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jeudi 17 septembre 2026 à 03:37

La crise du diesel : qui fait monter le litre ?

La pénurie a bon dos, les marges se portent bien.



Depuis des jours les chaînes d’info en continu, les quotidiens de la presse écrite, les radios nous ressassent une actualité anxiogène en débattant à perte de vue sur la flambée des prix du carburant. Sauf que l’on débat sans explications de fond, sans donner les explications voulues sur les concepts et éléments de langage utilisés. On accuse ou l’on défend les raffineurs, leurs marges, leurs gains multipliés par 3 ou 4 sans vraiment expliquer ce qu’il en est et la réalité des faits.

À Montceau News, il nous est apparu indispensable et utile de nous emparer du sujet et de fournir des explications claires et précises pour éclairer nos lecteurs.

À la question « La crise du diesel : qui fait monter le litre ? », la réponse courte qui nous est donnée est : « La hausse vient d’abord d’une pénurie mondiale de gazole disponible, aggravée par la hausse du pétrole brut. Les raffineurs en tirent des marges et des bénéfices nettement plus élevés. En France, la TVA ajoute ensuite 20 % à la hausse du prix hors taxe.  » Réduire l’explication aux frappes ukrainiennes contre les raffineries russes, comme l’a fait Donald Trump, laisse de côté une part majeure de la crise : les perturbations au Moyen-Orient.

Ce qui manque réellement. Le gazole français se négocie sur un marché international. Il peut renchérir même si une raffinerie française fonctionne normalement : celle-ci vend ses produits à un prix influencé par les cours mondiaux, tandis que la France achète aussi des produits raffinés à l’étranger. Le ministère rappelle que le prix des carburants raffinés et la marge brute de raffinage sont déterminés à partir de cotations internationales. Les chiffres de l’Agence internationale de l’énergie permettent de mesurer les deux chocs simultanés. En août 2026, les exportations nettes de gazole des pays du Golfe n’atteignaient plus qu’un peu plus du quart de leur niveau d’avant-guerre. Les perturbations du raffinage russe et la quasi-interruption de ses exportations se sont ajoutées à cette perte. Ensemble, le Golfe et la Russie exportaient 1,6 million de barils de gazole par jour de moins qu’en février. Dans le même temps, la production mondiale de pétrole reculait et les stocks diminuaient fortement.   Les frappes sur les raffineries russes comptent donc. Elles ne suffisent pas à expliquer la crise. Une diminution du volume raffiné peut faire bondir le prix de marché du gazole lorsque l’offre devient insuffisante. Elle ne démontre pas que les salaires, l’énergie ou les autres dépenses nécessaires pour raffiner chaque litre ont, eux, été multipliés par trois ou quatre.

Combien le raffinage pèse-t-il dans le litre ? C’est ici que les mots induisent souvent le public en erreur. La marge brute de raffinage est la différence théorique entre la valeur d’un panier de produits raffinés et celle du pétrole brut qui sert à les produire. Elle doit encore couvrir les frais et les investissements ; elle n’est ni le coût technique du raffinage, ni le bénéfice net d’une raffinerie. De plus, le panier comprend plusieurs produits : son chiffre ne peut pas être simplement ajouté comme « coût du raffinage » à chaque litre de gazole.

Cet indicateur était en moyenne de 8,72 dollars par baril en 2025. Il atteint 43,56 dollars par baril, soit 23,6 centimes par litre dans la conversion utilisée par le ministère, pour le début de septembre 2026. Il a donc fortement augmenté, mais comparer ces deux dates revient à comparer une moyenne annuelle et une période de crise ; ce n’est pas la preuve que le coût réel de transformation de chaque litre a quintuplé.

Le bulletin donne une décomposition plus utile du prix moyen français du gazole pendant la semaine du 11 septembre 2026 : la cotation internationale du gazole raffiné : 1,063€ le litre, soit 46,4 %, le transport, stockage et distribution, marge brute comprise 0,239€ le litre soit 10,4 %, l’accise sur le gazole (anciennement TICPE) 0,6075€ soit 26,5 %, la TVA sur le prix HT y compris l’accise 0,3818€ soit 16,7 %, ce qui donne un prix de 2,2907€ le litre de gazole. Soit sur ce prix un total de 0,9893€ pour les taxes et 1,302€ pour la matière première et le transport, stockage et distribution.

Ces calculs de parts et de TVA ont été effectués à partir du bulletin officiel du 11 septembre 2026 et du guide fiscal 2026. Les 106,3 centimes sont le prix de marché du gazole déjà raffiné : ils comprennent le pétrole brut et l’effet de sa transformation. Les 23,9 centimes ne sont pas le bénéfice net des stations.

