LE FICTIONNAIRE
Lettre C : de la citoyenneté au cynisme, de la confiance à la communication
Voici la version complète et enrichie de la lettre C du Fictionnaire de Montceau News. Toutes les définitions, anciennes et nouvelles, sont désormais réunies dans un seul article, classées par ordre alphabétique. La lettre C est une lettre magnifique. C’est celle du citoyen, que l’on consulte volontiers lorsqu’il est d’accord, de la concertation, qui commence parfois après la décision, de la confiance, que chacun réclame sans nécessairement la mériter, et de la compétence, que l’on attribue souvent à ceux qui possèdent le bon carnet d’adresses. Elle nous parle aussi du coût, de la croissance, de la crise et du compromis. Sans oublier la communication, cet art contemporain qui consiste parfois à faire savoir ce que l’on aurait aimé faire plutôt qu’à expliquer ce que l’on a réellement fait.
CADRE, n. m. Personne exerçant des responsabilités d’encadrement, dont la compétence est parfois évaluée à sa capacité de faire accepter des décisions auxquelles elle n’a pas participé. Exemple : « Nos cadres doivent être des relais de la stratégie. » Les désaccords éventuels seront exprimés dans un cadre strictement confidentiel.
CADRE DE VIE, n. m. Ensemble des conditions qui rendent un territoire agréable à habiter, régulièrement célébré dans les discours avant que les contraintes budgétaires ne conduisent à supprimer les services qui y contribuent. Exemple : « L’amélioration du cadre de vie est notre priorité. » Les espaces verts seront entretenus moins souvent.
CAHIER DES CHARGES, n. m. Document précisant les exigences d’un projet, dont la longueur peut parfois être inversement proportionnelle à la clarté de son objectif. Exemple : « Tout est parfaitement défini dans le cahier des charges. » Personne ne s’accorde sur le résultat attendu.
CALCUL, n. m. Opération mathématique destinée à établir un résultat, particulièrement utile en politique lorsqu’on commence par déterminer celui que l’on souhaite obtenir. Exemple : « Nos calculs démontrent que cette réforme sera bénéfique. » Les hypothèses retenues ne seront pas rendues publiques.
CALENDRIER, n. m. Instrument permettant de situer les événements dans le temps, dont les dates deviennent parfois indicatives lorsqu’elles correspondent à des engagements politiques. Exemple : « Le projet sera terminé avant la fin de l’année. » L’année concernée n’a pas été précisée.
CAMPAGNE ÉLECTORALE, n. f. Période durant laquelle les candidats découvrent avec une remarquable acuité les difficultés quotidiennes des habitants et promettent d’y remédier. Exemple : « Nous avons entendu votre colère. » Les mêmes responsables occupaient pourtant leurs fonctions depuis plusieurs années.
ÇA NE COÛTE RIEN, loc. Expression utilisée pour présenter une mesure comme indolore, généralement prononcée par quelqu’un qui n’a pas encore évalué le temps, le travail ou les moyens qu’elle nécessitera. Exemple : « Il suffit de demander aux services de préparer un petit rapport supplémentaire. Ça ne coûte rien. »
CAPITAL, n. m. Ensemble de ressources ou de biens susceptibles de produire une richesse, dont la protection est généralement considérée comme une nécessité économique. Exemple : « Il faut préserver le capital de l’entreprise. » Le capital humain pourra néanmoins être réduit.
CAPITAL HUMAIN, n. m. Expression destinée à souligner l’importance des personnes dans une organisation, avec l’avantage de permettre leur inscription dans un raisonnement économique. Exemple : « Notre capital humain est notre première richesse. » Une diminution de 12 % de cette richesse est envisagée.
CARTE BLANCHE, n. f. Liberté accordée à une personne pour agir, généralement assortie de conditions que l’on découvre progressivement. Exemple : « Vous avez carte blanche. » Il faudra simplement respecter les choix déjà arrêtés.
CARRIÈRE, n. f. Parcours professionnel d’une personne, dont la progression devrait dépendre des compétences, mais peut parfois être accélérée par la fréquentation des bons étages. Exemple : « Il a connu une ascension remarquable. » Il connaissait également remarquablement bien les dirigeants.
CERTITUDE, n. f. Conviction tenue pour incontestable, dont la force augmente parfois à mesure que diminuent les preuves disponibles. Exemple : « Je suis absolument certain de ce que j’avance. » Les vérifications seront effectuées ultérieurement.
