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jeudi 12 février 2026 à 05:34

Municipales 2026 : tout ce qu’il faut savoir avant de déposer sa liste

Dans les coulisses des candidatures en Saône-et-Loire



 

 

Qui peut être candidat ? Combien de noms sur une liste ? Où déposer son dossier ? Quelles erreurs éviter ? Le guide complet pour les municipales en Saône-et-Loire.

À quelques semaines du dépôt des candidatures, beaucoup découvrent encore la complexité des règles électorales. Montceau News offre un tour d’horizon des points à maîtriser pour ne pas être pris de court car à l’approche des élections municipales des 15 et 22 mars 2026, les équipes candidates en Saône-et-Loire entrent dans une phase décisive.

 

Au-delà des projets et des débats locaux, la réussite d’une candidature repose désormais sur un cadre juridique strict : composition des listes, dépôt sur rendez-vous, contrôle des situations personnelles et respect de règles administratives de plus en plus techniques.

Dans de nombreux cas, une erreur de procédure peut suffire à fragiliser, voire invalider toute une campagne.

 

Le nombre de conseillers : une règle liée à la population

Le premier paramètre à maîtriser est le nombre de sièges à pourvoir au conseil municipal, fixé selon la population légale INSEE.

En Saône-et-Loire, les communes se répartissent dans plusieurs strates représentatives : Montceau-les-Mines relève de la tranche 10 000 à 19 999 habitants (33 élus) ; Mâcon appartient à la strate 30 000 à 39 999 habitants (39 élus) ; Chalon-sur-Saône se situe dans la catégorie 40 000 à 49 999 habitants (43 sièges). Le plus petit nombre est 7 pour les communes de moins de 100 habitants.

Au-delà, les effectifs progressent par paliers jusqu’à 69 conseillers, tandis que Paris, Lyon et Marseille relèvent d’un régime électoral spécifique.

Ce barème conditionne directement la taille minimale des listes.

Pourquoi certaines listes comptent plus de noms que de sièges

Le Code électoral autorise l’ajout de jusqu’à deux candidats supplémentaires par rapport au nombre de sièges. Cette faculté, non obligatoire, est devenue une pratique courante, elle est prévue par le code électoral article L260.

 

Un mode de scrutin désormais uniforme

Depuis la dernière réforme, toutes les communes fonctionnent selon des règles harmonisées : scrutin de liste, listes bloquées, fin du panachage, alternance femmes-hommes. Les bulletins ne peuvent plus être modifiés. Dans les petites communes comme dans les grandes, la constitution d’une équipe complète est devenue incontournable.

 

Dépôt des candidatures : un calendrier contraint et sans rattrapage. Les dossiers sont déposés à la préfecture de Mâcon ou dans les sous-préfectures, notamment à Autun, Chalon-sur-Saône et Montceau-les-Mines, selon l’arrondissement. Tout dépôt hors site compétent est refusé.

Les délais et horaires pour les 2 tours sont les suivants :

Pour le premier tour du jeudi 12 au vendredi 13 février 2026 de 8h30 à 12h et de 13h30 à 17h ;  du lundi 16 au vendredi 20 février 2026 de 8h30 à 12h et de 13h30 à 17h ;  du lundi 23 au mercredi 25 février 2026 de 8h30 à 12h et de 13h30 à 17h ;  le jeudi 26 février 2026 de 8h30 à 12h et de 13h30 à 18h. Clôture définitive le 26 février en fin d’après-midi.

Pour le second tour  le lundi 16 mars 2026 de 9h à 17h  et le mardi 17 mars 2026 de 8h30 à 12h et de 13h30 à 18h.

Aucun retard n’est toléré.

Le dépôt se fait sur rendez-vous, qui a été à réserver dès janvier. La remise est exclusivement physique, par la tête de liste ou un mandataire. Aucun envoi électronique ou postal n’est admis.

L’administration vérifie lors du dépôt les formulaires, les signatures, le nombre de candidats, la parité apparente. Les contrôles de fond (situation judiciaire, incompatibilités) interviennent souvent ultérieurement. Une fois le délai clos, toute modification est impossible.

 

Qui peut figurer sur une liste : les conditions légales minimales. Pour être candidat en 2026, il faut impérativement : avoir 18 ans révolus (âge minimum unique pour être conseiller, maire ou adjoint) ;être de nationalité française, ou ressortissant de l’UE sous conditions, ils peuvent être élus conseillers, mais pas Maire ou adjoint ; être électeur dans la commune ou être inscrit aux rôles des contributions directes de la commune au 1er janvier 2026; jouir de ses droits civiques ; ne pas être sous tutelle avec perte des droits civiques ; ne pas exercer de fonction incompatible ; ne faire l’objet d’aucune inéligibilité en cours ; donner un accord écrit personnel ; fournir tous les justificatifs requis ; figurer sur une liste conforme et paritaire.

Il n’existe aucune limite d’âge maximale. Ces conditions sont cumulatives : un seul manquement peut fragiliser toute la liste.

 

L’inéligibilité et l’incompatibilité : deux notions distinctes.

L’inéligibilité, elle empêche d’être candidat ou élu (privation de droits civiques, peine judiciaire, certaines incapacités) ; l’incompatibilité, elle interdit certains cumuls, sans empêcher l’élection. L’élu doit alors choisir.

Les condamnations, le cumul de mandats et les situations personnelles jouent dans la possibilité d’être élu. Une condamnation pénale, une interdiction d’exercer ou de gèrer ne rendent pas automatiquement inéligible : seules comptent les condamnations accompagnées de sanctions électorales ou civiques. Le cumul des mandats est par ailleurs fortement limité : un maire ne peut plus être simultanément député, sénateur ou président d’exécutif territorial. Contrairement à une idée reçue, il n’est pas obligatoire de résider dans la commune pour être élu, dès lors qu’un lien électoral ou fiscal existe.

 

Après le scrutin, le conseil est installé dans les jours suivants et procède à l’élection du maire et des adjoints. Un élu peut refuser son mandat, mais ce refus doit être immédiat. À défaut, il est réputé accepter. En cas de vacance du maire (démission, décès), le conseil élit un successeur, sans nouvelle élection générale, sauf situation exceptionnelle. Toute vacance de siège est comblée par appel au suivant de liste.

 

Les principaux risques de rejet d’une liste : les motifs les plus fréquents sont la liste incomplète, la parité non respectée, l’erreur d’ordre, la signature absente, le candidat inéligible, le défaut de mandataire financier. Une seule irrégularité peut suffire.

 

Les municipales 2026 ne se joueront pas seulement dans les réunions publiques et les débats locaux. Elles se gagneront aussi dans les dossiers administratifs.

 

En Saône-et-Loire, avec le dépôt sur rendez-vous, l’unification du scrutin, l’exigence de listes complètes et la vigilance juridique accrue, constituer une liste est désormais un véritable acte juridique.

Toute approximation peut coûter une élection.

 

Gilles Desnoix

 

 

 

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