Société
Mieux vaut être riche et en bonne santé que pauvre et malade
Mieux vaut être riche et en bonne santé
que pauvre et malade
Selon une étude de l’Insee qui vient de paraître, 212 000 personnes vivaient sous le seuil de pauvreté en Bourgogne en 2011. Cela représentait 20 000 de plus qu’en 2008.
Sous l’effet de la crise, la précarité augmente et les inégalités se creusent. Ce seuil de pauvreté est fixé à 977 € pour une personne vivant seule en 2011, à 1 563 € pour un adulte élevant seul deux enfants de moins de 14 ans et 2 052 € pour un couple élevant deux enfants de moins de 14 ans. Il avoisine les 13,2% en Bourgogne, tandis que la population vivant du RSA dans cette même région a augmenté de 6%.
Pas de quoi sauter au plafond, ni faire chauffer la carte bleue ! Car, à travers les caractéristiques de la population pauvre, se dessine sans ambigüité le profil des plus démunis. En effet, toujours selon l’Insee, il s’agit d’une part, des jeunes qui, pour la moitié d’entre eux, ont moins de 30 ans. Il leur est difficile de s’insérer dans le monde du travail et ils sont souvent issus de familles où les parents sont eux-mêmes dans la précarité.
D’autre part, on trouve en grande majorité dans les plus pauvres, des familles monoparentales (en général des femmes seules avec un ou plusieurs enfants). Ces familles, qui sont au nombre d’une sur cinq en Bourgogne, sont particulièrement exposées au risque de pauvreté. Elles cumulent les vulnérabilités puisque loyer, frais de garde des enfants et factures diverses sont supportées par un seul salaire.
De plus, ces mères seules chefs de famille sont le plus souvent exposées au chômage et à la précarité de l’emploi (par le biais de contrats précaires ou intérim etc).
D’ailleurs, sans distinction d’âge, 61 000 femmes pauvres et sans conjoint résident en Bourgogne (contre 26 000 hommes dans la même situation). Enfin, la pauvreté des seniors est principalement le fait des femmes. Se retrouvant seules, elles ne peuvent prétendre qu’à une faible pension ou au minimum vieillesse.
Alors certes, pour les aider, des prestations sociales sont versées aux plus pauvres afin de leur assurer un minimum de revenus. En 2012, 49 800 Bourguignons percevaient le revenu de solidarité active et 43 400 l’allocation adulte handicapé.
Dans ces conditions, comment faire face au coût de la vie qui ne cesse d’augmenter ? Les factures arrivent bien plus sûrement dans nos boites aux lettres que des bonnes nouvelles. Et pas question de faire l’autruche en n’ouvrant pas celles-ci, sinon…
« Sinon, on a vite fait de vous rappeler à l’ordre par le biais de relance et de menaces de coupure » livre cette jeune maman seule avec ses enfants. Que ce soit EDF, GDF ou Veolia Eau « pas de pitié pour les croissants » comme dirait l’autre. La plupart du temps, ce n’est pas par plaisir que les familles ne règlent pas les fournitures. « Moi, j’aimerais les payer en temps et en heure les factures » se désole Caroline. Ajoutant : « Malheureusement, ma situation ne me permet pas de tout régler en même temps. Alors, c’est vrai, il y a des mois où soit mes enfants et moi mangeons et les factures ne sont pas payées, soit les factures sont payées mais je ne peux pas faire de courses. Et dans ce cas-là, le choix est vite fait… ».
Alors, il est peut-être possible de trouver un arrangement, un échelonnement des sommes dues ? Pas toujours, car en général, les structures précitées font le forcing pour obliger les gens à se mensualiser. Et quand on dit forcing, ce serait presque du chantage. Carrément. Ainsi, à Veolia, une abonnée avait pris du retard pour régler sa facture (celle-ci doit en principe être réglée dans les 15 jours). Et bien elle a eu une lettre de relance assortie d’une pénalité de trois euros et au 2e rappel, une pénalité de 12 euros. En très grande précarité, elle demande l’annulation des ces frais supplémentaires. Las ! Son interlocuteur lui demande alors si elle souhaite mensualiser ses versements. « J’ai répondu que non, car pour moi, c’était ingérable. Si toutes les structures prélèvent une somme sur mon maigre salaire chaque mois, il ne me reste rien pour vivre ». La réponse du gars a été immédiate : « Alors je ne vous enlève pas les pénalités ! ».
