Un féminicide de trop en Saône-et-Loire
Communiqué :
« C’est avec une profonde émotion que j’ai appris la mort d’une femme de 41 ans, mère de deux enfants, survenue ce jeudi 9 juillet à Champforgeuil. Mes premières pensées vont à ses enfants, à sa famille et à ses proches, ainsi qu’à toute une commune aujourd’hui sidérée.
Je me garderai de tout commentaire sur une enquête en cours : il appartient à la seule justice d’établir les faits et les responsabilités, et je lui fais pleine confiance. Mais je refuse que cette prudence, nécessaire, devienne un silence résigné.
Car ce drame n’est pas isolé. En France, une femme meurt tous les trois jours, tuée par un conjoint ou un ancien conjoint, et plusieurs dizaines de femmes ont déjà perdu la vie depuis le début de l’année. Ces chiffres ne connaissent pas de baisse structurelle, malgré les dispositifs successifs adoptés depuis le Grenelle de 2019. Aucun territoire n’est épargné : ni les grandes villes, ni nos communes rurales.
Depuis trop longtemps, nous répondons à ces morts par des demi-mesures, en légiférant dans l’urgence après chaque affaire, puis en passant à autre chose. Cette méthode a montré ses limites. Il nous faut désormais une réponse d’ensemble, cohérente et financée. C’est précisément l’ambition de la proposition de loi visant à lutter de manière intégrale contre les violences sexistes et sexuelles commises à l’encontre des femmes et des enfants, déposée à l’Assemblée nationale et soutenue par des parlementaires de toutes sensibilités.
Inspirée du modèle espagnol, cette loi-cadre agit sur l’ensemble de la chaîne : prévention dès l’école, formation des professionnels, protection effective des victimes, spécialisation de la justice, et moyens budgétaires à la hauteur de l’enjeu. Son inscription à l’ordre du jour, annoncée pour la rentrée, doit être tenue. Je serai pleinement mobilisée, au Sénat, pour qu’elle aboutisse.
Aux femmes de notre département qui vivent aujourd’hui dans la peur, je veux dire qu’elles ne sont pas seules et que la représentation nationale se tient à leurs côtés.
Nous devons à la mémoire de cette femme, et à toutes les autres, de transformer l’émotion en actes. »


