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mercredi 11 février 2026 à 06:08

Forge + : ouverture de la concertation publique au Creusot

Une centaine de personnes en salle



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Ce mardi soir, la salle de la Mouillelongue du Creusot accueille une réunion publique d’ouverture de la concertation continue concernant le nouvel atelier de forge au Creusot et son raccordement électrique.

Débutée à 18h, la réunion est assurée en présence des principaux acteurs de Framatome et de RTE (Réseau de transport d’électricité).

 

David Marti a ouvert la soirée par un mot d’accueil en rappelant les précédents débats.

 

Objectif de la soirée : revenir sur les enseignements des débats précédents et revenir sur les avancées actuelles.

 

Olivier Froment (RTE), Emmanuelle Geoffroy (RTE), Hélène Perlembou (à l’animation), Pascale Engelvin (Framatome) et Sébastien Mastoia (Framatome) ont assuré la communication sur le projet devant une centaine de personnes intéressées par le projet. Une bonne partie d’entre elles se sont rendus à la concertation préalable.

 

Cette soirée a eu lieu aussi en présence de la CNDP (Commission Nationale du Débat Public).

Le projet se poursuit et des rendez-vous seront présentés pour cette phase de participation.

Les rapports vont nourrir la phase finale de l’enquête publique quand Framatome entamera la fin du projet.

 

Retour sur la concertation préalable

 

11 rencontres ont eu lieu de mai 2025 au 24 juillet.

 

Le bilan des garants, datant du mois d’août 2025, est accessible sur le site de la CNDP. Des questions ont été posées par la CNDP ainsi que des recommandations. En octobre dernier, Framatome et RTE ont rédigé un rapport.

 

Quels sont les enseignements clés de la concertation ?

 

Concernant l’opportunité du sujet, la concertation a mis en évidence des visions divergentes concernant la place du nucléaire. Des divergences ont porté sur les enjeux économiques : des incertitudes sur les débouchés commerciaux persistent. La question de la souveraineté énergétique a fait consensus.

 

Pour les enjeux économiques, un consensus s’est dégagé sur un ancrage local avec la nécessité d’associer les entreprises locales. Il y a eu des préoccupations notamment sur les difficultés d’accès aux entreprises locales aux appels d’offres.

Sur les enjeux sociaux, il y a eu consensus sur le fait de renforcer la formation locale, mieux faire connaître le projet. Il y a des controverses sur la concurrence sur le marché de l’emploi, un risque de débauchage des salariés aux profits des entreprises locales.

Il y a eu des consensus de l’implantation sur une friche industrielle. Il est important de soigner l’intégration paysagère. Des inquiétudes sur la consommation en eau, la pollution de l’air et des sols ont été exprimées.

Les impacts sur la biodiversité, des logements de qualité, les perturbations des travaux ou encore des questions sur les servitude publique, la circulation des véhicules, celle des piétons ont aussi fait l’objet de questionnements.

 

La CNDP a indiqué plusieurs recommandations notamment sur la planification de la communication tout au long de la concertation et des travaux.

 

Les maîtres d’ouvrage ont la parole

 

Au total, 18 rencontres ont eu lieu lors de la concertation préalable, avec 28 intervenants externes, 1061 participants, 259 questionnaires, 841 visiteurs sur le site internet, 3 débats autoportés réunissant 68 participants.

 

Framatome s’est réjoui de la qualité des interventions.

Sur l’accueil favorable, l’entreprise note une contribution significative du projet aux enjeux de souveraineté énergétique et industrielle, la logique d’implantation de Forge+ au Creusot, les retombées économiques et perspectives en matière d’emploi et l’impact positif sur l’attractivité du territoire.

 

Des interrogations persistent sur la relance du nucléaire en France, la cohabitation entre Forge+ et les riverains du projet, la concurrence avec les entreprises du territoire.

 

Framatome est revenue sur l’insertion du bâtiment dans l’environnement urbain, sur les flux routiers, sur l’attractivité, le développement et la capacité d’accueil du territoire (santé, éducation, logements). Framatome a indiqué que beaucoup d’établissements étaient déjà prêts à soutenir Framatome pour la formation des futurs employés.

 

Pour RTE, les enseignements retenus portent sur le raccordement électrique, afin qu’il puisse répondre aux attentes locales : pendant les travaux, évitement de zones boisées, envisager un regroupement d’infrastructures.

