Cercle « Autour de la pensée de Karl Marx » (Bassin minier)
"La question sociale et la lutte des classes" à l'ordre du jour
Lors d’une conférence de presse du Cercle il a été question de lutte des classe :
« Dans notre dernière contribution nous avons indiqué que pour nous le mot « crise » avait un sens bien précis. Il s’agissait de la crise du système capitaliste , dans sa nature propre, et que cette crise se répercutait sur tous les aspects de la société. Après avoir évoqué les crises du mode de production capitaliste dans l’histoire, nous en avons indiqué les caractéristiques et les contradictions: surproduction, machinisme et accumulation. Aujourd’hui nous abordons le thème de la question sociale et de la lutte de classe.
On attribue à Karl Marx la paternité de l’existence des classes et de la lutte des classes. Pourtant Marx écrit en 1852, dans une lettre à Joseph Weydemeyer : « Ce n’est pas à moi que revient le mérite d’avoir découvert ni l’existence des classes dans la société moderne, ni leur lutte entre elles. » Comme auteurs de cette découverte, Marx cite le ministre orléaniste François Guizot (1787-1874), qui parla le premier de lutte des classes en 1820 dans son livre : « du gouvernement de la France depuis la restauration et du ministère actuel » et Adolphe Thiers (1797-1877), que Marx surnommera « Le nabot monstrueux » pendant la Commune de Paris. Depuis qu’Engels et Marx ont affirmé, dans la première partie du « manifeste du parti communiste » (1848), que « L’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire de luttes de classes » , le concept de classes sociales n’a pas cessé de diviser et d’opposer. Querelles au caractère passionné, dans la mesure où leurs enjeux n’ont jamais été seulement théoriques, mais qu’ils ont toujours compris et qu’ils continuent d’ailleurs à comprendre une dimension politique, les thèses des uns et des autres exprimant aussi leurs positions partisanes.
Cette brève analyse historique nous permet d’éviter les amalgames et les confusions entre les classes sociales et les catégories sociales, ou entre lutte des classes et luttes catégorielles.
Pour Marx l’histoire des sociétés s’explique par l’organisation matérielle de la production, qui voit des conflits d’intérêt entre ceux qui détiennent les moyens de production et ceux qui apportent leur force de travail dont il ne perçoivent pas la juste contrepartie. Le conflit naîtra de la prise de conscience d’appartenir à la classe des exploités.
Dans la préface de la première édition allemande du « capital », Marx écrit «…le but final de cet ouvrage est de dévoiler la loi économique du mouvement de la société moderne (…) il ne s’agit ici des personnes, qu’autant qu’elles sont la personnification de catégories économiques, les supports d’intérêts et de rapports de classes déterminés » (ES L1 p.13)
Marx, abordant le sujet de la transformation de l’argent en capital, décrit la relation exploitant-exploité sans détours: « Notre ancien homme aux écus prend les devants et, en qualité de capitaliste, marche le premier ; le possesseur de la force de travail le suit par-derrière comme son travailleur à lui ; celui-là le regard narquois , l’ait important et affairé ; celui-ci timide, hésitant, rétif, comme quelqu’un qui a porté sa propre peau au marché, et ne peut plus s’attendre qu’à une chose : à être tanné » (ES L1 p. 135).
De cette relation exploitant-exploité naît la question sociale et la lutte de classe nécessaire pour que les exploités puissent se libérer de l’exploitation des capitalistes. Marx abordant le thème de la production de la plus-value absolue écrit « …il faut que les ouvriers ne fassent plus qu’une tête et qu’un cœur ; que par un grand effort collectif, par une pression de classe, ils dressent une barrière infranchissable, un obstacle social qui leur interdise de se vendre au capital… » (ES L1 p. 222)
La question sociale et la lutte de classe selon François Hollande
Décryptage de la lettre à tous les Français du 3 janvier 2012
François Hollande, après avoir brossé un tableau très négatif de la situation sociale et économique des Français, considère que « le pacte social qui les unit est attaqué » et qu’ils voient « avec colère la France abaissée, affaiblie, abîmée, -dégradée- ». F.H. indique que la « dépression économique est là, l’angoisse sociale est partout… ». Selon lui la crise, commencée en 2008, est le produit de la mondialisation débridée, de la cupidité des élites financières, du libéralisme effréné, de l’incapacité des dirigeants européens à dominer la spéculation, des politiques injustes et stériles menées depuis dix ans et des fautes économiques et morales de ce dernier quinquennat. F.H. ne se résigne pas au découragement général et il énumère les atouts de la France pour arriver au « redressement de nos comptes publics comme celui de notre appareil productif ». Ces atouts permettrons aussi «La reconquête de notre souveraineté financière » F.H. rappelle que « La France a pourtant traversé bien des épreuves en un demi-siècle : des crises économiques, de graves mouvements sociaux,… » et que « l’indispensable redressement de la Nation » pour le réussir, quatre principes l’inspireront: la vérité,la volonté, la justice et l’espérance « qui donne à la Nation sa fierté d’avancer, de dépasser ses intérêts et ses catégories d’âge et de classes pour se donner un destin commun, qui nous élève et nous rassemble, » F.H. conclue en affirmant que les Français se tourneront vers lui qui a « la responsabilité de diriger le pays. »
Pour F.H. la question sociale se limite à une description de la situation sociale angoissante des Français, situation qui peut évoluer positivement si on lui fait confiance, car la France a les atouts nécessaires pour surmonter les difficultés actuelles. En aucun moment la question sociale est considérée comme une question de pouvoir, une question de système économique. En effet F.H. considère que la crise, commencée en 2008, n’est qu’une crise comme tant d’autres. Donc pour lui la crise n’est pas la cause mais la conséquence d’une série de facteurs: mondialisation débridée, cupidité des financiers, libéralisme effréné, … A chaque fois il ne remet pas en cause le système économique actuel, mais il dénonce ses dérives malsaines. Selon lui les problèmes viennent non pas de la nature du système mais uniquement de sa gestion. On peut aussi remarquer qu’il ne parle pas de capitalisme, comme s’il était dans la nature des choses, comme l’air qu’on respire, comme le seul système économique envisageable.