Les raffineurs ont-ils profité de la crise ? Oui, les données disponibles montrent un bénéfice substantiel pour certains raffineurs ; elles ne permettent pas d’attribuer un bénéfice précis à chacun des litres vendus en France. L’AIE a constaté des marges de raffinage record dans le bassin atlantique en août, tirées par le gazole.   Un résultat d’entreprise confirme que cette embellie ne reste pas seulement théorique : chez TotalEnergies, le résultat opérationnel net ajusté de la branche raffinage-chimie est passé de 389 millions de dollars au deuxième trimestre 2025 à 1,8 milliard au deuxième trimestre 2026, soit environ 4,6 fois plus. Sur l’ensemble du premier semestre, il est passé de 690 millions à 3,399 milliards de dollars. Il faut garder le périmètre exact : ces montants concernent aussi la chimie et les activités comprises dans cette branche, à l’échelle du groupe ; ce ne sont pas les seuls profits réalisés sur le gazole vendu aux automobilistes français. La crise crée ainsi une situation double, parfaitement possible : les raffineurs subissent des contraintes d’approvisionnement tout en gagnant davantage sur les volumes qu’ils parviennent à vendre.

Les taxes provoquent-elles la flambée ? L’accise, d’environ 60,75 centimes par litre pour le gazole routier en France continentale, est fixée par litre : elle ne grimpe pas automatiquement quand le baril monte. La TVA à 20 %, elle, s’applique au prix hors taxe et à l’accise. Les obligations liées notamment aux certificats d’économies d’énergie et à l’incorporation d’énergie renouvelable pèsent aussi sur le coût de mise sur le marché, mais elles ne constituent pas une troisième taxe de montant fixe qu’on pourrait ajouter au tableau pour chaque litre. L’effet sur la hausse se calcule. Entre la moyenne de février 2026 et la semaine du 11 septembre, le gazole est passé d’environ 1,634 € à 2,291 €, soit 65,6 centimes de plus. Selon les séries du ministère, environ 54,7 centimes viennent de l’augmentation du prix hors taxes et 10,9 centimes de la TVA supplémentaire. L’accise est restée au même niveau dans cette comparaison. Autrement dit, environ cinq sixièmes de cette hausse viennent du prix hors taxes et un sixième de la TVA. La comparaison porte sur une moyenne mensuelle puis une semaine : elle donne un ordre de grandeur solide, pas une mesure au jour près.

Il est donc vrai que l’État perçoit davantage de TVA par litre lorsque le prix monte. Il serait trompeur d’en déduire que l’État a augmenté l’accise de 65 centimes, ou que toute recette fiscale supplémentaire est un gain budgétaire net sans tenir compte des volumes consommés et des dépenses publiques liées à la crise.

Où commence la désinformation ? Montceau News ne peut pas mesurer un « pourcentage d’hypocrisie » ni prêter une intention de tromper à tous les responsables qui s’expriment.    Nous pouvons en revanche repérer quatre raccourcis vérifiables tels que désigner un seul conflit. La Russie compte, mais les pertes d’exportations du Golfe, les difficultés de transport du pétrole et du gazole, et l’épuisement des stocks comptent aussi. Appeler la marge brute « coût du raffinage ». Cela confond un écart de cours avec une dépense industrielle effectivement engagée. Dire que « les taxes expliquent la hausse » parce qu’elles représentent une grosse part du plein. Leur poids dans le prix et leur contribution à la dernière hausse sont deux questions différentes : dans la comparaison ci-dessus, l’accise ne bouge pas, la TVA ajoute environ 10,9 centimes.   Dire que les raffineurs ne profitent pas de la crise parce que leurs coûts augmentent. Certains coûts augmentent, mais les résultats publiés montrent aussi une forte progression de leurs bénéfices de raffinage et de chimie.

Ce que l’on peut dire honnêtement au public tient en une phrase : le gazole manque sur les marchés internationaux, son prix augmente bien plus vite que celui du brut, des raffineurs en retirent des gains importants, puis la TVA française amplifie la hausse à la pompe. Toute explication qui escamote l’un de ces éléments raconte une histoire plus commode que complète.

Et pour ceux dont le carburant est l’outil de travail ? Ce sont des pêcheurs qui ont bloqué le dépôt pétrolier de Fos-sur-Mer le 15 septembre, puis celui de Frontignan le 16 septembre. Le mouvement a aussi touché des ports méditerranéens, notamment Sète et Port-la-Nouvelle. Ils dénoncent à la fois le carburant, les autres charges, les délais des aides et les contraintes pesant sur la pêche.

