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vendredi 6 mars 2026 à 04:45

Saint-Vallier : Denis Beaudot reçoit la presse locale pour dresser un bilan critique du mandat.

Les mots sont cinglants, l’émotion à fleur de peau



 

C’est à son domicile que Denis Beaudot a convié récemment la presse locale pour un point sur la situation politique à Saint-Vallier et sur son propre engagement municipal. L’élu d’opposition a longuement exposé son analyse du fonctionnement de la municipalité et du mandat en cours, tout en annonçant ses choix pour l’avenir.

 

« Un déni de démocratie qui s’installe »

Dès le début de l’entretien, Denis Beaudot déplore ce qu’il considère comme une dégradation du fonctionnement démocratique au sein du conseil municipal.

« Chaque dérive accentue le déni de démocratie sur tout le mandat », estime-t-il.

L’élu revient notamment sur un épisode qui l’a particulièrement marqué : le refus d’une minute de silence en mémoire de Quentin Deranque. Une décision qui l’a profondément choqué.

Il regrette également les propos tenus par le premier adjoint, revenu selon lui sur le positionnement politique de la victime. « Ce n’était pas le sujet », insiste Denis Beaudot. « Il s’agissait simplement d’honorer la mémoire d’un homme qui n’aurait pas dû mourir. »

Selon lui, il n’a pas eu l’occasion d’exprimer pleinement sa pensée lors de cette séance.

Il fait un parallèle avec une situation antérieure, au collège Copernic, lors de l’hommage à Samuel Paty. À l’époque, Denis Beaudot avait proposé la plantation d’un arbre en mémoire du professeur assassiné. Une initiative qui avait déjà suscité, selon lui, des réactions hostiles.

« J’ai ressenti une forme de sectarisme, un refus de prendre en compte une proposition qui visait pourtant à rassembler autour d’une cause simple et honnête : la mémoire d’un homme assassiné. »

 

Une opposition « boycottée » au conseil municipal

Au-delà de ces épisodes, Denis Beaudot estime que l’opposition municipale est régulièrement mise à l’écart.

Il évoque notamment les difficultés rencontrées pour inscrire des questions diverses à l’ordre du jour. « On nous oppose le règlement intérieur quand cela arrange la majorité », déplore-t-il.

Lors du dernier conseil municipal du 25 février, il affirme avoir posé plusieurs questions restées sans réponse. « Sur des sujets budgétaires importants, je n’ai obtenu aucune explication satisfaisante », assure-t-il.

 

Des interrogations sur les documents budgétaires

L’élu d’opposition affirme avoir relevé plusieurs incohérences dans les documents financiers présentés par la municipalité.

Premier point soulevé : le tableau des effectifs.

Selon lui, aucun emploi fonctionnel n’y apparaît. « Il n’y a pas de directeur général des services mentionné. Pourtant, on parle de directeurs généraux adjoints et de chefs de pôles. Rien n’est clairement répertorié, explique-t-il. Une situation qu’il considère comme « un manque de transparence ».

Il pointe également certaines évolutions budgétaires qu’il juge difficiles à comprendre.

Ainsi, la rémunération du personnel afficherait une baisse de 1,75 %, tandis que les cotisations à l’URSSAF progresseraient de 7,78 %, soit environ 40 000 euros d’écart entre les budgets 2025 et 2026.

 

Le cas de la résidence des Tilleuls

Autre dossier soulevé : celui de la résidence des Tilleuls.

Dans le budget annexe, Denis Beaudot constate une augmentation importante des dépenses d’énergie. Celles-ci passent de 124 000 euros en 2024 à 160 000 euros en 2025, montant reconduit en 2026.

« Pourtant, le maire explique que des travaux ont été réalisés pour faire des économies d’énergie », souligne-t-il. « Il y a donc 36 000 euros qui restent inexpliqués. »

L’élu évoque également les charges de personnel inscrites pour cet établissement : 420 000 euros. « Mais il n’existe aucun tableau des effectifs », affirme-t-il. « Cela reviendrait à dire qu’aucun agent n’y travaille. »

Face à ces éléments, Denis Beaudot parle d’un « manque de sérieux dans les réponses et dans la gestion ».