 

La concertation continue

 

Ce mardi soir avait lieu la réunion d’ouverture. La concertation continue se tiendra durant l’année 2026. Et si tout se passe bien pour le projet, l’enquête publique devrait suivre à l’issue de cette concertation.

 

Des étudiants de l’IUT du Creusot devraient être accueillis pour une visite fin février sur le site creusotin. Au mois de mars, il s’agira des marchés d’équipements, de travaux. En avril, un atelier formation et recrutement aura lieu. Au mois de juin, il sera question d’environnement. Au mois d’octobre, un atelier insertion paysagère et architecturale sera proposé à destination des riverains, de la CUCM et du Creusot.

 

Une réunion de clôture aura lieu en décembre 2026. Tout au long de l’année 2026, il sera possible d’organiser des débats autoportés pour débattre sur des thèmes particuliers.

 

Temps d’échanges

 

Une première question porte sur la formation, notamment en lycée professionnel. Une deuxième s’est enchaînée sur l’accès à la formation aux publics plus fragiles.

 

Framatome a expliqué la diversité des métiers concernés. Cela passe par plusieurs niveaux en intégrant des personnes à réintégrer. L’entreprise s’est rapproché du lycée Léon Blum. L’idée est de proposer un parcours. Framatome Bourgogne est en train de lancer une école d’usinage. L’idée est d’avoir sa première promotion d’usineurs au mois d’octobre (formation de 6 mois). L’entreprise a conscience du besoin important en formation. Des échanges avec d’autres entités sont en cours.

 

Concernant les demandes portant les infrastructures de services publics, Framatome travaille avec différents acteurs : Etat, mairie, investisseurs privés. Mais l’entreprise ne financera pas tout cela. Concernant les nuisances, depuis la concertation préalable, plusieurs études sont engagées pour comprendre d’où viennent les vibrations et comprendre leurs impacts pour les réduire. L’ambition de Framatome est d’accueillir aussi des publics souhaitant se réinsérer. L’emploi féminin et celui de personnes en situation de handicap a été évoqué.

 

L’eau et le contrôle des affluents

 

Les questions se sont poursuivies sur la thématique de la pollution de l’eau et comment l’éviter.

 

Un ancien employé de Framatome est revenu sur le sujet de la formation. La perte de compétences sur le territoire est au cœur du débat.

 

S’agissant des rejets, Framatome précise que les rejets sont majoritairement atmosphériques. Pour ce qui est de l’eau, Framatome travaille en boucle fermée. L’objectif de l’entreprise est d’être regardant sur la consommation d’eau et les fuites d’eau.

 

Sur les rejets atmosphériques, l’entreprise utilise des brûleurs de nouvelles technologies qui consomment moins de gaz et plus performants. L’idée est aussi d’obtenir des fours mixtes : électriques et à gaz.

 

En 2020, le site comptait 300 personnes, aujourd’hui 600 personnes. L’entreprise et systématiquement en double avec quelqu’un d’expérimenté. Ce sont des parcours longs. Mais l’idée est d’éviter de mettre en difficulté. Les jeunes sortis d’école ne sont pas suffisamment formés pour faire le saut direct. Comment pendant 6 mois, en travaillant sur de petits outils, l’entreprise arrive à donner confiance à ces jeunes. L’idée est de se rapprocher des lycées professionnels du Creusot et de Chalon.

 

Framatome a cité CCI Business dans son rapport. L’atelier du mois de mars sera l’occasion d’évoquer le sujet.

 

Les avancées depuis la fin de la concertation préalable

 

Plusieurs d’appels d’offres ont été lancés. Les cahiers des charges ont été préparés. L’objectif serait de sélectionner cette entreprise au cours de l’été. Framatome travaille également pour tous les équipements : fours, presse, bâche de trempe… L’objectif serait de les choisir à horizon été 2026.

 

Un plan d’action sur l’atténuation des vibrations de la presse est en cours. Les campagnes pour sonder le terrain se sont poursuivis : repérage de roche, sa qualité, jusqu’à 20 mètres de profondeur. Une étude bibliographique a été engagée pour savoir s’il peut y avoir des munitions sur le site : c’est très peu probable. D’autres campagnes de sondage auront encore lieu pour vérification. L’étude d’impact se poursuit.

 

Sur la friche industrielle, des espèces protégées sont venues d’abriter. Des arbres seront abattus. Un travail avec l’ONF, la SAFER et la CUCM a été réalisé pour aménager des espaces pour ces espèces protégées.

