A propos de la RCEA
Europe-Ecologie-Les-Verts de Saône et Loire soutient l’action de la Coordination
« Europe-Ecologie-Les-Verts de Saône et Loire soutient l’action de la Coordination, refusant le projet de concession privée retenu par l’Etat pour la mise à 2X2 voies de la RCEA.
Seul un projet public-public doit voir le jour, assurant la gratuité et la sécurité routière dans les meilleurs délais.
Il n’est pas acceptable de laisser prendre en otage la sécurité et la liberté de circulation des populations pour des objectifs de profit qui n’ont rien à voir avec l’intérêt général alors qu’il existe des alternatives, que ce soit celle du Conseil général ou celles que nous proposons.
IL n’est pas acceptable d’ajouter des délais alors que des mesures et des solutions techniques moins coûteuses et d’un meilleur bilan écologique peuvent être appliquées dès maintenant pour sécuriser la route : contrôle accru de la vitesse, régulation de la circulation des poids-lourds, qui sont la cause principale de la gravité des accidents sur cet axe, maintien des ouvrages d’art et de certains tronçons à 2X1 voie, séparateurs centraux.
EELV regrette que le contre-projet élaboré par le Conseil général de Saône-et-Loire ne prenne pas en considération les solutions alternatives à l’utilisation de l’écotaxe poids-lourds. Les propositions faites par EELV lors du Débat public sont plus économes, plus rapides à mettre en œuvre, plus respectueuses de l’environnement, du bien-être des populations concernées et ne détournent pas l’écotaxe de ses objectifs d’origine. Plus généralement, c’est d’une politique des transports adaptée et ambitieuse dont nous avons besoin dans ce pays. Ce qui implique un budget cohérent, avec une réforme fiscale équilibrée, comme le projet de budget porté par Eva Joly : juste et porteur d’espoir, investissant sur le long terme dans une économie durable et écologique.
Par conséquent les travaux à engager sur la RCEA doivent être accompagnés d’un projet d’amélioration du réseau ferré avec un engagement ferme à le mettre en œuvre. Pour le fret (transit et desserte des entreprises) et en partie pour les voyageurs, il n’y a plus de solution viable fondée uniquement sur la route.
La votation citoyenne ouverte par le Département doit être une réussite. C’est une première étape pour barrer la route à la privatisation de la RCEA. La faisabilité économique et écologique devra imposer ensuite de recourir notamment à l’utilisation logique de la taxe autoroutière, prélèvement bien modeste aujourd’hui sur les bénéfices considérables des sociétés d’autoroute, et demandera une grande vigilance lors de l’Enquête publique pour la préservation du foncier agricole, la lutte contre le bruit et pour le cadre de vie des populations riveraines, la réduction de l’émission de CO2, le maintien de la biodiversité et de la circulation des espèces sauvages.
La position d’EELV 71 est sans ambiguïté : pas de privatisation de la RCEA et appel à la responsabilité de l’Etat.
Politiquement nous remettons ce problème local dans un contexte plus général de choix fiscaux pour la France .L’utilisation de l’écotaxe pour la RCEA, même avec de bonnes intentions, au même titre que toute autre solution irréfléchie de transformation purement autoroutière de cet axe, n’aboutira, si nous n’y prenons garde, qu’à favoriser l’accroissement du trafic routier, et spécialement du transit poids-lourds, sans vision d’avenir. « Solution miracle » dans une situation et à un moment donné, ce n’est, si l’on se place à une échelle plus globale, qu’un pansement sur une jambe de bois. Faut-il l’accepter dans la mesure où cela pourrait régler au moins un problème local, au double plan du financement et de la sécurité routière ? Nous mettons en garde contre cette vision réductrice qui, même si elle est ponctuellement compréhensible, n’est qu’un exemple parmi beaucoup d’autres, dont l’accumulation explique comment le modèle « productiviste » s’auto reproduit dans sa fuite en avant et pourquoi, en définitive, la « solution écotaxe », même publique convient si bien à une grande partie de la droite. Il est dommage pour la démocratie et la clarté du débat que cette question ait été mélangée à celle, qui appelle toute notre approbation, du refus de la mise en concession.
Détournables ou victimes de dérogations, écotaxe ou taxe autoroutière, quoi qu’il en soit, ne constituent pas une politique. Des listes de mesures spécialisées n’ont de sens que si elles sont intégrées dans un budget cohérent porteur d’une transformation sociale progressive et profonde, d’une transformation écologique de l’économie. C’est la proposition d’EELV. La vraie question est celle du budget d’un Etat qui, sous couvert de nécessités économiques présentées comme s’il s’agissait de lutter contre des catastrophes naturelles, persiste à exonérer les fortunes et les profits pour faire payer ceux qui, de plus en plus nombreux, s’appauvrissent et parmi eux nombre d’entreprises.
Il est temps que les candidats à l’élection présidentielle présentent, à l’instar d’Eva Joly, un budget cohérent pour la mandature à venir, un budget juste et porteur d’espoir, investissant sur le long terme dans une économie durable et écologique« .