CHANGEMENT, n. m. Passage d’une situation à une autre, régulièrement annoncé comme une rupture historique, même lorsque les principaux responsables et les méthodes restent identiques. Exemple : « Plus rien ne sera comme avant. » Les mêmes personnes se retrouveront lundi autour de la même table.
CHARISME, n. m. Capacité à susciter l’adhésion, parfois confondue avec le talent de présenter des idées ordinaires d’une manière suffisamment spectaculaire pour les faire paraître nouvelles. Exemple : « C’est un dirigeant visionnaire. » Il a annoncé avec conviction qu’il fallait améliorer la situation.
CHARGE MENTALE, n. f. Effort permanent d’organisation et d’anticipation, dont l’existence est parfois ignorée par ceux qui profitent du travail invisible des autres. Exemple : « Il suffisait de penser à réserver, acheter, préparer et organiser. »
CHIFFRAGE, n. m. Évaluation financière d’une proposition, particulièrement recommandée aux adversaires politiques et parfois considérée comme prématurée lorsqu’elle concerne son propre programme. Exemple : « Où trouverez-vous l’argent ? » Pour notre projet, les modalités seront précisées après l’élection.
CHOIX, n. m. Possibilité de retenir une solution parmi plusieurs, dont la réalité devient discutable lorsque toutes les options sauf une ont été éliminées à l’avance. Exemple : « Vous êtes entièrement libres de choisir. » Les autres propositions ne sont pas recevables.
CHÔMAGE, n. m. Situation d’une personne privée d’emploi et qui en recherche un, régulièrement analysée comme un problème de motivation individuelle lorsque les emplois disponibles ne correspondent ni aux qualifications ni aux territoires concernés. Exemple : « Quand on veut travailler, on trouve. » Le dernier employeur important vient de fermer.
CIRCUIT COURT, n. m. Mode de commercialisation limitant les intermédiaires, particulièrement célébré dans les discours territoriaux sans que les politiques d’achat lui accordent toujours la place annoncée. Exemple : « Nous privilégions les productions locales. » Le marché sera attribué principalement sur le prix.
CITOYEN, n. m. Membre d’une communauté politique disposant de droits et de devoirs, régulièrement présenté comme souverain, mais parfois traité comme un administré dont la principale qualité serait d’obéir. Exemple : « Le citoyen est au cœur de notre action. » Il sera informé lorsque la décision sera définitive.
CITOYENNETÉ, n. f. Qualité permettant de participer à la vie démocratique, dont l’exercice est encouragé à condition de ne pas trop perturber le fonctionnement des institutions. Exemple : « Nous voulons des citoyens engagés. » Les interventions critiques devront néanmoins rester mesurées.
CLARTÉ, n. f. Qualité d’une explication immédiatement compréhensible, parfois remplacée dans les communications officielles par une accumulation de termes techniques. Exemple : « Notre position est parfaitement claire. » Le communiqué comporte onze pages et ne répond pas à la question.
CLIENT, n. m. Personne achetant un bien ou un service, dont la satisfaction est proclamée essentielle jusqu’au moment où elle demande réparation. Exemple : « Le client est roi. » Les réclamations doivent être adressées exclusivement par formulaire électronique.
COALITION, n. f. Alliance entre plusieurs forces poursuivant un objectif commun, dont la solidité dépend souvent de leur capacité à différer les désaccords. Exemple : « Nous sommes unis sur l’essentiel. » L’essentiel reste à définir.
COHÉSION, n. f. Capacité d’un groupe à maintenir des liens solides malgré ses différences, parfois confondue avec l’obligation de ne jamais exprimer publiquement un désaccord. Exemple : « Il faut préserver la cohésion de l’équipe. » Les critiques seront réservées aux conversations privées.
COLLECTIF, adj. et n. Qualifie une action ou une organisation fondée sur la participation de plusieurs personnes, dont les résultats peuvent parfois être revendiqués individuellement. Exemple : « Cette réussite est entièrement collective. » Le responsable figure seul sur la photographie officielle.
COMITÉ, n. m. Groupe chargé d’étudier une question, particulièrement utile lorsqu’il faut démontrer que l’on agit sans prendre immédiatement une décision ou en prenant jamais. Exemple : « Nous créons un comité de réflexion. » Le précédent n’avait pas encore remis ses conclusions.
