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jeudi 22 mars 2012 à 00:08

Collectif de Défense des Centres Hospitaliers Creusot-Montceau

Le Schéma Régional de l’Organisation des Soins 2012-2016, adopté fin février, au coeur des débats



Réuni, ce mardi soir, le CODEF a évoqué l’adoption, le 29 février dernier, du Schéma Régional de l’Organisation des Soins 2012-2016.

 

Pour les membres du collectif, celui-ci veut parachever « l’œuvre » de ses 3 prédécesseurs qui a « consisté à sous doter budgétairement les hôpitaux publics par rapport à leurs besoins financiers indispensables au traitement de leurs usagers de proximité sans discrimination de revenus, afin de provoquer des déficits structurels que la tarification à l’activité, empruntée aux Etats-Unis, a permis de multiplier les dégâts  par quatre depuis son application intégrale dans le secteur public en 2008, notamment au CH de Montceau-les-Mines.
   

 

Le but évident de la manœuvre consiste à fermer des services publics devenus déficitaires pour favoriser à outrance le secteur privé commercial où l’usager devient un client.
Mais ce n’est pas tout ! Depuis 1993 –année de préparation du 1er SROS – les tutelles ne font que rabâcher à satiété qu’il faut s’attendre à une pénurie de médecins en France, sans jamais  y apporter la moindre solution qui vaille consistant à relever le nombre d’entrées d’étudiants en 2e année de Fac de Médecine (numerus clausus). Mais bien au contraire elles ont été réduites année après année. Ainsi de 8588 étudiants autorisés en 1971 ce nombre a été rabaissé à 3500 en 1993 . Année de la canicule où il a fallu recruter des médecins retraités et recourir durant toutes ces années passées à des médecins étrangers qui sont aujourd’hui au nombre de 15000 en France. Puis, le numerus clausus  a été relevé faiblement  chaque année pour atteindre en 2009-2010 le nombre de 7400 entrées  et 7500 en 2011-2012  soit seulement 100 de plus dont respectivement 212 en Bourgogne portés à 216 soit seulement 4 de plus. C’est donc nettement  très insuffisamment eu égard aux  besoins et compte tenu des nombreux départs à la retraite de praticiens prévus  dans les toutes prochaines années à venir, et aussi des années  de formations nécessaires aux étudiants qui se situent dans une fourchette de 9 à 11 ans, selon la spécialité. Mais encore plus fort de café l’INSEE  prévoit que la densité de médecins aux 100 mille habitants en Bourgogne va être réduite de 280 médecins en 2006 à 234 en 2019 soit 46 médecins de moins aux 100 mille habitants !

   

Tout ceci tend à  prouver que la pénurie de toubibs est bel et bien orchestrée  de A à Z par la tutelle dans le but de l’utiliser comme alibi pour justifier la nécessité de fermer des services, notamment chirurgicaux,  faute de n’avoir plus les équipes médicales au complet capables d’assurer la sécurité de traitement des patients.

    

Le personnel chirurgical de St Exupéry  a parfaitement raison de craindre la fermeture de leur service du fait du risque de départs d’orthopédistes et d’un neurochirurgien. Car il est écrit dans le SROS 2012-2016, textuellement, dans la colonne  suppressions d’implantations de plateaux techniques  chirurgicaux : «  ne seront autorisées  qu’une implantation à Paray (sur deux existantes ) et le cas échéant  une implantation sur la CUCM  » Que signifie cette formule sibylline ? Sachant qu’il en existe deux actuellement ? On ne peut  que se perdre qu’en conjecture ! Est-ce à dire que la visée, l’objectif, la cible comme il est dit maintenant dans le SROS, consistera à fermer à court terme  la totalité de la chirurgie à Montceau et au Creusot ? On ne peut qu’en avoir peur. Mais il ne tient à la Directrice de l’ARS de nous rassurer publiquement en affirmant concrètement, sans détours,  le contraire ! Pourquoi ne le ferait-elle pas ? Sinon parce qu’elle sait parfaitement en quoi consiste sa mission imposée par l’application de la loi Bachelot dont nous demandons l’abolition ? Alors on comprend mieux pourquoi elle est si peu « transparente » en ne répondant pas franchement aux questions que le personnel de la chirurgie orthopédique de Montceau lui posent.
    

 

Nous pensons aussi que le projet dit de «continuation » de l’Hôtel-Dieu voté sans contenu n’est  qu’un chèque en blanc.  Autrement dit un leurre destiné à berner les personnels et l’opinion publique permettant à court terme d’entrer subrepticement à reculons dans les méfaits de l’application de la loi Bachelot sans en avoir les apparences ! De même qu’il n’y a rien de bon à attendre d’une « bonne décision  » le 22 mai du Tribunal de Grande Instance qui ne contredira pas l’application de la loi Bachelot, nous en sommes certains !  Partant du fait que personnels hospitaliers et population de Montceau  et du Creusot méconnaissent notre analyse sur le fond,  nous allons éditer un petit 4 pages pour les informer le plus simplement possible et massivement afin de tenter de gagner des consciences pour déboucher, nous le souhaitons,  sur des luttes solidaires inter établissements et populations car nous sommes toutes et tous sur un même bateau menacé de naufrage à très court terme ».

 

 






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