Autres journaux



mardi 5 décembre 2023 à 09:40

CODEF (Collectif des Usagers des hôpitaux)

"Enervons-nous ensemble et réagissons"



Communiqué :

« Dans un entretien publié le 23 novembre, réagissant à la plainte auprès du conseil d’Etat de l’UFC Que Choisir, le Ministre de la Santé se déclare « énervé » qu’on l’accuse d’inaction face aux inégalités croissantes d’accès aux soins. Il lui est « insupportable » d’apparaitre

déconnecté…

La critique est blessante mais il est difficile de nier la réalité : les morts « inattendues », les services hospitaliers fermés, les postes de soignants non pourvus sont bien le résultat d’une inaction face à la désagrégation du système de soins. La préoccupation principale de la tutelle depuis 20 ans, quelle que soit l’orientation politique des gouvernants, était, hors la parenthèse COVID, l’équilibre budgétaire de la sécurité sociale. L’hôpital a développé chaque année des plans d’économies pour s’adapter à la contrainte.

Les 2/3 de son budget étant les salaires des personnels, les recrutements ont été bloqués, la charge de travail s’est intensifiée et chaque nouvel établissement hospitalier ne s’est construit qu’à condition de fermer des lits pour économiser du personnel.

Aujourd’hui on ferme des lits faute de personnel. Les infirmières existent mais elles sont parties. Elles sont en ville ou ont changé de métier.

L’action du ministère a été volontariste et il est curieux d’en refuser la responsabilité. Très récemment, alors que l’actuel ministre était encore directeur de cabinet de la cheffe du gouvernement, son prédécesseur au ministère de la santé s’est opposé à la proposition d’instaurer pour chaque activité hospitalière un nombre maximum de patients par soignant.

Un avion ne saurait décoller à demi équipage en revanche un service hospitalier peut fonctionner à demi effectif de personnel, faut-il s’étonner de la fuite des soignants ?

C’est au ministère de la santé qu’incombe l’amélioration des conditions de travail des soignants et d’accueil des patients. C’est peut-être « énervant » mais il est difficile de le nier. C’est le ministère de la santé qui doit réagir face au 53 000 décès en excès relevé par l’INSEE en 2022, à l’augmentation de la mortalité infantile.

Enervons-nous ensemble et réagissons. L’Etat a poursuivi une politique dont les effets délétères sont avérés. L’Etat n’a pas assumé sa responsabilité ni pour décompter le nombre de postes hospitaliers vacants, ni pour alléger la pénibilité du travail, ni pour éviter les fermetures de services d’hospitalisation.

”Alerte” un simple click sur le nouveau site du Codef en page d’accueil www.lecodef.org

L’énervement s’apparente parfois à du mépris. »






Le commentaires sont fermés.