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dimanche 19 décembre 2021 à 06:14

Saint-Vallier : ” La pénurie de médecins a été organisée !”

Selon Christian Tramoy, secrétaire de la section du bassin minier du PCF





Communiqué :

“Réunis ce samedi matin devant la maison médicale de Saint-Vallier, de nombreux valloiriens ce sont émus de l’absence d’un médecin. Encore un de moins !!!

Les motivations qui président à cet état de fait ne nous regardent pas. Depuis 2016 Mme Musa y exerçait, et ce qui se passe entre elle et le conseil de l’ordre, ne semble pas devoir être médiatisé. Nous devons respecter ces choix.

Pour autant l’absence de médecins à la maison médicale de Saint-Vallier pose problème aux patients, qui se retrouvent plongés dans le désarroi, alors que nous faisons face dans tout le pays à une pénurie de médecins. 11,6 % de nos concitoyens n’ont pas de médecin généraliste traitant.

Rien à voir donc avec le Maire de Saint-Vallier qui avait vu venir les choses, puisque en décidant de la création de la maison médicale, en partenariat avec la SEMCODA, il s’était donné les moyens de regrouper les médecins qui le désiraient et d’en accueillir de nouveaux. Cette initiative avait d’ailleurs été saluée et copiée par de très nombreux élus. Peut-être aurait-il été nécessaire d’aller plus loin, en faisant de cette maison médicale une véritable maison de santé municipale, y compris en y accueillant des médecins salariés, avec un véritable travail collaboratif entre les médecins.

Au nom des communistes valloiriens je veux rappeler ici que la pénurie de médecins généralistes, mais aussi de médecins spécialistes a été organisée par les gouvernements successifs.

Le numérus clausus, qui a limité la formation de médecins, date de 1971. Il a été levé en 2020, mais bien tardivement puisque nous savions tous que la pyramide des âges des médecins en exercice nous conduisait inévitablement vers cette pénurie. Il faudra au minimum dix ans pour que cela produise les premiers effets. Ensuite, il faudra veiller à ce que les médecins formés s’installent dans les endroits où on en a besoin.

On a donc organisé la pénurie et la raréfaction du nombre de médecins formés, dans une logique comptable et corporatiste affaiblissant la couverture territoriale. Seuls 39 % des libéraux assurent la permanence de soins ambulatoires, par exemple, qui est une obligation légale. Les patients qui n’ont pas de médecin référent subissent la double peine : non seulement ils n’ont pas de médecin traitant, mais quand ils trouvent une consultation, ils sont pénalisés dans les remboursements. Cette absence de vision, d’aménagement du territoire en termes de santé, aboutit à la situation que nous vivons toutes et tous.

C’est en partant de ce constat que le groupe des députés communistes à l’Assemblée Nationale a défendu le 2 décembre dernier une proposition de loi pour améliorer la couverture médicale dans les territoires, comprenant 6 mesures concrètes :

 À partir du moment où on lève le numerus clausus, il faut former des médecins non pas en fonction des MOYENS des facs de médecine, mais en fonction des BESOINS de chaque région.
 Il faut généraliser le CONTRAT D’ENGAGEMENT de service public : contre une bourse de 1 200 euros brut par mois pour financer les études, les médecins formés s’engagent ensuite à s’installer durant trois ans dans un désert médical. Cette mesure permettrait aussi de démocratiser l’accès aux études de médecine, qui ne sont pas à la portée de toutes les classes sociales.
 le CONVENTIONNEMENT SELECTIF : il consiste à n’aider les médecins que lorsqu’ils s’installent dans les zones sous-denses, comme c’est le cas pour les infirmiers et les kinésithérapeutes.
 Nous proposons également que l’État flèche prioritairement ses aides vers le soutien aux collectivités locales, pour créer des centres de santé avec des médecins salariés. Il ne s’agit pas de vouloir « nationaliser » les ¬médecins. (Les kinésithérapeutes et les infirmières ne sont pas devenus un service public national, alors qu’ils n’ont pas de liberté d’installation). Ensuite, être médecin est un travail entièrement financé par l’argent public : il est pris en charge par la Sécurité sociale. Ceux qui ont le mot libéralisme à la bouche devraient s’interroger sur les modalités de financement de leur profession. La liberté d’installation est inscrite dans la loi, mais le principe du droit à la santé est inscrit dans la Constitution alors que je le rappelle 11,6 % des ¬Français n’ont pas totalement accès à ce droit.
 Enfin, le gouvernement vient de créer un nouveau label pour les hôpitaux de proximité. Donnons leur une définition, notamment pour qu’il y ait des consultations avancées, effectuées par des spécialistes.
 La mise en place d’une relation ville-hôpital dans ces territoires est essentielle pour lutter contre les déserts médicaux, y compris parce que des médecins vont vouloir exercer à 50 % en libéral et 50 % à l’hôpital.