Ces pêcheurs ne paient pas le gazole routier à 2,29 €. Le carburant destiné aux navires de pêche professionnelle éligibles bénéficie d’un tarif d’accise nul et d’une exonération de TVA. Une représentante de la profession situait pourtant le gazole pêche détaxé autour de 1,20 € le litre dans la région à la mi-septembre. L’exonération retire les taxes, pas la hausse du prix international. À titre d’illustration, 50 centimes de plus sur une sortie consommant 1 000 litres représentent 500 € de dépenses supplémentaires, sans garantie de rapporter davantage de poissons ni de les vendre plus cher. Le gouvernement annonce une aide de 25 centimes par litre éligible pour septembre et octobre ; son versement et ses conditions comptent autant que son annonce pour la trésorerie des bateaux.

D’autres métiers connaissent la même dépendance, avec des protections différentes. Les transporteurs routiers de marchandises peuvent obtenir un remboursement partiel de l’accise de 15,56 centimes par litre éligible et disposent d’un mécanisme légal de révision du prix du transport lié au carburant. Mais ils paient leurs pleins avant d’encaisser leurs factures. Les taxis bénéficient d’un tarif réduit d’accise sur le gazole éligible ; les autocaristes également, à un autre taux. Les agriculteurs utilisent pour leurs travaux un gazole non routier beaucoup moins taxé et peuvent, sous conditions, bénéficier d’aides de crise. Les entreprises de travaux publics disposent elles aussi d’un régime propre au gazole non routier et d’une aide annoncée pour les PME éligibles. Ces avantages ne rendent aucun de ces métiers insensibles à une hausse rapide des volumes qu’il doit acheter pour travailler.

Enfin, les aides à domicile et les salariés qui parcourent de longues distances ne disposent pas, du seul fait de leur métier, d’une exonération générale à la pompe. Des indemnités ou aides ciblées peuvent réduire leur dépense, mais la hausse atteint souvent directement leur revenu disponible. Voilà pourquoi un même choc pétrolier produit des difficultés très différentes : pour les uns, il menace la rentabilité d’une sortie ou d’une tournée ; pour les autres, il enlève quelques dizaines d’euros au budget du mois. Et dans les deux cas, on ne peut pas toujours décider de rester chez soi.

En réalité, sur le terrain, les aides arrivent après la facture. Pour les pêcheurs, l’aide annoncée couvre 20 centimes par litre acheté en avril 2026, 35 centimes en mai, puis 25 centimes de juin à août. Le gouvernement annonce sa reconduction à 25 centimes en septembre et octobre. Ce sont des périodes d’achat du carburant, pas des dates auxquelles l’argent arrive sur le compte. La fiche officielle indique un versement quatre à six semaines après le dépôt d’un dossier complet ; elle détaille encore le calendrier du premier guichet pour avril, sans donner de date de paiement propre à septembre et octobre. Il serait donc imprudent de promettre aux pêcheurs un règlement précis pour ces deux mois.

Sur le quai, la différence est décisive : l’entreprise doit d’abord acheter et payer le gazole, puis réunir les justificatifs et attendre l’instruction. Un dossier incomplet rallonge encore ce délai. Pour le GNR agricole, la fiche gouvernementale annonce jusqu’à un mois et demi pour un dossier complet ; pour le BTP, environ un mois. Ces délais annoncés ne disent pas combien d’entreprises ont effectivement été payées à temps, et nous n’avons pas trouvé de bilan public permettant de l’affirmer.

Que représente la hausse pour un équipage ? Prenons un exemple explicite, sans le présenter comme une moyenne nationale : un chalutier consomme 1 000 litres par jour et sort 15 jours dans le mois. Si son gazole augmente de 50 centimes par litre, sa facture grimpe de 7 500 euros. Une aide de 25 centimes sur les mêmes 15 000 litres représenterait 3 750 euros, versés plus tard et sous réserve d’éligibilité. Il resterait 3 750 euros de surcoût à absorber, même après l’aide.