 

Du côté de RTF, une instance locale de concertation a été lancée le 16 décembre 2025. Un fuseau de moindre impact a ainsi été déterminé par Le Sous-Préfet d’Autun.

 

Il y a une étude technique en cours : topologie, géotechniques et pyrotechnique.

 

Des études environnementales ont aussi été lancées par RTE.

 

Les prochaines étapes du projet

 

L’objectif de Framatome est de choisir l’entreprise de construction d’ici l’été. Cette entreprise devra travailler avec les équipementiers.

Des études ont été débutées chez les équipementiers. Le travail sur l’attractivité se poursuit avec les services de l’État et la CUCM.

 

L’idée est de déposer toutes les demandes d’autorisation d’ici le milieu de l’année et de le début de l’enquête publique à la fin de l’année 2026.

 

Temps d’échange – suite

 

Le temps d’échange a repris sur le trajet de l’installation de RTE. Des lignes haute tension existent déjà. RTE va se servir de ces couloirs de lignes pour remonter sur le Creusot.

 

Une question a porté sur le parking de Creusot Vêtement. Framatome a considéré que cet emplacement est dangereux pour les salariés. Dans le cadre de l’appel d’offre, Framatome travaille sur le foncier de feux de verse. C’est la solution privilégiée pour l’instant.

 

Un atelier avec les salariés du site actuel a eu lieu. Ils ont évoqué la question de la distance et de la sécurité.

 

Les questions se poursuivent sur les prélèvements réalisés et l’identification des rejets existants sur le site.

Framatome répond effectivement sur la nature des polluants : des traces d’hydrocarbures, des déchets de verre, faïences, mâchefers. L’objectif est d’arriver à un bilan équilibré en remblais sur l’ensemble du terrain. Sur la question du réseau de chaleur au profit des habitations OPAC, l’entreprise va étudier la réutilisation de la chaleur. Transporter la chaleur sur une distance longue n’est pas évident. Il sera plus évident de réutiliser la chaleur dans les ateliers de l’entreprise.

 

Le projet de l’école d’usinage se situera au Creusot. Il n’y a pas de projet de développement sur le bassin minier.

 

Les flux avec Saint Marcel ont fait l’objet d’une étude, tout simplement car ce type de flux existe déjà. L’entreprise a assuré la parfaite compatibilité sur le trajet.

 

Le débat s’est poursuivi autour de la question des entreprises partenaires : « entreprises mondiales mais d’origine française » a-t-on évoqué du côté de Framatome. Plusieurs entreprises de construction ont indiqué employé 80 % de main d’œuvre locale, critère important pour Framatome.

 

Projets d’EPR, école d’usinage…

 

S’agissant de l’école d’usinage, la première promotion est prévue pour le mois d’octobre. C’est pour un profil « jeunes diplômés ». Framatome s’oriente vers des formats de formation de 6 mois. C’est une école d’usinage pour les sites de St Marcel et du Creusot. Dans cette première phase, une douzaine de personnes seront formées.

 

Le décret qui devrait être prochainement signé contiendrait 6 EPR et 8 autres EPR. L’objectif est d’être prêt pour les 8 suivants. Potentiellement, il y a un marché de 400 réacteurs dans les années à venir auprès d’un certain nombre de pays à l’international.

 

Le cahier des charges de Framatome définit une exigence que l’entreprise de construction devra répercuter sur ses sous-traitants.

 

Framatome travaille avec la CUCM sur la privatisation de certaines voies. Framatome a intégré la demande d’une piste cyclable et piétonne. Elle émet une réserve pour la question de la sécurité des usagers. Framatome s’est dit très ouvert à la question.

 

Un rappel des modalités de participation

 

A l’issue des échanges, la CNDP a rappelé la possibilité de suivre le débat en ligne : https://concertation.forgeplus.fr

 

Tous les éléments de synthèse s’y retrouvent. Des débats autoportés peuvent être organisés. Tous les éléments se trouvent sur internet.

 

Marion Fury (CNDP) est restée en fin de soirée pour répondre sur place aux questions des personnes présentes.

 

Du côté de Framatome, on s’est félicité de cette première soirée de reprise, tout en étant conscient du travail à réaliser encore.

 

Le débat s’est poursuivi autour d’un verre de l’amitié.

 

EM

 

 

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