Logement (Saône-et-Loire)
L'OPAC mise sur l'humain
Confronté à la précarisation, au vieillissement, à l’isolement et même aux difficultés psychologiques ce certains de ses locataires, l’OPAC et son président Thomas Thévenoud sont bien décidés à mener de front une politique sociale de grande ampleur. L’Office public de l’habitat de Saône-et-Loire a d’ailleurs commencé depuis quelques années et va continuer à innover dans le domaine. Avec les moyens du bord…
L’OPAC de Saône-et-Loire sait innover. Il l’a déjà montré à maintes reprises que ce soit en matière de construction (avec la filière bois), de réhabilitation énergétique (isolation ou remplacement des fenêtres qui font gagner, par exemple, 30 euros par mois aux locataires d’Autun et de Paray), d’attribution des logements (un système avec tablettes numériques pour une attribution en 48 h) ou encore en ce qui concerne la commercialisation de ses logements (portes ouvertes pour les nouveaux programmes). Mais aujourd’hui, l’office veut aussi montrer qu’il sait innover dans le domaine social. Il déploie ainsi depuis un certain temps un programme d’actions sociales majeures. Un filet de sécurité pour les habitants de Saône-et-Loire qui doivent faire face à un contexte économique et social de plus en plus fragile.
Des résidences intergénérationnelles et adaptées
Pour palier le vieillissement de la population (4000 locataires de plus de 80 dans le département, ce qui en fait, en quelque sorte, la première maison de retraite de Saône-et-Loire), l’OPAC favorise ainsi l’accès et le maintien dans le logement. Outre une politique de loyers et de charges locatives maîtrisés, des travaux ont été faits dans ce sens. Chaque année, en effet, l’OPAC remplace plus de 200 baignoires par des douches. Dès 2013, et en l’espace de deux ans, cent ascenseurs seront également installés dans le département. Enfin, une nouvelle gamme d’habitat et de services est en cours de développement : il s’agit de résidences intergénérationelles (dont la première sera construite au Creusot : Puebla) : les plus âgées aideront les plus petits à faire leurs devoirs, par exemple, et les plus jeunes aideront pour les courses ou les travaux de bricolage des plus anciens.
Favoriser l’entraide pour éviter d’isoler les locataires. C’est d’ailleurs là l’un des principaux enjeux de l’OPAC ces prochaines années. Et cela va passer par la (re)création d’un lien social dans les quartiers. « Notre objectif est de nous battre contre l’isolement et la précarité, insiste Thomas Thévenoud. Il ne s’agit pas d’assistanat, mais d’accompagnement. Nous voulons les faire participer au maximum à des projets ! »
Des actions pour mieux vivre ensemble
Pour lutter contre l’isolement et créer ces relations de quartiers donc, cinq emplois d’agents de développement ont déjà été créés sur les quartiers de la Croix verte et Saint-Andoche à Autun, de la Molette et de Harfleur au Creusot, des Aubépins à Chalon-sur-Saône, du Bois du Verne à Montceau-les-Mines, du Carrage à Bourbon-Lancy, des Bruyères à Gueugnon, de la Grimaury à Plottes et des 7 Fontaines à Tournus. Leur mission ? Après un diagnostic réalisé auprès des locataires des quartiers concernés, des projets concourant au mieux vivre ensemble, à la reconstruction des relations entre habitants, ont été identifiées : la Green team à la Croix Verte à Autun avec huit jeunes qui ont ramassé des fruits et des légumes non récoltés par leurs propriétaires pour en faire don aux associations caritatives en échange de quoi ils ont eu un coup de pouce pour leur permis de conduire ; le quartier Harfleur au Creusot a été le lieu de représentations théâtrales données dans les logements avec la contribution de professionnels ; un jardin « Cultivons notre quartier » va être lancé dans la quartier du Bois du Verne à Montceau ; ou encore des petits déjeuners réguliers entre habitants dans le quartier du Carrage à Bourbon-Lancy.
Des locataires jamais seuls
Toujours dans la même volonté de vivre mieux ensemble, l’OPAC a initié une mission tranquillité qui mobilise les collaborateurs, les institutions et les instances judiciaires. Celle-ci a permis de traiter, par la médiation, des situations d’isolement extrême et de grande souffrance psychique qui, aujourd’hui, ne sont plus prises en charge par les institutions médico-sociales. Pour favoriser la proximité de ses locataires, l’office a également miser sur l’humain : il veut, en effet, conforter la présence de l’homme dans les immeubles, comme ce qui se faisait par le passé. Un employé d’immeuble salarié de l’OPAC ou d’une régie de quartier s’occupera par exemple de l’entretien des parties communes (halls, escaliers…).
Sa mission ne sera cependant pas réduite à cette unique dimension puisqu’ils assurera le développement d’une relation quotidienne et le lien social avec les locataires qui auront de ce fait un interlocuteur direct en cas de problème.
Un tremplin vers l’emploi
En matière d’emploi, l’OPAC veut impulser le retour à l’emploi des locataires. D’abord par un contrat de développement de l’insertion passé avec les six régies de quartiers du département. Le volume d’affaires confié est de 1,8 million d’euros. Véritable tremplin vers l’emploi, les six régies font travailler chaque années 250 salariés en insertion, ce qui représente une centaine d’équivalents temps plein. Ensuite, par les marchés publics pour les locataires en difficulté : en 2011, les clauses d’insertion ont représenté plus de 25 équivalents temps plein d’heures de travail pour les habitants des quartiers à l’occasion des marchés de travaux, d’entretien, de fournitures et de services… La question des jeunes, enfin, est également pris en compte dans le cadre des Chantiers jeunes réalisés par l’OPAC. En 2011, 250 jeunes ont travaillés sur un chantier de l’office.
Toutes ces orientations marquent une volonté forte de l’OPAC de Saône-et-Loire de s’engager pour le bien-être de ses locataires. Pour autant, face à la diminution des aides publiques (11 millions d’euros contre 18 millions de ponctions diverses), ce sont actuellement les loyers qui prennent en charge tout ou partie du finalement de la politique sociale, « le manque à gagner fait que nous finançons nous-même la solidarité nationale et limite notre capacité à investir dans plus de programmes ». 110 en prêts locatifs sont toutefois prévus pour 2012 : 75 dans le Grand Chalon, 35 dans le reste du département.