COMMANDE PUBLIQUE, n. f. Ensemble des achats réalisés par les personnes publiques, soumis à des règles destinées notamment à garantir l’égalité de traitement et la bonne utilisation des deniers publics. Exemple : « Nous devons aller vite, mais respecter toutes les procédures. » Le délai de préparation a déjà été consommé par les hésitations politiques.
COMMUNICATION, n. f. Art de transmettre une information, devenu parfois celui de rendre séduisante une décision dont les effets réels le sont beaucoup moins. Exemple : « Notre problème est avant tout un problème de communication. » Les usagers pensaient qu’il s’agissait d’un problème de service.
COMMUNICATION DE CRISE, n. f. Ensemble des messages destinés à expliquer une situation difficile, parfois élaboré en priorité pour protéger la réputation de l’institution plutôt que pour informer les personnes concernées. Exemple : « Notre priorité est de rassurer. » Les causes du problème ne sont pas encore établies.
COMPÉTENCE, n. f. Capacité à accomplir correctement une mission, dont la reconnaissance dépend parfois davantage du titre détenu que des résultats obtenus. Exemple : « C’est un expert incontestable. » Il occupe le poste depuis quinze ans.
COMPÉTENCE PARTAGÉE, n. f. Responsabilité exercée par plusieurs institutions, dont le principal avantage peut parfois être de permettre à chacune de renvoyer le problème vers l’autre. Exemple : « Ce dossier relève d’une compétence partagée. » Aucun service ne se considère comme responsable de son traitement.
COMPÉTITIVITÉ, n. f. Capacité à soutenir la concurrence, régulièrement invoquée pour demander des efforts salariaux, plus rarement pour interroger la répartition des profits. Exemple : « Nous devons améliorer notre compétitivité. » Les salariés devront accepter une modération de leurs rémunérations.
COMPLOT, n. m. Entente secrète visant à atteindre un objectif illégitime, dont l’existence est parfois déduite de la seule difficulté à expliquer un événement. Exemple : « Tout cela est forcément organisé. » L’absence de preuves démontre précisément le professionnalisme des organisateurs.
COMPROMIS, n. m. Accord obtenu grâce à des concessions réciproques, considéré comme une preuve de maturité lorsqu’on le conclut et comme une trahison lorsqu’il est signé par un adversaire. Exemple : « Nous avons trouvé un compromis responsable. » Nos partenaires ont accepté de revoir leurs exigences.
CONCERTATION, n. f. Processus permettant à plusieurs parties de contribuer à une décision, parfois organisé après que les principaux arbitrages ont déjà été réalisés. Exemple : « Nous allons ouvrir une large concertation. » Le projet sera présenté dans sa version définitive.
CONCURRENCE, n. f. Situation dans laquelle plusieurs acteurs cherchent à satisfaire une même demande, réputée bénéfique lorsqu’elle concerne les autres et parfois regrettable lorsqu’elle menace sa propre position. Exemple : « La concurrence stimule l’innovation. » Il faudrait néanmoins protéger notre entreprise contre ses concurrents.
CONDITION DE TRAVAIL, n. f. Ensemble des circonstances dans lesquelles une activité professionnelle est exercée, dont l’amélioration est souvent présentée comme prioritaire avant d’être confrontée au coût des mesures nécessaires. Exemple : « Le bien-être des agents est essentiel. » Les effectifs ne pourront pas être renforcés.
CONFIANCE, n. f. Sentiment de sécurité fondé sur la fiabilité d’une personne ou d’une institution, régulièrement exigé par ceux qui refusent de communiquer les éléments permettant de la construire. Exemple : « Vous devez nous faire confiance. » Les documents justificatifs resteront confidentiels.
CONFLIT, n. m. Opposition entre des intérêts ou des convictions, parfois considérée comme une anomalie alors qu’elle peut aussi constituer une expression normale de la vie démocratique. Exemple : « Nous ne comprenons pas ce conflit social. » Les demandes des salariés avaient été rejetées sans discussion.
CONFLIT D’INTÉRÊTS, n. m. Situation dans laquelle un intérêt personnel risque d’interférer avec l’exercice impartial d’une fonction, parfois minimisée lorsque les relations concernées sont anciennes et amicales. Exemple : « Je connais personnellement le candidat, mais cela n’a évidemment joué aucun rôle. »
CONFORMITÉ, n. f. Respect des règles applicables, dont la vérification peut parfois prendre davantage de temps que l’examen de l’utilité réelle d’une décision. Exemple : « Tout est parfaitement conforme. » Personne ne sait néanmoins si le dispositif fonctionne.
