet d’âne pour Luc Châtel" écrit Nicole Eschmann (EELV)



« Afin de dégager le terrain pour la campagne des présidentielles – terrain miné par la suppression  de 66 000 postes d’enseignants depuis 2007 – et afin que l’indignation ne puisse se partager dans les établissements fermés pour les vacances de Noël, Luc Chatel annonce le 16 décembre la poursuite des suppressions de postes en 2012 : 14 000  dont 5 700 postes dans les écoles primaires publiques, 6 550 dans les collèges et lycées publics, 400 postes de personnels administratifs et 1 350 postes dans l’enseignement privé. Le couperet tombe dans toutes les académies, sauf la Guyane, alors que les prévisions d’effectifs montrent une hausse de 33000 d’élèves à la rentrée 2012.


356 postes en Bourgogne sont menacés. En janvier 2011, l’annonce de la répartition des emplois supprimés dans l’éducation nationale avait déclenché, dans la France entière, une grande vague de protestation des élus locaux, des parents d’élèves, des enseignants : le « mammouth » était touché à l’os, et ne pourrait pas endurer une nouvelle cure d’amaigrissement. Nicolas Sarkozy s’était alors engagé à maintenir le même nombre de classes primaires à la rentrée 2012. Avec toujours moins d’enseignants, cela signifie augmentation du nombre d’élèves par classes ; fermeture d’options ; diminution des cours à effectifs réduits, de l’aide spécialisée aux élèves en difficulté, de la scolarisation des moins de trois ans ; suppression de postes de remplaçants, d’animateurs TICE (informatique) et de langues vivantes. Cela signifie la fin du mensonge de l’aide personnalisée, leurre destiné à masquer le démantèlement programmé de l’éducation nationale (inflation de changement de programmes sans concertation et à la hâte, baisse de moitié du recrutement des enseignants, modification de leur statut …).


Le ministère s’acharne contre l’école et notamment ses élèves les plus fragiles, alors même que l’OCDE pointe la faiblesse du taux d’encadrement du premier degré, que le Haut Conseil à l’Education préconise que le primaire bénéficie en priorité de moyens, que la dernière enquête CEDRE – que le ministère a cherché à dissimuler  – montre que le noyau dur de l’échec scolaire ne se réduit pas. Cette politique comptable d’asphyxie et de casse de notre système éducatif, ne génère que peu d’économies, car le système fonctionne grâce aux heures supplémentaires, qui permettent de colmater les brèches. Ce vaste plan social de 80000 postes supprimés depuis 2007, dégra¬dera l’avenir de la nation plus sûre¬ment que les agences de nota¬tion ne peuvent le faire : alors que la récession menace, nous avons le devoir de faire réussir nos enfants, non de sacrifier leur éducation et leur avenir.


« Errare humanum est, perseverare diabolicum », « Se tromper est humain ; persévérer est diabolique » : cet aveuglement idéologique appelle à la mobilisation de tous. Nous serons sur le terrain des négociations afin que chaque élève puisse trouver sur son territoire l’éducation et la formation qu’il recherche. Comme le 15 décembre dernier, nous serons de nouveau aux côtés des enseignants, des élèves, des parents d’élèves, pour affirmer que l’éducation doit redevenir une grande priorité nationale.


Avec Eva Joly et Europe-ecologie-les-Verts, nous voulons rendre l’école à celles et à ceux qui la vivent, garantir aux enseignants la maîtrise de leur métier, assurer un véritable service public de l’enseignement et de l’orientation, afin que plus aucun jeune de 16 à 25 ans ne se retrouve sans solution. Pour l’avenir de nos enfants. Pour l’avenir de notre économie. Pour l’avenir de notre pays« .


Nicole Eschmann,
4ème vice-présidente du Conseil Régional de Bourgogne en charge des lycées








Un commentaire sur “« Errare humanum est, perseverare diabolicum…”

  1. Nomade dit :

    Comment expliquer qu’avec 66 000 enseignants en moins, la taux de réussite au bac et au brevet ont augmenté depuis 2007 ?

    Bon, après on peut doubler le nombre d’enseignants, à crédit bien sur, comme ça nos enfants bien formés pourront rembourser….