Pour le NPA
"1981, 1988, 1997 : non monsieur Hollande, la maison ne fait plus crédit !"
« Ainsi, ce gouvernement se contente-t-il de faire ce qu’il a dit qu’il ferait. Ni plus, ni moins. « Je serai le président qui ne promettra que ce qu’il pourra tenir », avait prévenu François Hollande, avec une certaine honnêteté. Il est donc bien celui qu’il a promis d’être. Qui, à gauche, peut feindre l’étonnement, ou la frustration? Depuis le début de son mandat, nous savons, dans nos fors intérieurs que, sous ce gouvernement PS-EELV, rien ne sera donné et que ce que nous parviendrions à gagner, nous ne le devrons qu’à nos propres combats. Si l’on se réfère aux expériences passées, en France ou dans d’autres pays d’Europe, au bout de quelques mois, cette gauche libérale finit toujours par agacer la gauche – et pas véritablement la droite. Il en est ainsi avec la ratification du pacte européen budgétaire, qui gravera dans le marbre la purge libérale pour combler les déficits publics. Ainsi avec la politique d’immigration, conduite par un ministre de l’Intérieur qui, les mots en moins, mène les mêmes discriminations que ses prédécesseurs. Ainsi avec la gestion accompagnatrice des nombreux plans de licenciements qui s’accumulent les uns après les autres. Gestion qui fâche les licenciés et pas les licencieurs.
Bref, de l’ère Jospin, cette gauche libérale a notamment retenu qu’il fallait apprendre à mieux communiquer. Face à la fermeture de l’usine Renault Vilvoorde et aux licenciements chez Michelin, le Premier ministre socialiste avait fini par dire sa vérité: »L’État ne peut pas tout. » Aujourd’hui, pareille franchise n’est plus de mise. Les boîtes de communication veillent au grain. « L’État ne laissera pas faire » lance, presque enthousiaste, François Hollande à propos du dossier PSA. Seulement voilà, dans le faits, l’État décide de ne rien faire, alors qu’il pourrait taper du poing sur la table en utilisant le moyen de pression dont il dispose: l’argent public régulièrement distribué à tous ces groupes licencieurs. Il pourrait menacer de récupérer ces sommes, interdire les licenciements et exproprier les entreprises qui licencient dans le seul but de réaliser plus de profits. Mais, en à peine quelques semaines, la normalité à gauche a déjà muté en normalisation de la gauche.
L’espoir ne peut donc surgir que de la gauche non gouvernementale, sociale et politique. Allons-nous nous réveiller, comme à chaque fois, seulement à mi-mandat, pour nous faire entendre? En embuscade, la droite et l’extrême droite attendent leur heure, et apprennent à compter ensemble. L’urgence sociale et écologique rend caduques toutes demi-mesures. Quant à l’histoire socialiste récente – 1981, 1988, 1997 – elle vient nous dire que si la majorité d’entre nous ne se mobilise pas dès à présent, alors, une fois encore, les classes populaires seront flouées par la gauche au pouvoir. Inutile d’attendre les désillusions qui déjà se dessinent, et dont il ne sort jamais rien de constructif ou de bénéfique, inutile de succomber à la culpabilisation des appels à la raison et à la patience lancés par le gouvernement.
À gauche, le débat n’oppose pas les impatients aux patients, mais ceux qui veulent faire payer la crise aux capitalistes, seuls véritables responsables, à ceux qui y renoncent. Enfin, M. Hollande, inutile de réclamer un quelconque crédit, la maison n’en fait plus à présent… c’est ça aussi, le changement!«
Jean-Guy Trintignac NPA 71

