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samedi 4 juillet 2020 à 11:02

Installation du conseil municipal de Montceau

Discours de Marie-Claude Jarrot : "Cette confiance, je la reçois, enfin, comme un cadeau"



 



 

« Les 15 mars et 28 juin derniers, les Montcelliennes et les Montcelliens ont placé la liste que j’ai eu l’honneur de conduire en tête des suffrages.

Ce matin, vous venez de placer votre confiance entre mes mains pour continuer à présider aux destinées de cette ville.

Alors, cette confiance, je la reçois comme un cadeau, comme un honneur mais aussi comme une immense responsabilité.

La responsabilité de ne pas décevoir après un printemps chahuté par cette pandémie inédite et animé par de multiples manifestes réclamant un monde plus respectueux des hommes et de la planète.

La responsabilité de porter à bout de bras les nécessités de cette singulière épreuve et, plus largement, d’une situation qui nous oblige à relever des défis majeurs :

C’est le défi de la cohésion de notre territoire, de notre ville, de ses quartiers, la cohésion de ses habitants, de tous ses habitants.

C’est le défi des solidarités dans une ville qui sait ce que signifie l’Autre.

C’est le défi de la transition écologique comme un élément transversal à tous les autres, c’est le défi des mobilités qui s’en rapproche, le défi économique qui ne saurait lui être raisonnablement opposé ou encore le défi numérique.

Ce sont l’ensemble de ces défis qui doivent nous unir au combat. Vaste programme. Faut-il pour autant faillir devant l’étendue de la tâche? Je ne suis pas de ceux là. C’est d’ailleurs le déclin de l’homme de dire : « que va t’il se passer ? » au lieu de se dire « que vais-je faire ? ».

Cette confiance je la reçois aussi comme un honneur.

L’honneur d’inscrire mon nom dans cette belle assemblée des premiers magistrats de cette ville au Panthéon desquels je veux associer, une fois n’est pas coutume, un certain André Jarrot.

Sa mémoire figure, pour moi, sur la liste des héros d’une certaine idée du devoir et du combat, des héros de la France libre, de ces héros de la Résistance, de ces héros enfin de mon cœur.

Il m’a fait comprendre qu’il était préférable dans la vie, fut-elle publique, d’essayer de devenir un homme ou une femme qui a de la valeur plutôt qu’un homme ou une femme qui a de la réussite.

L’honneur aussi quand tant de gens échangent volontiers l’honneur contre les honneurs. Pour moi, l’honneur de n’avoir jamais essayé de tromper les administrés, de n’avoir jamais menti aux électeurs, l’honneur d’être restée la même durant ces dernières années, durant ces dernières semaines, je le devais bien aux femmes et aux hommes qui ont fait le choix d’être à côté de moi. Des femmes et des hommes que j’ai eu l’honneur de respecter, de mettre en avant, des femmes et des hommes que j’ai souhaité … mettre à l’honneur.

 

Cette confiance, je la reçois, enfin, comme un cadeau.

Un cadeau offert par celles et ceux qui ont montré depuis 6 ans, et parfois plus, leur fidélité à mon engagement et qui ont fait le choix de  quitter cette enceinte. Qu’ils soient chaleureusement remerciés pour leur parcours au service des Montcelliens.

Un cadeau offert aussi par ces élus qui ont souhaité poursuivre cette mission citoyenne de service au public et dont l’implication, je le sais, sera aussi forte qu’au précédent mandat.

Un mandat durant lequel ils m’ont offert leurs encouragements pour ce qui a été fait mais aussi leur conscience pleine et entière que notre ville, dans cette course sans repos où le progrès économique, social et écologique doit entraîner notre territoire, avait déjà gagné du terrain. Et j’en suis heureuse.

Il faut dire que nous avons déjà tant fait et qu’il nous reste tant à faire pour pouvoir redire au plus grand nombre, et à l’envie, qu’ « Aimer Montceau », ce n’est pas de la littérature.

Avec eux et avec les nouveaux élus qui m’ont offert, qui ont offert aux Montcelliennes et aux Montcelliens la force de leur spontanéité, de leur enthousiasme et de leur dynamisme, nous allons écrire, emplis du courage et de la volonté chevillés au cœur et au corps, une nouvelle page de cette histoire de Montceau les Mines, empruntant ce chemin municipal qui doit nous conduire vers la réussite.

 

Depuis 2014, nous avons réussi des choses presque impossibles. Nous avons aussi peut être moins bien réussi des choses possibles. C’est ainsi. Mais je forme le vœu que ce mandat puisse nous apporter autant de succès que le précédent.

