Après la grève de la collecte des déchets
Jean-Claude Lagrange revient sur les raisons de ce conflit et les "portes de sorties" qui ont été trouvées !
La semaine sociale aura été « agitée » avec la grève des employés du service de collecte des déchets de la communauté urbaine et c’est pourquoi Jean-Claude Lagrange, président de la collectivité, André Vannier, vice-président en charge des déchets ont tenu une conférence de presse, ce vendredi, pour revenir sur ce conflit.
Revenir sur ce conflit mais aussi et surtout expliquer que jamais la porte de la négociation n’avait été fermée en revenant sur le « calendrier » complet de ces quatre jours de grève et son épilogue. « Tout en rendant hommage aux employés et à leurs représentants » M. Lagrange a expliqué aussi, au sujet de la question du pouvoir d’achat des employés, qu’il était « le résultat de la politique du gouvernement, qui fixe les rémunérations du secteur public, les collectivités ne peuvent donc agir sur les rémunérations qu’à la marge et dans la limite de leur capacités budgétaires…«
Le mouvement est suspendu jusqu’au 24 juin, date de la prochaine réunion de négociation, mais un rapide « historique » s’impose pour mieux y voir clair dans cette affaire !
Suspension du mouvement social et reprise du travail des agents de collecte.
1) Rappel du calendrier
– Jeudi 26 mai : dépôt d’un préavis de grève
– Mardi 31 mai : 1re rencontre entre la direction et les organisations syndicales pour analyser leurs revendications.
– Mercredi 1er juin : 2e rencontre direction/syndicats. La communauté urbaine fait une proposition aux agents.
– Lundi 6 juin : début de la grève. La communauté urbaine n’a reçu aucune réponse à sa proposition.
– Mardi 7 juin : Jean-Claude Lagrange rencontre les organisations syndicales et une délégation des agents. Il leur renouvelle la proposition du 1er juin, enrichie notamment d’un jour de récupération pour le pont de l’Ascension. Cette proposition, valable jusqu’à 12h, est rejetée par les agents.
Dans la soirée, nouvelle séance de négociation entre les élus et les syndicats.
– Mercredi 8 juin : 5e séance de négociation avec les syndicats. Un accord est trouvé sur les ponts.
– Jeudi 9 juin : 6e séance de négociations avec les syndicats. La question des régimes indemnitaires fera l’objet d’un comité technique paritaire extraordinaire le 24 juin. Les agents votent la suspension de la grève et la reprise du travail dès le vendredi 10 juin.
2) Les revendications
Le préavis du 26 mai contenait les revendications suivantes :
– Augmenter le régime indemnitaire à hauteur de 300€ (soit environ 170 à 180€ en plus par agent et par mois !)
– Alignement des primes de chauffeurs sur celles des ripeurs.
– Non suppression d’une collecte de complément au centre technique Nord.
– Renfort d’un agent pour les équipes de collecte du centre technique Sud
– Attribution de jours de récupération pour les jours de pont.
Le vendredi, les agents de collecte travaillent par moitié d’effectif. La demande portait sur l’attribution d’un jour de congé supplémentaire pour ceux qui ne travaillent pas le vendredi d’un pont et d’un jour de récupération pour ceux qui travaillent (mais qui sont payés en heures supplémentaires).
3) L’accord
La communauté a répondu à toutes les revendications des agents, sauf une.
Sur la question des traitements, un engagement a été pris d’étudier globalement la question des régimes indemnitaires des différentes catégories d’agents, avec la prise en compte pour ceux de la collecte des spécificités et de la pénibilité de leur travail.
Par ailleurs, les collectes les jours de pont seront supprimés le 15 juillet prochain et de manière définitive à partir de 2012. Les agents de la collecte bénéficieront ainsi du même régime de congés que leurs collègues.
Les retenues sur salaire pour jours de grève seront étalées sur 3 mois.
