Portrait
Leyna Favier-Larue, le dessin comme une évidence

À seulement 19 ans, Leyna Favier-Larue trace déjà son chemin dans le monde de l’art. Originaire de Bordeaux, ayant vécu à La Rochelle et attachée à la région charollaise, où résident ses grands-parents, la jeune femme était présente ce week-end au Festival de la caricature de Paray-le-Monial. Pourtant, Leyna n’est pas caricaturiste. Son domaine de prédilection, c’est le dessin.
Quand le crayon devient un compagnon de jeu
Et cette passion remonte à sa plus tendre enfance. « Leyna savait dessiner avant de savoir marcher », affirme son père, Mathieu, non sans fierté.
Très tôt, la fillette couvre de dessins tout ce qui lui tombe sous la main. Tables, feuilles, cahiers ou supports improvisés deviennent autant de terrains d’expression. Le bricolage occupe également une place importante dans son quotidien. Enfant, elle suit avec enthousiasme les tutoriels d’Artzooka ! une émission qui propose aux familles de créer toutes sortes d’objets à partir de matériaux simples et de récupération.
« Ce programme encourage les enfants à utiliser ce qu’ils ont sous la main pour laisser libre cours à leur imagination et exercer leurs talents d’artistes », explique-t-elle aujourd’hui.
Montessori, une éducation qui nourrit la créativité
Pendant ce temps, sa mère, Fanny, s’intéresse de près à la pédagogie Montessori. Convaincus par cette approche qui favorise l’autonomie et respecte le rythme naturel de l’enfant, ses parents choisissent d’inscrire trois de leurs quatre enfants à l’école privée Montessori Bordeaux Wilson.
Un choix coûteux pour cette famille aux moyens modestes. « Quand j’amenais mes enfants à l’école, je garais ma vieille voiture poussive entre deux Porsche ou deux BMW », se souvient son père avec le sourire.
Un talent précoce qui ne demande qu’à s’exprimer
Malgré les sacrifices financiers, le pari est gagnant. Leyna suit cette scolarité de 3 à 11 ans et y développe notamment ses aptitudes artistiques. À l’âge de 13 ans, alors qu’elle est au collège, elle décroche un prix du jury lors d’un concours de dessin.
« Je me souviens que j’avais dessiné une tête de mort un peu bizarre avec une fleur. Un style un peu gothique, je crois… », raconte-t-elle en souriant.
Au lycée, son orientation vers les arts plastiques s’impose naturellement. Elle y approfondit sa pratique du dessin et nourrit sa créativité. Après l’obtention de son baccalauréat, spécialité arts plastiques, elle prépare plusieurs concours d’écoles d’art. Une période déterminante qui lui permet d’élargir sa culture artistique et d’affirmer progressivement son identité créative.
Des arts plastiques aux Beaux-Arts de Bordeaux
Admise aux Beaux-Arts de Bordeaux, elle débute par une formation en design d’objets, avant de se réorienter vers le design graphique. Une discipline qui lui permet de conjuguer création visuelle, illustration et communication.
Explorer l’humain à travers l’image
Aujourd’hui en deuxième année, son travail s’articule autour de thématiques profondément humaines : les émotions, l’identité, le corps, les relations entre les individus et leur environnement. Ses créations cherchent autant à toucher qu’à questionner, laissant au spectateur la liberté de sa propre interprétation.
Son immersion dans le monde artistique ne date pourtant pas d’hier. Dès la classe de troisième, elle a effectué un stage auprès du graffeur bordelais John. Plus récemment, elle a participé à un projet intergénérationnel en résidence pour seniors, autour de la conception d’un banc. Une réflexion sur le rôle des objets dans les relations sociales et le bien-être des personnes.
L’art du clair-obscur
Au fil des années, Leyna s’est particulièrement spécialisée dans le dessin en clair-obscur, une technique qui joue sur les contrastes entre lumière et ombre, afin de créer relief, profondeur et émotion.
« Dans un dessin en clair-obscur, certaines parties du sujet sont fortement éclairées, tandis que d’autres restent dans l’ombre. Cette confrontation permet de faire ressortir les volumes, les expressions ou encore les textures », explique-t-elle.
Pour cela, elle travaille essentiellement à partir de nuances de gris, depuis le blanc jusqu’au noir le plus profond. Plus les contrastes sont marqués, plus l’effet visuel gagne en intensité.
« Dans le portrait d’une personne éclairée à la bougie, par exemple, une partie du visage peut être baignée de lumière, tandis que l’autre disparaît progressivement dans l’obscurité. Cela attire immédiatement le regard vers l’essentiel et crée une atmosphère intime ou mystérieuse » dit l’artiste.
Les portraits figurent parmi ses sujets favoris. « Ne dit-on pas que les yeux sont le miroir de l’âme ? » interroge Leyna.
À partir d’une simple photographie, elle réalise ainsi des portraits d’une grande sensibilité, où chaque regard semble raconter une histoire.
Du crayon aux pixels
Mais l’univers de Leyna ne se limite pas au papier et au fusain. La jeune femme explore également le bitmap, une technique numérique fondée sur l’assemblage minutieux de milliers de pixels. Avec patience et précision, elle compose des œuvres qui s’apparentent à de véritables mosaïques contemporaines, jouant avec les couleurs, les contrastes et les détails.
Un travail exigeant, où chaque pixel contribue à l’image finale et à l’émotion qu’elle transmet.
Une rencontre décisive
Jusqu’en 2022, Leyna n’avait encore jamais exposé ses créations. Le destin en décide autrement lorsqu’elle croise la route de Roth, de son vrai nom Roger Thisselin, caricaturiste bien connu et créateur du Festival de la caricature de Paray-le-Monial.
De cette rencontre naît une belle opportunité pour la jeune artiste (elle avait 16 ans à sa première exposition) qui présente ses œuvres lors des éditions 2023, 2024 et 2026 du festival.
Une expérience qui lui permet de faire découvrir son univers à un public toujours plus nombreux et de poursuivre, avec talent et humilité, un parcours artistique déjà très prometteur.
Des œuvres uniques à offrir ou à s’offrir
Si les yeux sont réellement le miroir de l’âme, alors Leyna a trouvé le moyen de les faire parler. À travers ses portraits en clair-obscur, elle saisit bien plus qu’une simple ressemblance : elle révèle une émotion, un instant, une personnalité. Une raison de plus de lui confier vos plus beaux souvenirs et de les voir renaître sous son crayon.
Infos pratiques
Pour contacter Leyna Favier-Larue :
Mail : favierlarueleyna@gmail.com
Nelly Desplanches






