Malgré le soutien de toute la gauche, d’une partie de la droite avec notamment l’UDI et Agir, cette proposition de loi a essuyé le refus obstiné de LaREM, représenté dans notre circonscription par le député Gauvain, auquel il faudra demander des comptes le moment venu. Officiellement, ils nous disent vouloir laisser le soin au numerus clausus de prospérer, aux assistants médicaux de se développer. En réalité, le lobby des médecins s’y oppose fortement. Il existe un réflexe corporatiste assez terrible. Mais, ce n’est pas parce que ce projet de loi n’a pas été voté, le 2 décembre, que ce débat doit être abandonné. Au contraire il deviendra central dans les élections, présidentielle et législatives, à venir.

Ce combat rejoint celui mené par le CODEF dans notre bassin, alors que parmi les 105 000 patients concernés par notre hôpital très nombreux sont ceux qui sont à plus de trente minutes d’un service d’urgences. Nous rencontrons tous de grosses difficultés pour accéder à la médecine de ville ou à la médecine spécialisée.

La proposition de loi portée par les députés communistes, tentait d’apporter des solutions concrètes au problème des déserts médicaux, sujet de préoccupation numéro un des Français dans les cahiers de doléances du «grand débat» ouvert durant le mouvement des gilets jaunes.”

 

 



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4 commentaires sur “Saint-Vallier : ” La pénurie de médecins a été organisée !””

  1. loupblanc dit :

    Le numérus clausus, qui a limité la formation de médecins, date de 1971. Il a été levé en 2020
    Connaissant un jeune en faculté de médecine dans la région , il semblerait que ce ne soit pas la même version pour 2021 , à confirmer.

  2. iconos dit :

    C’ est bien dommage que personne ne vote pour eux , ils ont la solution pour tout!! la situation des soins dans les pays communistes peut être?

    • Frgsd27 dit :

      Bonsoir,

      ICONOS ,intervention stérile , surtout quand on sait que le système de santé français , enfin ce qu’il en reste après les casses successives , date de la Libération (CNR) puis de la création, et de la mise en place de la SECU, par un ministre communiste FRANCAIS,(Ambroise CROIZAT) et que nous en profitons depuis notre naissance.
      Pour info, Ambroise CROIZAT communiste FRANCAIS ministre du Travail, a mis en place aussi:

      La retraite par répartition
      Les comités d’entreprises
      Les conventions collectives
      La réglementation sur les heures supplémentaires
      La médecine du travail
      Tout ça en FRANCE

      Cordialement,

  3. Daniel Z dit :

    J’ai beaucoup de doutes quant au management de tout ce qui est gestion publique.
    J’ai l’impression que tout a dérivé vers une prise de contrôle par une densité d’administratifs pléthorique et peu compétente.
    Les analyses de l’ IFRAP semblent parlantes, par exemple
    https://www.ifrap.org/emploi-et-politiques-sociales/sortir-de-la-suradministration-de-la-sante-les-solutions.
    Quelles que soient les secteurs gérés par l’ Etat, j’ai l’impression que moins en moins d’œuvrants sont encadrés par de plus en plus de “pensants”.
    Après un développement destiné à la collectivité, ne dirait on pas que ces secteurs ont été dévoyés et sont désormais noyauté ?
    D’où la fable de la petite fourmi laborieuse.