Autres journaux


vendredi 5 décembre 2025 à 04:00

Section PCF du Bassin minier

" Quel avenir pour l’Ukraine ? "



 

Communiqué : 

« C’est un Volodymyr Zelenski en grande difficulté qui vient chercher le réconfort d’Emmanuel Macron lundi à Paris. Les nouvelles du front sont mauvaises. Si le front ukrainien ne montre pas de signe réel d’écroulement aujourd’hui, il est partout fragilisé et les réserves sont très limitées. Sans capacité de rebond, et nonobstant la combativité sur le front, les difficultés devraient s’aggraver dans les semaines qui viennent.

Mais surtout, c’est le régime qui est frappé de plein fouet par le scandale de corruption qui touche jusqu’au tout puissant Yermak, chef de l’administration présidentielle et véritable éminence grise du pouvoir ukrainien. C’est l’ensemble de la pyramide du pouvoir qui est ébranlée et les contrecoups seront importants pour Zelenski.

Cela a d’autant plus d’impacts que le régime politique au pouvoir à Kiev depuis l’indépendance est dominé par la lutte des différentes fractions capitalistes, ce qui le rend structurellement instable. Si les dissensions au sein de la classe dirigeante ukrainienne ont été gelées avec la guerre (et l’interdiction des partis et médias d’opposition, dont le PC d’Ukraine), elles sont en train de se rouvrir.

Du point de vue russe, les nouvelles offres de Trump sont accueillies, cette fois-ci, avec beaucoup de circonspection. Rien à voir avec les tons un peu triomphalistes qui ont parcouru les allées du pouvoir lors des deux tentatives précédentes de Trump, qui n’ont au final rien donné. Et rien n’indique un fléchissement de la position du régime, qui porte la trace indélébile d’avoir violé le droit international par l’invasion de l’Ukraine et qui s’est considérablement durci.

On aurait tort de prendre la Russie comme un bloc monolithique. D’abord parce que des contradictions existent au sein même de la société politique russe, entre une partie du capitalisme russe qui cherche à un accord avec son homologue étatsunien, et une mouvance « Z » d’extrême droite opposée à tout accord. Ensuite parce que des contradictions traversent aussi la population, dont une moitié environ est favorable à ouvrir des négociations pour un cessez-le-feu.

Le pouvoir central, lui, fondé sur un capitalisme concessionnaire et d’arbitrage entre clans, envoie des signes tantôt aux uns, tantôt aux autres. Il n’a pas non plus ni les capacités, ni les intérêts pour prendre Trump de front. Du point de vue de la Maison-Blanche, le « plan Trump », dans sa version initiale, ressemble dans sa logique assez furieusement à celui pour Gaza.

Des revendications de Moscou telles que le statut de la langue russe ou celui de l’Église liée au Patriarcat de Moscou ont été jetées par-dessus bord. La limitation de l’armée ukrainienne est fixée à un niveau bien supérieur à celle qu’elle était lors des négociations d’Istanbul du printemps 2022, sabordées par les Occidentaux. Les avoirs russes gelés en Europe, que la Commission européenne cherche à confisquer, serviraient à alimenter un fonds étatsunien pour la reconstruction de l’Ukraine. La question clé demeure celle des revendications territoriales, du statut futur de l’Ukraine et des garanties de sécurité.

Ce plan, comme celui pour Gaza, doit être lu à l’aune du repositionnement stratégique de l’impérialisme américain : re-stabiliser la situation à son avantage économique dans les régions environnantes de la Chine afin de pouvoir se concentrer contre cette dernière. C’est bien pour cela qu’un des principaux points du plan Trump est, comme Gaza, la constitution d’un « bureau de la paix » sous la présidence de Trump. Mais la suite, pour Trump, risque d’être beaucoup moins concluante que pour Gaza, car elle suppose un accord minimal ou au moins la neutralité bienveillante de Moscou pour une telle perspective, ce qui est peu probable à l’heure actuelle. L’Union européenne, enfoncée dans sa soumission à l’OTAN, est structurellement incapable de prendre la moindre initiative de paix.

La représentante de l’UE pour les affaires étrangères, Kaja Kallas, fait logiquement partie des pires bellicistes du continent. Preuve en est sa détermination à la confiscation des avoirs de la Banque centrale russe en Europe, alors que même la BCE s’y oppose. Il faut s’interroger sur le rôle de l’UE en tant que tel aujourd’hui dans le contexte des recompositions du capitalisme européen. Ce n’est sans doute plus d’être un acteur politique au service d’une orientation néolibérale comme elle l’a été depuis 30 ans, mais d’être un tiroir-caisse pour la guerre (en renforçant par ailleurs sa dépendance aux marchés financiers).

 

La politique belliciste se mène à un niveau intergouvernemental, comme le montre la « coalition des volontaires » de Macron. Cet engrenage de guerre franchit aujourd’hui une étape gravissime, en assumant la perspective possible d’un conflit contre la Russie, c’est-à-dire entre plusieurs puissances nucléaires. C’est un régime politique capitaliste de type nouveau qui est en train de se mettre en place en Europe, alliant autoritarisme, militarisme et austérité, avec tout ce que cela comporte de désastres pour les peuples. La question de la paix est une des questions centrales pour la classe travailleuse en Europe.

 

C’est une partie intégrante de la lutte de classes. Tout d’abord, les peuples concernés doivent être consultés en vertu du principe de leur autodétermination. Un accord ne peut pas se décider sur un coin de table en vertu d’intérêts impérialistes, mais en vertu du droit international. Ensuite, les principes de la souveraineté et de l’indépendance de l’Ukraine, ainsi que de sa neutralité dans le cadre de garanties internationales de sécurité, doivent être appliqués.

 

Enfin, c’est bien l’indivisibilité de la sécurité en Europe qui doit être posée, en vertu des principes d’Helsinki, rompant avec l’OTAN et sa logique de blocs. Pour cela, la France doit retrouver des marges de manœuvres en toute indépendance de l’OTAN et de l’Union européenne. Emmanuel Macron forme une coalition des volontaires pour la guerre. Formons à la place une coalition des volontaires pour la paix ! Il y a urgence ! »

 

Permanences tous les mardis de 10h à 11h30 – 10 rue d’Autun à Montceau-les-Mines

 

 

 

 






Le commentaires sont fermés.