Ce surcoût peut atteindre directement les marins rémunérés « à la part » : le carburant fait partie des frais retranchés avant le partage du produit de la pêche. Si la moitié du surcoût restant pèse sur la part de cinq marins à parts égales, cela représente 375 euros de moins par marin pour le mois, avant l’effet éventuel d’un minimum garanti ou des modalités de répartition de l’aide. Rapportés à un revenu hypothétique de 2 000 euros, ces 375 euros équivalent à près de 19 %. Ce pourcentage illustre l’enjeu et donc ce n’est pas une baisse moyenne constatée des revenus des pêcheurs français, faute de données permettant de la calculer sérieusement pour cette crise. Le patron armateur, lui, doit aussi financer le plein suivant pendant qu’il attend le remboursement du précédent.

Au bout du compte, le diesel grimpe pour plusieurs raisons, les bénéfices de certains raffineurs suivent, la TVA encaisse sa part et les aides promettent de venir. Mais à la pompe, personne ne fait crédit : le pêcheur, le transporteur ou l’aide à domicile paie aujourd’hui. Pour les explications, il faut attendre le journal télévisé ; pour les aides, parfois un peu plus.

 

Gilles Desnoix

 

Sources : Agence internationale de l’énergie ; Direction générale de l’énergie et du climat (ministère de la Transition écologique) ; Total Energies ; Reuters. Bulletin pétrolier du 11 septembre 2026. Guide fiscal 2026, Agence France-Presse (AFP) · Le Parisien · BOFiP · Légifrance. Portail gouvernemental des aides carburant, Agence de services et de paiement, ministère chargé de la Mer, Commission européenne.

 

 

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8 commentaires sur “La crise du diesel : qui fait monter le litre ?”

  1. Daniel Z dit :

    Vos analyses sont remarquables et dignes de crédit puisqu’elles ne rencontrent pas de contradicteurs ? Je suis perplexe devant les évolutions actuelles. S’il faut diminuer l’émission du CO2 et autres gaz à effet de serre, cette crise ne sera t’elle pas bénéfique puisqu’elle va nous obliger à revoir des pratiques nuisibles et peut être imposer des développements positifs ? Ou je suis perplexe; des aides sont allouées à ceux qui peuvent acquérir des véhicules électriques. Et ceux qui ne peuvent pas se voient imposer des taxes… qui vont alimenter les aides ?

  2. pat-ounet dit :

    merci Monsieur Desnoix pour ces longues recherches et réponse, mais il en ressort toujours les mêmes conclusions : qui s’engraissent à devenir obèses ? les raffineurs et l’état, comme toujours !!!!!!!!!!!!!!!!!

  3. MICHMARE dit :

    Bien sûr que chaque partie prenante dans la construction d’un prix s’enrichit en période de crise. Mais la torture des chiffres dans tous les sens n’empêche en aucun cas les français de souffrir. N’osez pas dire que la politique menée depuis x années en Europe n’est pas un suicide collectif ! Je retiens quand même deux chiffres pour le gazole du commun des mortels 1,302 € pour la matière etc… et 0,9893 € de TAXES. Edifiant, non ! Si sur le 1er chiffre on ne peut pas jouer ce dont je doute, sur le second « l’Etat goulu » pourrait, mais le pays est à l’os et cela bien avant les conflits.

  4. lepsy dit :

    Daniel Z, je suis plus pessimiste. L’étude de la psychologie me rend dubitatif. Je crains que l’humain ne change ses habitudes qu’une fois concerné directement par les immenses problèmes engendrés par ses actions. Tans qu’il n’est pas au pied du mur, tant qu’il ne subit pas directement les méfaits de ses errances, il recherchera toujours la voie la plus facile : buisness as usual. Et encore eut-il fallu qu’il n’ait pas la mémoire sélective. Qui se souviendra en janvier 2027 des canicules, sècheresses et forêts brûlées de l’été 2026 à part les personnes qui ont tout perdu et quelques citoyens bien informés et conscients des enjeux?
    pat-ounet et Michmare : les taxes : si elles re-financent en effet les Sociétés qui font déjà des bénéfices, il y a de quoi se mordre la queue. Car les bénéficiaires de ces marges les consomment la plupart du temps en activités polluantes et destructrices. En revanche, si cela finance nos Services Publics, et les moyens de nous rendre une Planète vivable et des activités bénéfiques sur tout notre Territoire, alors là, je trouve un grand intérêt aux taxes, à condition qu’elles soient plus justement réparties et redistribués (un État ne se « gave pas », c’est faux ! car il finance des activités, preuve en est de son déficit !). Nous avons un choix : soit nous confions nos taxes à des boîtes privées (mais je doute alors de l’efficacité de la redistribution désintéressée), ou bien à un État (des Régions, Départements, Communes, entités au fonctionnement similaire mais à d’autres échelles), à condition que cet Organisme Collectif soit impartial et juste dans ses redistributions. Vaste sujet…….