 

Succès de l’Eté du Lac, succès de l’Espace Jeunesse, succès d’un projet social partagé, succès d’un TSB installé durablement dans nos quartiers, succès de ces rencontres et petits déjeuners avec les forces vives, succès  du Forum des associations, succès d’un territoire de santé qui renait de ses cendres après avoir été si longtemps abandonné et si méchamment maltraité, succès encore de ces Mines de talent qui récompenseront, cette année, pour le plus grand nombre d’entre elles en tous, cas les femmes et les hommes qui ont porté haut les couleurs de la solidarité dans ces instants de doute et de crainte depuis le début du mois de mars.

 

Ces femmes et ces hommes auxquels nous avons voulu, en affichant certains de leur visage sur les façades de l’Hôtel de ville, que les Montcelliens puissent dire merci, comme pour mieux les convier à un banquet de la gratitude. « Fais preuve de gentillesse envers tous ceux que tu rencontres, leur combat est peut-être plus dur que le tien » écrivait l’auteur du Banquet.

 

Ils ont été, eux et d’autres, à leur niveau, de vrais porteurs de gentillesse et d’espérance.

 

Et il en a fallu de cette espérance, de cet espoir et de cet engagement pour informer et protéger durant ces longues semaines de confinement.

Je me rappellerai toujours de l’inquiétude grandissante de nos concitoyens au fur et à mesure de l‘incertitude.

Je me rappellerai longtemps de l’incrédulité à apprendre que notre doyen d’âge, élu sortant et colistier de la liste que j’ai eu l’honneur de mener, serait lui aussi touché par cette maladie dont nous ne savions encore pas grand chose.

Je me souviendrai longtemps de cette veille d’élections où le Premier ministre fit d’un coup monter la prise de conscience et la peur collective en annonçant la fermeture de tous les cafés, de tous les restaurants, partout en France et à Montceau, rappelant quelque part la « grande peur » évoquée par nos livres d’histoire à propos des épidémies du passé.

Je n’oublierai pas ces jours, ces semaines durant lesquelles nous nous sommes organisés pour assurer au mieux notre mission avec la force des compétences des ressources humaines, au nom de la continuité du service public, mais aussi avec l’ensemble des initiatives de femmes et d’hommes riches d’un cœur ouvert à l’autre. Qu’ils soient tous remerciés.

Je me souviendrai longtemps de cette journée du 15 mars marquée par la crainte légitime des électeurs à se déplacer dans les bureaux de vote, à Montceau comme ailleurs, comme un brouillon à ce qui se reproduirait quelques semaines plus tard ce 28 juin.

Je regrette la faiblesse des chiffres de la participation naturellement même si leur comparaison avec ceux d’autres territoires pourraient nous rassurer. Mais comparaison n’est pas raison.

Je me souviendrai longtemps aussi de cette campagne inédite marquée par la distance imposée, et respectée, entre les colistiers et les électeurs sous couvert de distanciation sociale. Une distanciation dont le mot même ne devrait pas avoir sa place dans cette démocratie dont j’aime avant tout l’aspect charnel.

Je me souviendrai longtemps alors qu’il eut été sans doute urgent de l’effacer de ma mémoire, l’absence abyssale de programme d’adversaires devenus pour quelques uns d’entre eux conseillers municipaux d’opposition, dont les principales motivations sont restées bien éloignées de celles qui devraient présider n’importe quelle démarche électorale.

Qu’importe après tout. Cette campagne est maintenant terminée et bien terminée. Ils sont, et pour certains d’entre eux ils en ont maintenant l’habitude, dans l’opposition.

Je respecte la légitimité des suffrages qu’ils ont obtenus tout comme j’attends qu’ils respectent la mienne et celle des élus de la majorité qui m’entourent.

Cette majorité qui, j’en suis certaine, aura le gout de servir un idéal dans l’esprit des mots forts de Victor Hugo : « Servir la patrie est une moitié du devoir, servir l’humanité est l’autre moitié ».

Avec eux, servir Montceau est un devoir, servir les Montcelliennes et les Montcelliens habite ce devoir. Il en fait même la principale richesse.

Avec eux, nous allons poursuivre la mise en place de notre programme pour les 6 années à venir, nous allons continuer d’ouvrir les portes des chantiers qui s’imposent, nous allons poursuivre ce travail de rénovation, de reconstruction de cette ville dont les quartiers doivent s’enrichir et non s’opposer.