Pour F.H. la lutte des classes n’a pas lieu d’exister, plus, elle est malsaine car elle est contraire à l’unité des Français. En effet selon lui il faut dépasser les intérêts de classe pour le redressement et l’unité de la Nation. Selon lui « le pacte social » qui unit les Français serait basé sur la collaboration des classes et la réforme du système actuel pour une meilleure répartition des richesses. Donc, pas question de révolution, pas question de lutte des classes, comme si celle-ci n’existait pas aujourd’hui. »
Jacky Jordery, Serge Roigt, Bruno Silla – Montceau-les-Mines – Octobre 2012



10 commentaires sur “Cercle « Autour de la pensée de Karl Marx » (Bassin minier)”
On connait le résultat des techniques et des moyens mis en place par les soviètiques du temps heureux de l’URSS , on n’a jamais vu des allemands de l’ouest se précipiter pour aller vivre en allemagne de l’est , il faidrait que ces commentateurs communistes nous expliquent pourquoi ?.Il est evident qu’ils ne pourront rien dire et je ne comprend toujours pas que des gens certainement intelligents se réfaire encore à ces doctrines qui ont fait leur preuve dans le malheur des hommes .
Je souhaite vivement que la troisième partie soit une histoire du Goulag et des procès du temps de Staline dont certains communistes encore vivants et connus dans notre région , étaient les ardents défenseurs…
amicalement bien sur
slt ,
beaucoup d’exegese mais jamais de proposition pour creer une socièté humaniste credible qui pourrait de substituer au capitalisme .
on caresse, on caresse mais jamais de passage a l’acte….
Bonjour,
Il me semblait que la pensée de KARL était enterrée…..j’ai du me tromper !!!
Très beau commentaire pour les insomniaques….
« …il faut que les ouvriers ne fassent plus qu’une tête et qu’un cœur ; que par un grand effort collectif, par une pression de classe, ils dressent une barrière infranchissable, un obstacle social qui leur interdise de se vendre au capital… » (ES L1 p. 222)
Moi, je vous propose en contrepartie :
le Chapitre 4 verset 8 de la Bible !!
Proscrit d’Allemagne et de Belgique pour ses idées, nul doute que Marx n’eut brandi le verbe et la plume ,100 ans plus tard, à l’encontre de quelque tsar rouge ou caudillo.
Et puisque le Ciel des Idées adoucit notre présent, la croyance dans l’humain co-créateur du monde chaque jour, nous rapproche d’une fin de la lutte des classes.
En effet capital et travail sont partenaires , qui visent à repousser les limites de la rareté, en perçoivent équitablement les dividendes en période de prospérité, le fardeau partagé dans un contexte de pénurie.
Nos objectifs sont :
– faire connaître MARX et de susciter l’intérêt pour ses travaux
– exploiter la méthode d’analyse de la société et les concepts marxiens pour comprendre le monde actuel, le capitalisme d’aujourd’hui, les causes de ses crises…
– rendre possible une meilleure compréhension de notre réalité économique proche (restructurations, concentrations, réorganisations, redéploiements, fermetures,…) en s’efforçant de relier en permanence le local et le global et vice versa.
– faire connaître, sous diverses formes, les études issues du travail collectif, dans le but de donner des repères et du poids au combat contre le capitalisme mondialisé et de contribuer à faire surgir une nouvelle forme d’organisation économique alternative au capitalisme.
Silla Bruno, le 11.10.12
Allez ! Raisonnons par l’absurde !
Pour moi , « communisme » et « capitalisme » sont comparables à « alcool » et « tabac » !
Ce sont deux « poisons » qui conduisent invariablement à une fin tragique !
Le premier , de façon spectaculaire et rapide , le second , d’une manière beaucoup plus lente et insidieuse !
Le capitalisme tient l’humain en esclavage en lui donnant l’illusion qu’il peut s’en affranchir individuellement s’il le souhaite !
Le communisme produit le même esclavagisme , mais en ôtant tout espoir d’illusions !
Simple question de méthode !
