Coalition Solidarité Santé
Des attentes et des revendications
« Le Tribunal de Grande Instance de Chalon vient une nouvelle fois de reporter la date de son jugement concernant l’avenir de la Fondation Hôtel Dieu du Creusot.
Se trouvent ainsi à nouveau illustrées la confusion et l’approximation qui ont marqué la gestion politique de ce grave problème de santé publique.
La CSS comprend la position du Président et du Directeur de la Caisse Primaire d’Assurance Maladie de Saône et Loire dans sa volonté de gérer les finances de la caisse dans le respect de l’intérêt des cotisants. Elle s’interroge sur la « dotation financière versée par l’Assurance Maladie pour des actes qui n’ont pas été réalisés ». Elle se scandalise du flou persistant sur les remises de dettes promises depuis quelques semaines pour stabiliser les deux établissements de la Communauté Urbaine.
La CSS renouvelle avec insistance sa volonté de voir la politique hospitalière du bassin découler non pas de contingences financières externes préétablies mais de la prise en charge des besoins d’un bassin de vie de plus de 120 000 habitants en matière d’offre de soins solidaire.
La CSS renouvelle son exigence de voir prise en charge par l’Etat la reconstruction d’une offre locale de soins complète et publique.
La CSS soutient la demande de moratoire déposé auprès du Président du Tribunal de Grande Instance de Chalon par le Codef (Collectif de défense des hôpitaux) afin que des propositions nouvelles en matière de santé publique puissent être formulées par le futur gouvernement et examinées localement.
La CSS rappelle que la politique de santé, menée pendant toutes ces dernières années, a contribué à déstabiliser l’hôpital public, à privatiser l’offre de soins et à supprimer des services publics de santé de proximité.
La CSS espère fortement que le nouveau gouvernement renforcera la primauté du service public de santé, redonnant ainsi aux habitant(e)s de notre pays en général et de nos bassins de vie en particulier un accès aux soins et à une santé de qualité, pour toutes et tous, partout et à toute heure – ce qui est loin désormais d’être le cas.
La CSS regrette cependant qu’il n’y ait pas un ministère spécifique concernant la santé, tant les problèmes la concernant sont multiples et les aggravations et urgences de plus en plus prégnantes.
La CSS soutient la démarche de la COORDINATION NATIONALE des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de Proximité auprès de Marisole Touraine pour une concrétisation de nos revendications :
– Suppression de la loi HPST (Hôpital, patients, santé, territoires) et des lois sécuritaires de la psychiatrie. (NDLR : ainsi que les CHT (Communautés Hospitalières de territoires) ex : Chalon/Montceau)
– Fin des dépassements d’honoraires (puis des autres restes à charge) en commençant par supprimer toute place du privé dans l’hôpital public.
– Arrêt de toute forme de privatisation de l’offre de soin hospitalière et en particulier de la chirurgie, de la biologie, de l’entretien, du ménage…
– Reprise des investissements hospitaliers (hôpital 2012 et autres chantiers bloqués…) conformes aux besoins réels.
– Attribution de personnels de santé et le financement correspondant aux secteurs et aux sites qui le nécessitent en remettant (au moins partiellement) en cause la liberté d’installation, mesure incontournable à nos yeux pour résoudre la problématique des déserts médicaux et du manque de praticiens dans l’ensemble des hôpitaux publics.
– Prise en compte d’une véritable politique de prévention et des nouveaux risques comme la perte d’autonomie et les facteurs environnementaux.
– Et surtout l’arrêt immédiat de toutes les restructurations sanitaires, avec la réouverture rapide des sites (services hospitaliers, maternités, centres d’IVG) indispensables. »


