Autres journaux


jeudi 27 septembre 2012 à 00:12

« Se rebeller est juste, désobéir un devoir, agir nécessaire »

Pour Jean-Guy Trintignac du NPA 71



« François Hollande souhaite aller trés vite en faisant voter le nouveau traité européen (TSCG) dès le mois d’octobre au parlement. Il continue ainsi la politique engagée par Sarkozy. Sans scrupules, il a bien vite « tourné sa veste ». Ce qu’il a dénoncé avec force pendant la campagne, le candidat devenu président veut l’imposer coûte que coûte.

 

Le 30 septembre, le Front de Gauche a pris l’initiative d’organiser une manifestation pour réclamer un référendum pour ou contre le TSCG. Cette échéance peut permettre d’enclencher une mobilisation contre ce traité. Mais pour nous, cette demande de Mélenchon ne va pas assez loin. Exiger un référendum, c’est faire porter à notre camp social la responsabilité de refuser ou d’accepter la rigueur. Ainsi le PS et François Hollande seraient dédouanés de leurs responsabilités centrales. Le NPA, avec d’autres organisations politiques et syndicales, participera activement à la manifestation du 30 septembre pour en faire une première étape dans la contre-offensive à construire face au diktat de l’austérité. Il faut faire payer la crise aux capitalistes. Il faut annuler la dette qui sert de prétexte pour nous faire accepter toujours plus de concessions. La dette accumulée n’est pas celle des peuples mais celle des banques, des spéculateurs, des institutions financières et politiques au service d’un système obsédé par les profits.

 

Oui ce traité, s’il est ratifié, consacrera « l’austérité à perpétuité » et enfoncera encore davantage l’économie dans la récession et les déficits. Mais cela fait déjà quatre ans que l’économie recule. Pour imposer l’austérité, Sarkozy et maintenant Hollande n’ont pas eu besoin de ce traité, ou d’on ne sait quel bout de papier. Faire payer les travailleurs, imposer des sacrifices à la population est le b.a.-ba de leur politique. Qui feraient-ils payer sinon ? Les grands patrons ? Les gros actionnaires ? La bourgeoisie ? Mais c’est justement ce qu’ils ne veulent pas faire ! Depuis 35 ans que l’on nous parle de crise, les mêmes recommandations (se serrer la ceinture pour en sortir) produisent les mêmes effets (un chômage massif et des pauvres toujours plus pauvres, des riches toujours plus riches).

Si des dizaines de milliers de travailleurs se retrouvent au chômage, ce n’est pas l’Union européenne la principale coupable, c’est de la responsabilité des dirigeants et des gros actionnaires de ces entreprises. Et si des dizaines de milliers d’autres salariés sont menacés de licenciement, c’est parce que le grand patronat impose implacablement la loi du profit. Mettre en avant l’Europe ou Merkel comme les seuls responsables de la situation, c’est une façon de tromper les travailleurs et de faire diversion.

 

Quand bien même la mobilisation permettrait d’obtenir un référendum et en admettant qu’à l’issue du référendum le traité serait rejeté, qu’est-ce que les travailleurs y gagneraient ? La garantie qu’ils n’auraient plus à rembourser la dette ? La garantie que les licenciements et les fermetures d’entreprises cesseraient ? La garantie que dans la crise, le droit des travailleurs passerait avant tout le reste ? Non, rien de tout cela ! Rapelons-nous du non au TCE en 2005. Le rejet massif du texte n’a en rien enrayé le processus de dérèglementation fortement recommandé par la commission européenne, elle-même dominée par le grand patronat.

 

Pour obtenir ces garanties, il faudra se battre. Les licenciements, l’austérité imposée aux travailleurs ne sont pas une question de traité mais une question de rapport de forces. Et le rapport de forces ne se décide pas dans un référendum sur une question pipée. Il se décide dans notre capacité collective d’affronter le grand patronat, les institutions libérales en place, dans notre capacité à leur imposer les objectifs qui répondent à nos deux problèmes vitaux en cette période de crise : préserver nos emplois en forçant les multinationales à répartir le travail entre tous sans perte de salaire et soutenir le pouvoir d’achat en repartissant les richesses.

 

L’année 2013 s’annonce catastrophique sur le plan économique et social (récession, accélération des licenciements, baisse du pouvoir d’achat…). Le budget 2013 qui va nous être présenté, dans la contrainte de revenir à moins de 3 % de déficit, ordonnera sans nul doute « une cure d’austérité » sans précédent. Comme nos amis espagnols, grecs, portugais, italiens, rassemblons-nous pour dire non à l’Europe du fric et du profit, au capitalisme sauvage qui condamnent nos équilibres sociaux et écologiques; le 30 septembre et encore après…. Pour une Europe sociale, solidaire, humaine.

 

Se rebeller est juste, désobéir un devoir, agir nécessaire.« 

 

Jean-Guy Trintignac NPA 71






Un commentaire sur “« Se rebeller est juste, désobéir un devoir, agir nécessaire »”

  1. lebonsens dit :

    Bonjour,

    « Pour une Europe sociale, solidaire, humaine »

    Vous nous « saouler » avec votre rhétorique à 2 sous !!!!!