Pour sa part, GDF a mis en place des médiateurs qui, en cas d’impayés, vous proposent des solutions, telles que l’étalement de la dette. Autrement, le client a 30 jours pour régler sa facture. Quant à EDF, la facture est à régler dans le mois également, sinon, c’est la lettre de relance, puis le SMS de relance 48h avant la coupure.
Et le pire est quand aucun arrangement n’a été trouvé (ni aide sociale, ni plan d’apurement) et que la menace de coupure de fournitures est bien réelle. Non seulement la famille n’aura plus ni eau, ni électricité, ni gaz, mais elle devra régler la dette totale avant de retrouver l’usage des fluides. Faire preuve de bonne volonté en ne réglant qu’une partie ne sert donc à rien.

Et la chute de l’histoire est que plus le consommateur est dans la panade, plus on lui appuie sur la tête pour l’empêcher de s’en sortir. Car si certaines structures ne coupent pas (elles peuvent réduire leurs fournitures en ne laissant que le minimum vital en puissance) les autres n’ont aucun scrupule à couper et à présenter la note du déplacement en sus.
Ainsi, EDF pratique un forfait coupure / rétablissement à hauteur de 48 euros TTC (sic). Chez GDF, ce sera 56 euros TTC et 70 euros chez Veolia. « Moi, je me rappelle avoir été coupé chez GDF, ils ont compté deux déplacements (un pour la coupure, un pour le rétablissement) et donc facturé plus de 150 euros ! Cher du kilomètre… ». Et pour la petite histoire, l’homme a dû attendre le lendemain soir pour retrouver l’usage du gaz, alors qu’il n’y avait qu’un bouton à pousser pour réenclencher… Quelquefois, on croit rêver. Mais d’un autre côté, ne faut-il pas les punir ces pauvres qui ne peuvent pas payer ? Oups, ceci est à prendre au second degré, bien évidemment.
Heureusement, la trêve des coupures de gaz et d’électricité a été prolongée. Elle sera désormais en vigueur du 1er novembre au 31 mars. Quant à la loi du 15 avril 2013, dont le décret d’application date du 27 février 2014, elle interdit désormais à un distributeur de couper l’alimentation en eau dans une résidence principale en cas d’impayé, sauf lorsque la mauvaise foi du client a pu être clairement établie.



9 commentaires sur “Société”
Machine arrière toute !!!
Les difficultés de paiement des factures n’est qu’une partie des problèmes qui nous attendent et qui pour certains sont déjà un quotidien. Notre pays n’est plus concurrentiel au niveau mondial, notre industrie disparaît, nous sommes incapables de réformer, de prendre les décisions nécessaires à un retour à l’équilibre, incapables surtout d’en accepter les conséquences.
Sauf qu’à un moment donné, nous serons rattrapés par nos problèmes ; ce qui nous pend au nez, c’est la faillite du pays tout entier. Nous allons finir comme la Grèce. Il y avait cette semaine un reportage sur la Grèce à la télé. Les salaires des fonctionnaires ont été divisés par deux, les retraites aussi etc etc…
Nous, classe moyenne et petites gens, nous allons obligatoirement devoir diminuer nos dépenses « non essentielles » et revenir à une vie plus centrée sur l’essentiel comme l’avaient nos ancêtres ; se loger et manger.
Nous nous enfonçons vers la misère. Il n’y a plus de travail, ou alors il est mal payé, les prix ne cessent d’augmenter…
Et tout le monde ne s’appelle pas… pour être exonéré de ne payé ni edf, ni impôts…
Et oui … sous peine de décisions énergiques, la France est en danger, je suis d’accord!
Donnez aux entreprises les moyens d’investir, diminuer le coût du travail sans pénaliser les salariés et les investisseurs (NÉCESSAIRES! ), diminuer le budget de l’état, etc . Cela passe sans doute par une efficience des hommes (administration, fonctionnaires, salariés, dirigeants) : on a rien sans rien !
Mais commencez par vous Messieurs : divisez par 2 le nombre de députés et de sénateurs, supprimez certains de vos avantages acquis indécents, mettez dehors toutes les brebis galeuses … la confiance et la motivation de vos concitoyens est à ce prix !!@@
D’accord avec wop71 . Si nos élus de tout bord montraient l’exemple en diminuant leurs »revenus » qui sont issus de nos impôts , les contribuables que nous sommes comprendraient sans doute un peu mieux les réformes .