  5. Vigi dit :

    La langue de bois dans toute sa splendeur.

    Ou l’art de cacher le soleil avec un tamis.
    On nous ressert, à longueur d’antenne, la même antienne : « ce sont les compagnies et les raffineurs ». Comme si le litre à plus de 2 € naissait uniquement dans une salle de trading à La Défense. C’est un écran de fumée.
    D’abord les taxes « écologiques » déjà là, et celles qui viennent.

    Accise fixe, TVA sur l’accise, CEE, incorporation de biocarburants : ce n’est pas une marge de raffineur. À cela s’ajoute le SEQE-2 (ETS2) : marché carbone sur les carburants routiers, voté en 2023, reporté, prévu pour 2028. Les estimations courantes tournent autour de 10 à 15 centimes le litre, selon le prix de la tonne de CO₂. Le vote du Parlement européen de cette semaine n’a pas « ajouté 15 cts dès demain » : il a verrouillé le dispositif (réserve de stabilité, plafonds) qui fera payer ce surcoût. Présenter cela comme un détail technique, pendant que le gazole flirte avec 2,30 €, c’est de la prestidigitation.
    Ensuite la pénurie politique, pas seulement « le marché ».

    Une part substantielle de nos approvisionnements passait par la Russie et, plus largement, par des producteurs aujourd’hui sous sanctions, menaces ou chaos logistique. On a décidé de s’en priver. On n’a pas remplacé ces barils et ces cargos par de la magie. Quand on retire de grands producteurs et transformateurs du circuit, le prix du produit raffiné (surtout le diesel, que la France n’autosuffit pas) monte avant que Total n’affiche sa marge.
    Enfin les voies d’eau et les infrastructures.

    Détroit d’Ormuz, mer Rouge, oléoducs, raffineries, tankers : blocus, assurances qui explosent, détours de plusieurs semaines, frappes et contre-frappes impliquant l’Ukraine, les États-Unis, Israël, l’Iran. Ce n’est pas une « cotation Rotterdam » tombée du ciel. C’est le coût d’une guerre d’approvisionnement. Fermer les yeux là-dessus pour ne parler que des « superprofits » des raffineurs, c’est choisir le bouc émissaire le plus commode.
    On peut discuter des marges de raffinage : elles ont augmenté par moments, c’est un fait. On ne peut pas en faire l’explication unique. Sans fiscalité punitive empilée, sans embargo sur d’anciens fournisseurs massifs, sans militarisation des routes pétrolières, le même baril n’arrive pas au même prix à la pompe.
    Le récit officiel inverse la charge : il montre le dernier maillon (la station) et cache les leviers que l’État et Bruxelles tiennent encore en main.

  6. Daniel Z dit :

    Oh, lepsy, je suis plus que pessimiste !!! D’après mes lectures «  »Sept des neuf « limites planétaires » sont désormais dépassées » » et «  »L’irréversibilité serait relative : Une fois le seuil dépassé, il serait extrêmement difficile, voire impossible, de ramener l’écosystème à son état d’origine, même si l’on arrêtait complètement la perturbation.et il faut rajouter l’effet domino. Perso, je considère que nous savions, depuis 1970.Suite à notre boulimie de consommation et jouissance, je pense à ce que nous allons laisser à nos descendants (que ce terme est judicieux) Et comme si « ça » ne suffisait pas, nous tolérons des guerres avec tous les saccages qui en découlent. Mais…mais, et si tout cela était une réaction de Gaïa, l’entité vivante avec laquelle nous étions en symbiose avant de devenir ses parasites ?

  7. MICHMARE dit :

    Cher « lepsy », seriez-vous un  » écolo taxiste » ? Pensez-vous que tout va bien dans ce que l’Etat gère ?
    Si oui, remettons encore des taxes et tuons les vaches à lait encore plus vite…
    Et continuons à « verdir » pendant que les plus puissants pays se foutent de nous et usent la planète à qui mieux mieux! Un peu de sérieux, quel est le taux de la France dans la carbonation.
    Bonne journée

  8. lepsy dit :

    Michmare, comment sera-t-il possible de débattre si ce que j’écris est mal lu (je n’ai jamais écris que l’État était irréprochable actuellement dans sa ré-orientation de flux économiques)? et si en plus on se base sur des données erronées? Taux d’émission de Co2 de la France : je crois que ça va : https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_pays_par_émissions_de_dioxyde_de_carbone_liées_à_l%27énergie