Parachutage de la nuit du 4 au 5 mars 1944
Le Puley – Genouilly :: inauguration du 11ème "Totem"
Près de l’arbre de la Liberté, sur la commune du Puley, face à la colline de Voulans sur la commune de Genouilly, ils étaient une cinquantaine à s’être réunis pour inaugurer, ce samedi, le 11ème totem afin de faire perdurer le souvenir d’un parachutage de containers contenant armes, munitions et autres éléments, parachutage venant d’Angleterre et destiné aux combattants volontaires de la Résistance.
Etaient présents à cette inauguration, de nombreux élus parmi lesquels : Marie France Virot, maire du Puley,, Roger Bertrand, maire de Genouilly, Roger Vincent, Présidents des CVR 71, (Combattants Volontaires de la Résistance), Marie Claude Jarrot, vice-présidente des CVR et présidente de la commission chargée de la Mémoire et initiatrice du Projet, Lucien Zajdel, Allié CVR, le Général Georges Lacour, qui a participé à l’opération, mémoire vivante et grâce à qui a pu avoir lieu l’identification de ce parachutage., le général Jean Poli (Cluny),, Simone Mariotte Présidente de l’ANACR 71,, Yves Andreu, Directeur de l’Office National des Anciens Combattants, représentant le Préfet de Saône et Loire, Monsieur Fabien Sudry, etc.
L’endroit choisi pour la pose de ce totem est tout à fait symbolique puisqu’il se trouve au pied de l’arbre de la Liberté planté en 1989, sur un chemin de randonnée pédestre très fréquenté et fait face à la colline où eut lieu le parachutage dans la nuit du 4 au 5 mars 1944.
Roger Vincent dans un discours solennel remercia les participants et rendit un vibrant hommage aux personnes qui ont participé à cette opération.
Le général Lacour, mémoire vivante de l’opération, rappela les faits et cita les 10 résistants qui, avec lui participèrent à la récupération des 10 containers et à leur mise à l’abri.
« le largage a eu lieu vers 22h30 et nous avons terminé, exténués, de « planquer » les containers à 6h du matin ».
Des participants, il ne reste que 3 survivants :
– Le Général Lacour,
– Jean Narboux
– Robert Mathy ,
Les 8 autres sont décédés :
– L’Aspirant Laurent Georges,
– Jean Rigoulot,
– Raymond Gautheron,
– Georges Dougy,
– André Perrot,
– Jean Vallier,
– Léon Jarmuzek,
– Paul Tremeau
C’est au deuxième essai que l’opération fut réussie, la 1première, mal préparée ayant échouée. Le message prévenant le parachutage était : « les hérons sont sur l’armoire de la maison ».
Le général Lacour expliqua que le terrain avait été balisé avec des feux arrière de motos alimenté par des batteries et que la récupération des containers prévue à m-pente se fit tout à fait en contre bas de la colline, la pente étant très « raide » à cet endroit, ce qui explique l’harassant et long travail de récupération et de camouflage.
Le Chant des partisans précéda le dévoilage du totem par les 2 Maires du Puley et de Genouilly, aidés par les 3 arrières petits enfants de Roger Héritier, résistant déporté, prénommés : cyprien, clotilde et Delphine.
Après avoir entendu la Marseillaise, les participants se retrouvèrent à la salle des fêtes du Puley où les Maires, le Général Lacour, Lucien Zajdel et Yves Andreu firent un discours rendant un vibrant hommage à la Résistance et aux opérations de ces héros de la Résistance en insistant sur le symbole de ce devoir de mémoire à transmettre aux générations futures.
Nous vous donnons ci-dessous l’intégralité du discours d’Yves Andreu, Directeur de l’Office Départemental des Anciens Combattants qui représentait le Préfet de Saône et Loire :
« Permettez-moi de vous présenter les regrets de Monsieur Fabien SUDRY, préfet de Saône-et-Loire, qui n’a pu être présent aujourd’hui parmi nous, et qui m’a demandé de le représenter.
Je voudrais remercier la municipalité du Puley, qui nous accueille aujourd’hui, pour son soutien et sa participation à cet ambitieux projet qui nous réunit.
Je voudrais également remercier et rendre un hommage mérité à l’union départementale des Combattants Volontaires de la Résistance pour cette initiative de « sauvegarde et de transmission de la mémoire », une première en France, et le travail engagé il y a près de deux ans, avec le concours ô combien précieux du conseil général de Saône-et-Loire.
Nous inaugurons aujourd’hui au PULEY, le 11ème totem marquant un emplacement de terrain clandestin de parachutages de la seconde guerre mondiale en Saône-et-Loire.
Ce type de manifestations s’inscrit, en effet, dans l’expression de l’hommage naturel que nous devons rendre à tous ces résistants Saône-et-loiriens qui ont contribués, chacun sur son territoire et dans la fonction qui lui était attribué, dans un premier temps à la Résistance à l’oppression de l’occupant nazi, puis à la libération du pays et enfin au retour de la paix.
Chaque maillon de la chaîne s’est révélé essentiel à l’accomplissement de l’œuvre de libération de la France et de l’Europe.
Les parachutages ont largement contribué à alimenter, sous des formes diverses, les actions d’ hommes et de femmes qui sans cela n’auraient pas disposé de tous les moyens nécessaires à l’accomplissement de leurs missions.
Mais ces inaugurations marquent l’aboutissement d’un long et minutieux travail de recherche historique, de dialogue, d’authentification et enfin de marquage destiné à mettre en place un parcours de mémoire dont le but, au-delà de l’hommage, consiste à transmettre mais aussi à promouvoir la mémoire de ces évènements pour que toutes les générations qui vont suivre se l’approprient et le fassent vivre à leur tour.
Ce long et minutieux travail se poursuit aujourd’hui, soyez en remerciés. Il a vocation à faire des émules ailleurs en France, n’en doutons pas !
Car ce travail est d’autant plus essentiel que les témoins directs de ces évènements, disparaissent et avec eux leur parole ; les témoignages que constituent désormais ces panneaux prolongeront ceux des acteurs de la seconde guerre mondiale et deviendront l’un des supports de la mémoire collective.
Nous avons tous l’obligation de faire en sorte qu’ils soient connus afin d’être assurés qu’ils traduisent le message que ces résistants ont porté et que les initiateurs du projet ont souhaité mettre en lumière et offrir à nos enfants.
Un message basé sur la résistance à l’oppression, sur la nécessaire prise de risque pour défendre la liberté ou la recouvrer, sur la volonté de lutter contre toute forme de totalitarisme.
Il convient, grâce à ces panneaux de se souvenir du sacrifice mais aussi de l’espoir qui animait ces hommes et ces femmes.
Notre présence, nombreuse aujourd’hui, y contribue ; il est important que nous sachions entretenir cette « flamme de la Résistance » et valoriser au mieux le parcours de mémoire qui la portera désormais.«
Après avoir écouté la Marseillaise, le vin d’Honneur clôtura cette cérémonie inaugurale.
Jean Michel LENDEL