 

Un mandat « difficile » pour l’opposition

Avec le recul, Denis Beaudot porte un regard à la fois critique et désabusé sur le mandat en cours.

« Pour l’opposition, cela a été très difficile dès le début », estime-t-il, évoquant notamment les premiers conseils municipaux et surtout le discours du maire sous la halle couverte.

Il reconnaît toutefois que certaines idées défendues par sa liste ont finalement été reprises par la majorité, comme la création du Conseil municipal des jeunes (CMJ).

Malgré un climat qu’il juge souvent hostile, Denis Beaudot affirme avoir cherché à travailler de manière constructive avec la majorité et aussi, notamment, avec les habitants et les associations locales.

« Mais lorsque nous intervenons en conseil municipal, nous ne sommes jamais écoutés », regrette-t-il. « Le maire marche à côté des citoyens. »

 

Deux dossiers restés en travers

L’élu évoque également deux dossiers qui lui tiennent particulièrement à cœur.

Le premier concerne l’Auberge de la Saule. Il se souvient d’un rendez-vous, le 27 décembre 2020, avec la sénatrice Mercier. Selon lui, celle-ci s’était inquiétée de l’influence de réseaux liés aux Frères musulmans dans ce projet et avait alerté le ministre de l’Intérieur.

Finalement, l’opération n’a pas abouti et la ville a dû racheter le bien.

Le second dossier concerne le développement économique de Saint-Vallier. Denis Beaudot regrette l’absence de projet pour la friche industrielle Gerbe, la plus importante de la Communauté urbaine Creusot-Montceau.

« Rien n’a été fait pendant ce mandat et rien n’est envisagé pour le prochain », affirme-t-il.

 

« Pourquoi participer aux commissions si rien ne change ? »

Denis Beaudot répond également aux critiques sur sa participation aux commissions municipales.

« Pourquoi y participer si rien ne bouge, si rien ne change et si les questions restent sans réponse ? », interroge-t-il.

 

Il ne se représentera pas aux municipales.

Au cours de ce point presse, Denis Beaudot a également annoncé qu’il ne se représenterait pas lors des prochaines élections municipales.

« Ce mandat a été très éprouvant », confie-t-il. « J’ai aussi d’autres engagements professionnels. Il me reste deux ans pour mener à bien certains projets et je ne peux pas tout assumer en même temps. »

Pour autant, il n’exclut pas de revenir dans d’autres échéances électorales.

« D’autres mandats viendront peut-être, au niveau régional ou départemental. J’ai déjà été candidat à ces élections et je continuerai à travailler pour le bien commun. »

 

Son épouse engagée dans la prochaine campagne

Dans la perspective des prochaines municipales, Denis Beaudot annonce que son épouse s’engagera aux côtés de Samuel Brandilly.

« Elle relève le gant », explique-t-il. « Nous ne voulons pas laisser la mairie à Alain Philibert et à sa liste. »

L’élu apporte son soutien à la liste conduite par Samuel Brandilly, qu’il décrit comme « jeune et dynamique ».

« Elle porte une vision nouvelle pour la commune et peut rompre avec la routine installée depuis de nombreuses années », estime-t-il.

Denis Beaudot précise également que leurs sensibilités politiques diffèrent quelque peu : « Samuel est plutôt souverainiste, tandis que je me sens davantage européiste. »

 

Un message de remerciement

En conclusion de cet entretien, Denis Beaudot a tenu à adresser un message aux habitants qui l’ont soutenu.

« Je veux remercier très chaleureusement toutes celles et ceux qui m’ont suivi au fil des années, qui m’ont fait confiance et qui m’ont encouragé », a-t-il déclaré.

« J’ai été fier de travailler pour eux. »

 

 

Gilles Desnoix

 

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