CONSCIENCE, n. f. Faculté de porter un jugement moral sur ses actes, dont la manifestation peut parfois être contrariée par les intérêts professionnels. Exemple : « Je désapprouve personnellement cette décision, mais je dois défendre la position officielle. »
CONSCIENCE ÉCOLOGIQUE, n. f. Attention portée aux conséquences environnementales de nos actes, particulièrement facile à afficher lorsqu’elle ne modifie pas sensiblement notre confort. Exemple : « Je suis très engagé pour la planète. » Le trajet de trois kilomètres sera effectué en voiture.
CONSEIL, n. m. Avis destiné à aider une personne à prendre une décision, parfois donné avec une remarquable assurance par quelqu’un qui n’en assumera aucune conséquence. Exemple : « À votre place, je n’hésiterais pas une seconde. »
CONSENSUS, n. m. Accord général obtenu autour d’une orientation, parfois facilité par l’exclusion des questions qui pourraient susciter un désaccord. Exemple : « Nous avons atteint un consensus remarquable. » Les sujets sensibles seront examinés séparément.
CONSULTATION, n. f. Procédure destinée à recueillir un avis, dont l’intérêt démocratique dépend notamment de la possibilité réelle de tenir compte des réponses. Exemple : « Votre opinion est essentielle. » La décision ne pourra toutefois pas être modifiée.
CONSOMMATEUR, n. m. Personne qui achète et utilise des biens ou des services, régulièrement invitée à adopter des comportements responsables dans un système qui l’encourage simultanément à consommer davantage. Exemple : « Il faut réduire les achats superflus. » Une nouvelle campagne promotionnelle commence demain.
CONTRADICTION, n. f. Opposition entre deux affirmations ou deux comportements, particulièrement visible chez les adversaires et plus difficile à reconnaître dans ses propres discours. Exemple : « Je n’ai jamais changé de position. » Les archives montrent simplement une évolution de mon analyse.
CONTRAT, n. m. Accord créant des obligations réciproques, dont l’équilibre peut parfois être discuté lorsque l’une des parties n’a pas réellement la possibilité de négocier. Exemple : « Vous êtes libre de signer ou non. » Il s’agit de notre seule proposition.
CONTRAT SOCIAL, n. m. Idée selon laquelle la vie collective repose sur des droits, des devoirs et une légitimité partagée, régulièrement invoquée lorsque les citoyens contestent leurs obligations et plus rarement lorsque les institutions manquent aux leurs. Exemple : « Chacun doit respecter le contrat social. » Les engagements publics non tenus seront réexaminés ultérieurement.
CONTRIBUABLE, n. Personne participant au financement des dépenses publiques, régulièrement présentée comme une victime de l’impôt tout en bénéficiant des équipements et services qu’il contribue à financer. Exemple : « Je ne veux plus payer pour les autres. » La route, l’école et l’hôpital doivent cependant rester accessibles.
CONTRÔLE, n. m. Vérification destinée à garantir la régularité d’une activité, parfois jugée indispensable lorsqu’elle concerne les subordonnés et excessive lorsqu’elle s’applique aux dirigeants. Exemple : « Nous devons renforcer les contrôles. » Les dépenses de représentation ne nécessitent pas d’examen particulier.
CONVICTION, n. f. Croyance ou opinion profondément ancrée, dont la solidité se mesure à la capacité de la défendre même lorsqu’elle devient désavantageuse. Exemple : « Mes convictions sont intactes. » Leur application sera adaptée aux nouvelles alliances.
COOPÉRATION, n. f. Action de travailler ensemble vers un objectif commun, dont la réussite suppose parfois de renoncer à une partie de son pouvoir personnel. Exemple : « Nous voulons renforcer la coopération entre services. » Chaque direction conservera cependant l’exclusivité de ses informations.
CORRUPTION, n. f. Utilisation illégitime d’une fonction ou d’une influence pour obtenir un avantage, pratique unanimement condamnée dans son principe et parfois présentée comme une simple tradition relationnelle lorsqu’elle concerne un proche. Exemple : « Ce n’était pas un avantage indu, seulement un geste de courtoisie. »
COÛT, n. m. Valeur des ressources nécessaires à une action, généralement étudiée avec précision lorsqu’il s’agit de dépenses sociales et parfois avec davantage de souplesse lorsqu’un projet bénéficie d’un fort soutien politique. Exemple : « Cette aide coûte trop cher. » Le budget de communication du nouveau projet vient d’être doublé.