Qui osera parmi nos dirigeants se mettre à dos tous ses collègues en annonçant clairement lors d’une campagne électorale : »je propose de réduire de 30% le nombre d’élus et leurs rémunérations:
Gauche ou droite , même combat , on ne touche pas à nos »privilèges »!!!!!
Dans une famille , l’exemple vient des parents , alors Mesdames et Messieurs les politicards , un peu de courage , proposez des réformes , des vraies , cela servira d’exemple pour ne pas se retrouver comme les Grecs .
Bjr
A wop 71
On parle toujours du coup du travail mais par contre jamais du coup du capital!!! Les entreprises ont largement les moyens d investir avec les cadeaux du gouvernement via les exonérations des cotisations sociales comme le CICE!A qui cela profite? Eh bien toujours aux memes les actionnaires!!!
Hello Le Montchaninois !
Puisque les actionnaires sont les seuls gagnants, qu’attendez vous pour passer vos avoirs en actions……
Vous risquez de tomber de très haut, j’ai fait l’essai voulant apporter ma contribution à une entreprise.
Et expliquez moi pourquoi nombre d’entreprises sont en faillite, avec des dettes si elles ont largement les moyens ?
Nous nous sommes organisé un gigantesque me..ier et maintenant, nous cherchons des boucs émissaires.
Amitiés
Hello Snooppy
Vous dites « nos élus » ? N’est ce pas là que se situe le problème ?
Qui les a élu ?
Mais les « privilèges » ne se limitent pas aux élus.
Je suis même prêt à parier qu’ils ne pèsent pas lourd globalement par rapport aux autres « privilégiés » !
http://tempsreel.nouvelobs.com/la-reforme-des-retraites/20130917.OBS7295/retraites-les-privileges-de-certains-regimes-tres-speciaux.html
Et nous aurions bien tord de nous faire des illusions sur nos capacités à conserver « les acquis ».
L’économie est devenue planétaire, nous consommons beaucoup plus que nous ne sommes capables de produire…. à des coûts non compétitifs.
En 1950, nous étions 42 M, avec des matières premières, des colonies à piller et peu de concurrence.
En 2014, nous sommes 66M, peu de matières premières, quelques coûteux territoires étrangers et une concurrence mondiale.
Alors ne nous faisons pas la moindre illusion, ni pour nous, ni probablement pour l’Humanité qui, dès 2008, consommait plus que la Terre ne pouvait produire annuellement.
Amitiés
BJR,
est ce que vous comptez dans cette categorie le journal L’HUMANITE qui doit plusieurs dizaines d’années de TVA qui a fait un plan de licenciements et qui a été sauvé par un de ces banquiers que vous et moi n’apprecions pas énormement ??
bon WE
Bonjour.Tout d’abord on ne dit pas je consomme de l’EDF, du GDF ou de la VEOLIA.On dit :je consomme de l’électricité,du gaz et de l’eau…chez EDF,GDF-SUEZ,poweo,direct-energie,eni,planetis,lampiris,energem,energom…..Et de l’eau a VEOLIA,lyonnaise des eaux,saur….Vous savez bien faire la différence des concurrents de télécommunication(internet/portable…).Mais c’est long a venir pour l’eau,l’electricité et le gaz.De plus pour ceux qui n’arrivent pas à payer ,il y a chez certains fournisseurs(pas tous,en fait les 2 plus grands) des tarifs d’abonnements spéciaux .De plus sur le terrain les techniciens « lachent du lest »,assez pour rallonger les délais de paiement…..Pour finir ,vous voyez bien que la concurrence ne sert a rien.
Le cercle destructeur est enclenché, nous sommes de plus en plus nombreux à ne plus y arriver, nous n’avons plus les moyens d’acheter français (c’est pourtant la meilleur des qualités, mais la qualité ce paye), alors nous achetons pas cher (même s’il faut racheter souvent, car la qualité n’est pas là, mais il est moins douloureux d’acheter à bas prix souvent qu’une grosse somme d’un seul coup), nous faisons donc marcher la production étrangère et tuons nos entreprises.
Et pourquoi tant de désir de complexité, les voitures par exemple, pourquoi toujours fabriquer des voitures de plus en plus chères, à tel point que les modèles bas de gamme sont devenus inabordables.
Le tri des poubelles, plus je tri et plus cela me coute cher (cf taxe foncière).
Pourquoi l’état ne construit il pas lui même des usines et relance la production, dans la plasturgie, le tissu l’alimentaire et j’en passe, je veux bien me serrer un peu plus la ceinture si je sais que des vrais embauches seront créer.