Aujourd’hui , tous les indicateurs ,(économiques , sociaux , et climatiques) sont dans la zone critique !
Le moment n’est-il pas venu de se débarrasser définitivement des théories antagonistes de mrs « Taylor » et « Marx » ?
Pourquoi ne pas essayer « l’humanisme » ?
C’est utopique ! … me direz-vous !
Oui , certainement !
« Einstein » , qui avait le sens de la formule , a très bien cerné le problème en posant l’équation du monde moderne , en ces termes :
« L’humanité sans argent , est boiteuse , mais l’argent sans humanité , est aveugle ! »
Bien cordialement !
électron libre raisonnerait par l’absurde si l’humanisme qu’il préconise était vrai dès lors que ses « contraires » seraient absurdes, croulant sous une montagne de reproches et l’un et l’autre.
De plus pour le Marx de sa jeunesse, le prolétariat naissant a pu hélas, être séduit par le « millenium de la fraternité universelle » (humanisme).C’était avant 1848.
De même les socialistes allemands et français d’avant aoùt 1914 pensaient que le rempart de leur fraternité suffirait à conjurer la guerre.
Non électron libre, ne nions pas la lutte des classes mais ne lui décernons pas non plus un brevet d’éternité
Ami « Figueras » !…… Avez-vous bien compris mon propos ?
Quand je parle d' »humanisme » , je veux simplement mettre l’accent sur le côté humain de l’organisation d’une société « civilisée » digne de ce nom !
Rien à voir avec la fraternité universelle et ce courant de pensée archaïque auquel vous faites référence!
Je pensais plutôt à l’humanisme de Voltaire , Diderot , Montaigne , Rousseau et de quelques autres libres penseurs , comme par exemple Spinoza , ou bien Ronsard , rabelais , Descartes , voire De Vinci !
Je ne préconise rien du tout !
Je vais même vous faire un aveu : la lutte des classes ou autres fadaises du même genre , n’ont jamais vraiment été au centre de mes préoccupations !
Avec la physique et les mathématiques , mes pensées de jeunesse étaient beaucoup plus souvent habitées par le talent pulpeux de « Gréta Garbo » ou de « Marlène Dietrich » , que par le discours marxiste !!
Dans mon domaine de compétence , j’ai passé près de cinquante années de ma vie , à remettre en cause chaque matin , mon travail de la veille !
Je suis donc , parfaitement hermétique à l’ordre établi d’avance , et aux diktats rigides et irréversibles !!
Voyez-vous , j’ai toujours éprouvé une grande méfiance , voire un profond dégoût pour toutes les doctrines , quelles qu’elles soient et d’où qu’elles viennent !
Aucuns Prophètes et aucunes doctrines ne feront jamais le bonheur de « l’humanité »!
La paix et l’harmonie ne régneront sur terre que lorsque « l’humain » aura disparu de sa surface !
C’est l’immense sagesse de « Théodore Monod » qui m’a convaincu de cette évidence !
C’est ce qu’il nommait malicieusement : « l’optimisme raisonné et raisonnable » !
Bien que d’humeur solitaire et détestant le discours inutile , c’était un être exceptionnel , doué d’une grande compassion pour toutes formes de vie !
Tout le contraire de « Marx » , en somme !!
Cher mr « Figueras » , vous souhaitant bonne compréhension de l’expression de ma pensée , je reste , bien sûr , à votre entière disposition , au cas où …..!!
Bien cordialement !
Au lieu de comparer et essayer de mettre en opposition les penseurs qui nous ont précédé, cherchons de les comprendre…Concernant Einstein, je me permets de signaler qu’il écrivait en 1949 dans un long article dans la revue Monthly Review « L’anarchie économique de la société capitaliste telle qu’elle existe aujourd’hui est, selon moi, la véritable source du mal (…) les travailleurs ont réussi, par de longues et âpres luttes politiques, à assurer une forme quelque peu améliorée du –libre contrat de travail- (…) Je suis convaincu qu’il n’y a qu’un moyen d’éliminer ces graves maux : c’est l’établissement d’une économie socialiste accompagnée d’un système éducatif qui viserait des objectifs sociaux (…) Faire la clarté sur les buts et les problème du socialisme est de la plus haute importance en cette époque de transition qui est la notre »
Silla Bruno, le 12.10.12
Tout homme a sa part de contradiction et de mystère , mr Silla !
Bien que faisant partie des rares êtres doués d’une intelligence supérieure , « Einstein » n’échappe malheureusement pas à la règle !
Mais , vous n’êtes pas sans ignorer non plus , puisque vous pratiquez vous-même la « récupération » avec grand talent , que beaucoup d’écrits et de propos attribués à ce génie facétieux , se sont souvent avérés faux ou habilement dénaturés !!
A chacun de les interpréter selon son degré de mauvaise foi ! n’est-ce pas ?
Je laisse à votre libre appréciation , la teneur de cette citation du grand savant , et dont je vous garanti l’authenticité :
« L’intelligence permet de temps à autre , le réconfortant recours à l’imbécilité ! Ce qui , vous en conviendrez , est un luxe inestimable !
La réciproque étant parfaitement impossible !! »
Bien cordialement !