4) Le contexte
La réorganisation de la collecte des déchets poursuivait trois grands objectifs :
– améliorer la qualité de service aux habitants : mise en place de bacs plus pratiques et plus propres, simplification du tri, jours de collecte fixes, réorganisation des déchetteries…
– améliorer les conditions de travail des agents : mécanisation, renouvellement des camions de collecte, horaires de travail aménagés (1 vendredi sur 2 non travaillé)…
– maîtriser le coût du service, qui n’est financée qu’à 50% par la taxe OM : suppression des sacs, rationalisation des circuits, accès des déchetteries réservés aux habitants et payants pour les professionnels…
L’ensemble des mesures prises dans le cadre de cette réorganisation a fait l’objet d’une concertation avec les organisations syndicales et les agents.
La plupart des dispositions de cette réorganisation répondait donc à leurs attentes : horaires de travail choisis par eux, suppression des collectes les jours fériés, mise en place de bacs et mécanisation de la collecte, moins pénible…
Dans ce cadre, Jean-Claude Lagrange avait en effet annoncé que les agents, qui ont su s’adapter à de nouvelles conditions de travail, bénéficieraient d’un retour sur les efforts ainsi fournis.
C’est à ce titre qu’un programme de modernisation de véhicules des collecte (12 véhicules neufs entre 2009 et 2012) a été engagé et que 2 millions d’euros seront investis prochainement dans les centres techniques pour les moderniser et améliorer les conditions de travail des agents.
De la même manière, parce que les élus sont conscients des difficultés en matière de pouvoir d’achat des agents – comme de l’ensemble de la population – une revalorisation des régimes indemnitaires a été décidée en début d’année, qui a bénéficié aux agents de la collecte comme aux autres agents des services techniques.
Cette question du pouvoir d’achat est toutefois le résultat de la politique du gouvernement, qui fixe les rémunérations du secteur public.
Les collectivités ne peuvent donc agir sur les rémunérations qu’à la marge et dans la limite de leur capacités budgétaires, elles aussi érodées par des réformes nationales, comme la suppression de la taxe professionnelle qui a fait perdre 2 millions d’euros à la communauté urbaine en 2011.
Les salaires des fonctionnaires ont été gelés par l’Etat depuis juillet 2010, et ce jusqu’en 2013 !
L’exécutif de gauche de la communauté urbaine, par souci de justice sociale et volonté de défendre le service public, a donc pris ses responsabilités en utilisant les marges qui étaient les siennes pour compenser partiellement cette situation, notamment pour les plus bas salaires.
Conformément à l’accord passé hier, le dialogue se poursuivra donc sur ce point avec les agents et leurs représentants syndicaux.
4) La reprise des collectes
Les jours fériés (Ascension, Pentecôte) ainsi que les grèves du 31 mai et de ces quatre derniers jours ont créé une situation délicate par l’accumulation de déchets.
Dès jeudi, la communauté urbaine avait décidé de faire appel à un opérateur extérieur afin de procéder à des collectes d’urgence, notamment pour les équipements publics engorgés (établissements de soins, maisons de retraite, établissements scolaires…) et les centre ville.
Cette mesure était justifiée par les risques sanitaires engendrés par cette situation, mais également en raison des obligations de service public qui sont celles de la communauté urbaine et auxquelles les élus sont attachés.
En accord avec les organisations syndicales, ces collectes se poursuivront ce vendredi ainsi que mardi prochain si nécessaire, en complément de celles effectuées par les agents de la communauté urbaine, afin de parvenir à un retour à la normale le plus rapide possible.
L’exécutif de la communauté urbaine tient à saluer le sens des responsabilités de ses agents et des représentants syndicaux, qui a permis d’aboutir assez rapidement à une solution conforme aux intérêts de chacun.
Les élus communautaires ont souhaité instaurer un dialogue social intense à l’occasion de ce mouvement. Ils ont agi avec la volonté de répondre aux aspirations légitimes des agents tout en préservant la qualité du service public que la population est en droit d’attendre.



Un commentaire sur “Après la grève de la collecte des déchets”
« Bon dieu, mais c’est bien sûr », la grève des éboueurs, c’est la faute du Gouvernement !!!