Avec eux, nous allons continuer de donner à tous l’envie et l’énergie de s’engager, de créer, d’investir,  de s’investir, de prendre des initiatives, de mettre en œuvre des projets professionnels et personnels.

Avec eux, nous allons entamer la deuxième partie de cette exigence d’éducation, de jeunesse et de culture pour notre ville. Cette culture, dont je rappelle qu’elle n’est pas un cerveau farci de dates, de noms ou de chiffres, mais plutôt la qualité du jugement, l’exigence de la logique, l’appétit de la preuve, la notion de la complexité des choses et de l’arduité des problèmes. C’est l’habitude du doute, le discernement dans la méfiance, la modestie d’opinion, la patience d’ignorer, la certitude qu’on n’a jamais tout le vrai en partage; c’est avoir l’esprit ferme sans l’avoir rigide, c’est être armé contre le flou et aussi contre la fausse précision. C’est aimer le beau quand il est beau.

C’est à ce chemin d’une culture exigeante et populaire que je vous invite, une culture que j’ai fait le choix d’associer d’ailleurs directement, avec l’aide de conseillers délégués, à mon poste de maire.

C’est plus globalement, mes chers collègues, à ce chemin de travail et d’engagement, que je vous invite.

La réussite de Montceau est notre ambition. Cette ambition, elle est clairvoyante.

Je connais la complexité de notre territoire, je mesure la force des courants de difficultés et de réserve qui la traversent, je sais l’intensité des controverses qui s’y engagent comme pour mieux ne pas vouloir s’insérer dans un courant collectif, je sais l’éclat parfois bien terne des différences et des divergences qui cohabitent et dont certains usent plus que de raison.

Mais cette diversité des quartiers, des femmes, des hommes, cette complexité des mouvements, cet enchevêtrement d’idées renforcent ma confiance et mon obligation à servir bien. Parce que je compte faire encore et toujours le choix de ce qui est positif et multiple, le choix de préférer la différence à l’uniformité. Avec un salut amical à Christiane Mathos à qui je veux rappeler ces mots : « le beau, c’est la splendeur du vrai ».

Chers Montcelliennes, Chers Montcelliens, Vous avez choisi l’espoir.

J’y répondrai avec les mots empruntés à cet ami de la famille, de ma famille, qu’était le Président Jacques Chirac déclarant :

«  Je veux que tout ce qui soit entrepris soit ordonné à des principes sans lesquels les meilleures gestions elles-mêmes risquent de se pervertir. A  la base de toute action, se trouve la volonté de servir des hommes et des femmes qui ont le droit de réaliser, quelle que soit leur condition personnelle et sociale, la vocation qu’ils portent en eux, à la condition de leur faire confiance ».

Je fais confiance à Montceau, je fais confiance aux Montcelliennes et Montcelliens parce qu‘avec eux, je partage cette ambition qu’aucune vocation ne saurait être obtenue sans référence aux principes dont une société, dont une ville et ses habitants doivent se réclamer : le droit à la vie d’abord, le droit à la différence, à l‘égalité des droits, à l’égalité des chances. Le droit à l’honneur ensuite. Le droit à être aimés à être respectés, le droit de croire universellement que la bienveillance est sur le chemin du devoir. Le droit à être considérés avec le cœur.

C’est avec ce cœur plein de reconnaissance et de responsabilité que je poursuivrai donc ma mission de maire au service de toutes les Montcelliennes et de tous les Montcelliens.

Parce que c’est avec eux tous, et à travers vous, que je veux avoir cette énergie collective et cette force dont découlent les plus belles réussites. »

 

 

 






4 commentaires sur “Installation du conseil municipal de Montceau”

  1. jean montceau dit :

    46% de à peine 30% d’électeurs, la confiance en Mme Jarrot est grande, il n’y a pas de quoi pavoiser.

  2. Globul dit :

    Ben, si mon niveau en mathématiques est comparable au vôtre, je peux également affirmer qu’il en est de même concernant vos « amis »…
    Avec subtilité et ironie, je pourrais même rajouter que la confiance envers vos collègues l’est même encore moins…
    Mais bon, moi j’dis ça, j’dis rien…
    Comme vous le faîtes justement remarquer, ce n’est là que l’analyse des chiffres issus du scrutin.
    Dont acte ! (Vox populi)

  3. Lamartinien dit :

    Oui Jean, y en a des qui en ont gros ! Vont s’agiter surement trés bientôt….

  4. jean montceau dit :

    Alors, si vous ne dites rien, continuez. Il ne faut pas sa vanter d’une confiance qu’on n’a pas.