COUR DES COMPTES, n. f. Institution chargée notamment de contrôler l’emploi des fonds publics, dont les observations sont souvent jugées remarquablement pertinentes lorsqu’elles concernent les autres collectivités. Exemple : « Les conclusions de la Cour des comptes doivent être respectées. » Notre situation particulière nécessite toutefois quelques nuances.
COURAGE, n. m. Capacité à affronter une difficulté ou un danger, particulièrement célébrée chez les responsables qui imposent des efforts dont ils ne subiront pas personnellement les conséquences. Exemple : « Nous avons pris une décision courageuse. » Les sacrifices seront supportés par les agents.
CRÉATIVITÉ, n. f. Faculté d’imaginer des solutions nouvelles, particulièrement sollicitée lorsque les moyens matériels sont devenus insuffisants. Exemple : « L’absence de budget doit stimuler votre créativité. »
CRÉATION DE VALEUR, n. f. Production d’une richesse économique ou sociale, expression dont la définition se réduit parfois au rendement financier. Exemple : « Cette restructuration crée de la valeur. » Les services rendus à la population diminueront pourtant.
CRÉDIBILITÉ, n. f. Qualité d’une personne ou d’une affirmation digne d’être crue, parfois attribuée davantage en fonction de l’assurance affichée que de la solidité des faits. Exemple : « Son discours est très crédible. » Les chiffres qu’il contient n’ont pas encore été vérifiés.
CRÉDIT, n. m. Ressource financière permettant d’engager une dépense, dont la disponibilité théorique ne garantit pas toujours l’existence de liquidités suffisantes pour la régler. Exemple : « Les crédits sont bien inscrits au budget. » Le paiement interviendra lorsque la trésorerie le permettra.
CRISE, n. f. Situation de rupture ou de difficulté majeure, parfois devenue un état permanent permettant de justifier des mesures qui auraient autrement nécessité davantage d’explications. Exemple : « Nous traversons une crise exceptionnelle. » Les mêmes difficultés étaient déjà signalées il y a dix ans.
CRISE DE CONFIANCE, n. f. Dégradation du lien entre une institution et ceux qu’elle représente, régulièrement attribuée à une mauvaise compréhension des décisions plutôt qu’à leur contenu. Exemple : « Les citoyens ne nous font plus confiance. » Nous allons donc renforcer notre communication.
CRITÈRE OBJECTIF, n. m. Élément supposé permettre une décision impartiale, dont la sélection préalable peut parfois orienter le résultat. Exemple : « Notre choix repose uniquement sur des critères objectifs. » Les critères ont été définis après l’identification du candidat préféré.
CRITIQUE, n. f. Examen permettant d’apprécier les qualités et les défauts d’une action, considéré comme constructif lorsqu’il confirme une orientation et comme malveillant lorsqu’il la remet en cause. Exemple : « Nous acceptons toutes les critiques constructives. » Les autres seront ignorées.
CROISSANCE, n. f. Augmentation de l’activité économique, régulièrement présentée comme la condition nécessaire du progrès collectif, sans que soit toujours examinée la répartition de ses bénéfices ou ses conséquences environnementales. Exemple : « La croissance est de retour. » Les ménages les plus modestes n’en constatent pas encore les effets.
CULTURE, n. f. Ensemble des créations, des connaissances et des pratiques qui nourrissent la vie humaine, unanimement célébré comme indispensable avant d’être parfois classé parmi les dépenses ajustables. Exemple : « La culture est essentielle à notre société. » La programmation sera réduite pour des raisons budgétaires.
CULTURE DU RÉSULTAT, n. f. Mode de gestion privilégiant l’atteinte d’objectifs mesurables, dont les effets peuvent devenir discutables lorsque l’on choisit de mesurer uniquement ce qui est facile à compter. Exemple : « Notre service a traité 20 % de dossiers supplémentaires. » Le nombre de dossiers correctement résolus n’a pas été communiqué.
CYNISME, n. m. Attitude consistant à afficher un mépris des principes moraux ou des sentiments d’autrui, parfois dissimulée sous les apparences du réalisme et de l’efficacité. Exemple : « Je comprends parfaitement les difficultés des familles concernées. » La mesure restera néanmoins inchangée.
Gilles Desnoix


