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mardi 5 octobre 2021 à 14:17

Remise du rapport e la commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Eglise

La Sénatrice Marie Mercier appelle à un travail «de vérité, de pardon et de réconciliation» nécessaire?





Communiqué :

Ce matin, remise du rapport de la commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Eglise : un travail « de vérité, de pardon et de réconciliation » nécessaire

 

Moment poignant et émouvant lors de la remise du rapport par le président de la commission Jean-Marc Sauvé à Monseigneur de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des évêques de France, et à Soeur Véronique Margron, présidente de la Conférence des religieux et religieuses de France. Le Sénat y était représenté. Avec mes trois autres collègues rapporteurs de la mission sur la lutte contre les infractions sexuelles sur mineurs dans les institutions nous avions auditionné Jean-Marc Sauvé.

 

Ce rapport vient donc conclure plus de trente mois d’un travail mené à la demande de l’Eglise catholique de France. Son objectif était d’établir un état des lieux précis des violences sexuelles à l’encontre des mineurs commises au sein de l’Eglise, d’être une force de proposition pour que les crimes et délits commis soient dénoncés et réparés, et de donner des pistes pour prévenir leur commission.

 

Le constat est glaçant :

– 216 000 personnes (à 50 000 près) ont été agressées par des religieux ou des clercs quand elles étaient mineures ;
– en incluant les victimes de laïcs agissant dans des missions confiées par l’Eglise comme le catéchisme ou l’aumônerie, ce nombre passe à 330 000 victimes (34% des abus sont le fait de laïcs) ;
– entre 2 900 et 3 200 ecclésiastiques ont commis ces actes inqualifiables entre 1950 et 2020. C’est une fourchette basse, et la commission estime que 3% du clergé catholique s’est rendu coupable d’agressions sexuelles sur mineurs ;
– les violences sexuelles concernent à une immense majorité de jeunes garçons (80% des victimes), entre 10 et 13 ans, tandis qu’à l’échelle de la société tout entière, les victimes mineures sont massivement des filles (75%) et plus encore dans le milieu intrafamilial (80%). Il est possible d’y voir un effet d’opportunité du fait d’une surreprésentation masculine dans les établissements scolaires catholiques ;
– 56% des violences ont eu lieu entre 1950 et 1969. Elles baissent entre les années 1970 et 1990 pour se maintenir à un niveau dramatiquement stable depuis.

 

Dans un deuxième temps, le rapport insiste sur l’impérieux devoir de l’Eglise de reconnaître sa responsabilité. L’ampleur des abus vient de fautes civiles et pénales des auteurs d’agressions, parfois de responsables religieux qui n’ont pas dénoncé les actes dont ils ont eu connaissance. De manière globale, c’est un ensemble de défaillances, de silences et de négligences qui ont revêtu un caractère systémique. L’Eglise doit réparer, reconnaître la qualité des victimes.

 

Enfin, le rapport propose quatre orientations pour l’avenir :

– une réforme du droit de l’Eglise : si des évolutions notables seront promulguées en décembre, il est impératif d’ouvrir le procès pénal canonique aux victimes ;
– une réforme de la gouvernance de l’Eglise pour associer les laïcs aux instances décisionnelles afin d’éviter le maintien de l’entre-soi systémique qui a conduit au silence, voir à la dissimulation ;
– l’adaptation de la formation et veiller au discernement vocationnel pour éviter l’intégration au clergé de potentiels agresseurs ;
– une évolution de l’hyper-sacralisation des religieux qui a trop souvent permis, nourris ou justifié les abus.

 

Monseigneur Éric de Moulins-Beaufort a exprimé sa honte et son effroi. En s’adressant aux victimes, il a indiqué « mon désir en ce jour est de vous demander pardon ».

C’est en effet aux victimes et à leurs souffrances qu’il nous faut penser. Il faut maintenant agir pour les reconnaître, les accompagner et bannir de l’Eglise toute forme d’agression sur mineurs.”

 

 

 

 

 

 

 



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3 commentaires sur “Remise du rapport e la commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Eglise”

  1. josiane49 dit :

    mieux vaut ne pas en parler , même à voix basse, ça ferait désordre ! je suis dégoutée de cette mentalité des gens d’Eglise… le Pardon ? ben voyons !

  2. mamour@71 dit :

    dans le temps le maire ,l’instituteur,le médecin et le curé était des personnes très écouter
    la populations donc les ouvriers pour la plupart leurs faisait une confiance absolue
    et si il ce passée des choses c’était normal pour eux
    entre temps le monde a changer mais pas la misère donc ?
    ils ont choisit les garçon car eux ne pouvais pas tombé enceinte ,mais je pense que les filles ont subit aussi des violences
    tout le monde savait ,mais on dit rien
    pourtant depuis des années beaucoup de monde ce bat pour que l’église face quelque chose
    pourquoi refusé le mariage aux personnes d’église ce sont des personnes humaines
    cela ne fait pas oublier les horreur commise et ne pardonne pas la souffrant

  3. johane71 dit :

    Josiane49. L Eglise a eu au moins le courage d’en parler avec la commande de ce rapport! La pédophilie est malheureusement très loin de ne concerner que l Eglise! L éducation nationale, le milieu sportif et d éducation populaire, ….. sont largement concernées également et malheureusement avec la même approche qui a consisté à ne pas considérer les victimes et essayer de cacher les faits! C’est aussi une époque où l on ne disait pas les choses! Heureusement c est un peu moins le cas! Mais pour travailler au niveau judiciaire sur ces affaires, je peux vous dire que la plupart de ces actes plus de 80% se passent en famille chez des gens qui non rien à voir avec l église!