Avenir des hôpitaux Creusot-Montceau
Avant leur départ, les membres de la "mission Métais" font le point de la situation
Avant leur départ, les membres de la « mission Métais » font le point de la situation
A quelques heures de quitter Montceau-les-Mines pour laisser les rênes de l’hôpital de la ville à une directrice par intérim , Jacques Métais, Huguette Vigneron-Meleder et Jean-Claude Delnatte, administrateurs provisoires mandatés par le ministère de la Santé, ont tenu une conférebnce de presse, ce jeudi matin, pour faire le point sur la situation de l’hôpital mais aussi évoquer le « cas » de l’Hôtel-Dieu du Creusot.
Avant toute chose, nous pouvons maintenant préciser que, comme nous l’avions annoncé en exclusivité, c’est une directrice venant de la région parisienne (de l’hôpital d’Etampes plus précisément) : Mme Annick Durrieu, qui prendra ses fonctions à la tête du SIH dès ce lundi 16 janvier, pour une période de 3 à 4 mois. Un intérim en attendant l’arrivée d’un nouveau directeur (en cours de recrutement) au cours duquel elle pourra compter sur le soutien des membres de la mission « Métais ».
Arrivés en janvier 2011, avec pour mission de recréer les conditions de viabilité de cet établissement de santé, (mais aussi de l’Hôtel-Dieu) ceux-ci n’ont pas caché leur satisfaction d’être en mesure d’annoncer que le SIH de Montceau, en 2011, affichait un excédent budgétaire de l’ordre de 500 000 à 1 million d’euros (plus près de 1 million, d’ailleurs) au lieu de 1,6 million de déficit attendu ».
De droite à gauche : Jacques Métais, Huguette Vigneron-Meleder et Jean-Claude Delnatte
« Cela n’était pas arrivé depuis 2000″ a précisé Jacques Métais qui a ajouté dans la foulée « ce qui nous a permis d’obtenir une avance (remboursable) de 5 millions d’euros de l’Etat ». Une situation qu’il a encore un peu plus précisé en expliquant que le déficit cumulé sur 10 ans se montait à environ 30 millions d’euros dont 5,3 sur le seul exercice 2010.
Comment cela a-t-il pu être rendu possible ? « Déjà en supprimant l’équivalent de 80 emplois équivalent temps plein, soit 95 postes » ont reconnu nos interlocuteurs mais sans licenciements « secs » ; ces postes étant des départs volontaires (une centaine de postes ont été créés sur Chalon), des départs en retraite et des contrats non renouvelés. Un état de fait que M. Métais et ses collaborateurs, « relativise » aussitôt en précisant que 57 personnes ont été titularisées dans le même temps. Autre explication à ce retour aux bénéfices : une baisse des dépenses de l’ordre de 2,8 millions d’euros, une augmentation de l’activité (de 1,50% en moyenne : urgences, chirurgie… notamment) et un meilleur remboursement des actes effectués. « On a sensibilisé les médecins quand on s’est rendu compte que dans toutes les disciplines on a constaté que les malades, ici, coûtaient moins chers qu’ailleurs… » Un simple « problème » de déclaration des complications apparues lors du traitement de pathologies dans certains cas.
Un début de retour à l’équilibre qui se traduira par la poursuite de travaux de rénovation dans les services de Médecine, SSR, remplacement de matériel etc.
En ce qui concerne l’avenir de l’Hôtel-Dieu du Creusot, les membres de la mission ont rappelé qu’il n’était pas question, dans leur projet de reprise par le SIH, de suppressions de services, ni de nouveaux déménagements : « tout restera en l’état ! « . Par contre, et ils l’ont admis, il y aurait bien suppressions de postes et de lits : « 60 lits sur les 460 que comptent les deux établissements aujourd’hui ! ». Et de chiffrer à environ 160 équivalents temps plein, la répercussion de cette reprise pour l’Hôtel-Dieu au lieu des 174 prévus dans la première mouture.
Dans l’esprit de ces administrateurs (et de l’Agence Régionale de Santé précisent-ils), en plus du maintien des activités existantes, la suite « logique » c’est l’hôpital unique, avec une administration unique, sous un statut public, avec un objectif de 3 à 4 millions d’euros d’excédents par an pour envisager la construction d’un hôpital neuf.
L’avenir du centre hospitalier du Creusot ? Pour eux, il est entre les mains du tribunal de grande Instance qui doit statuer le 17 janvier prochain. Le juge peut se prononcer pour une poursuite de l’activité, la reprise par le SIH de Montceau ou une liquidation pure et simple ! Dans tous les cas, une diminution des effectifs est inéluctable mais plus ou moins importante selon le choix qui sera fait !
La conférence de presse de ce matin aura eu le mérite d’éclaircir les choses quant au projet Métais mais il faudra encore prendre son mal en patience pour être définitivement fixé. Première réponse : le 17 janvier prochain, donc !
Annabelle Berthier






Un commentaire sur “Avenir des hôpitaux Creusot-Montceau”
Que faut il en penser ? Faut il les remercier ou constater qu’au bout d’un an on n’est pas beaucoup plus avancé ? Car supprimer des postes ,c’est assez simple Créer les conditions pour que nos hôpitaux survivent,c’est mieux,or rien n’est gagné actuellement,et les conditions de travail sont devenues très difficiles . Les Creusotins sont toujours dans l’illusion qu’ils vont s’en sortir tout seuls. Quand admettront, ils l’évidence,que seul un hôpital commun,à direction unique,permettra à nos hôpitaux de s’en sortir et de rebondir . Encore faudra t’il qu’ils acceptent la cure d’austérité indispensable,et donc les suppressions de postes . Le monde a changé,et les petits hôpitaux sont condamnés . La santé n’a pas de prix,mais malheureusement,elle a un coût pour la société,et seule l’union de nos deux structures leur permettra de survivre . Pourvu que nos amis Creusotins ne mettent pas trop longtemps à accepter la réalité,car eux et nous le payerions très cher