Centrale Lucy 3 (Montceau-les-Mines)
Assemblée générale du personnel, ce mercredi 21 décembre 2011, à l'appel de la CGT l afin de faire un bilan des actions menées
Assemblée générale du personnel, ce mercredi 21 décembre 2011,
à l’appel de la CGT l afin de faire un bilan des actions menées
Comme vous le savez, la tranche Lucy 3 (charbon) de Montceau-les-Mines sera arrêtée au plus tard fin 2015 et cet « arrêt de mort » est catégoriquement refusé par la CGT Mine Energie qui multiplie les initiatives pour faire reculer l’énergéticien allemand E.ON, propriétaire de la centrale au travers de la SNET. Après une rencontre avec le préfet, un conseiller du président de la République etc. une A.G. du personnel est prévue ce mercredi 21 décembre.
La CGT Mine Energie nous a adressé des informations liées au dossier Lucy en précisant d’entrée, que l’éventuel Contrat d’Etude Prospective décidé suite à la rencontre avec M Le Préfet de Saône et Loire en Juillet dernier, qu’elle pensaits utile face au projet de fermeture du site envisagé par SNET, n’a guère évolué faute de réponse de la DIRRECTE Bourgogne et ce malgré plusieurs relances.
Des solutions possibles ?
De rappeler également que cet arrêt est la conséquence de la directive GIC et que le projet de centrale cycle combiné gaz (CCG Lucy 4), qui avait été évoqué, ne semble plus aujourd’hui d’actualité ; ladirection de la SNET semblant y avoir renoncé et vouloir geler le site. Pour mémoire le site emploie 70 salariés auxquels il faut ajouter les sous-traitants aussi, avant toute décision irrémédiable, la CGT pense qu’il est nécessaire d’étudier comment limiter les conséquences sociales négatives d’un tel choix mais aussi d’examiner préalablement toutes les solutions alternatives possibles. En plus d’une éventuelle expertise en interne de l’outil de production, le Contrat d’Etudes Prospectives pourrait, pense le syndicat, recenser, examiner et confirmer la faisabilité des solutions possibles telles que, à titre d’exemple, le maintien du projet Lucy 4, mené par E.ON ou un autre énergéticien. D’évoquer encore, le rapport RTE de juillet 2011 mentionnant un besoin de 2.7 GW dès 2016.
En conséquence, pour la CGT, l’utilisation du site et des compétences des salariés par un industriel de la branche des Industries Electriques et Gazières s’impose avec, en dernier ressort, « l’étude des solutions indépendantes pour les salariés concernés et pour le devenir économique du site en relation avec les besoin de la région et du département ».
A.G. le 21 décembre
De se féliciter d’avoir signé, en novembre et après plusieurs mois de négociations, l’accord sur l’étude du projet de réorganisation et de projets alternatifs des activités industrielles de production d’électricité de la
Société SNET. Cet accord d’entreprise, selon le syndicat, doit d’abord déterminer les possibilités d’adaptation aux contraintes environnementales et réglementaires de Lucy 3 et étudier ensuite les possibilités alternatives de création de nouveaux moyens de production pour pallier les conséquences de l’abandon éventuel de la tranche charbon. « La réussite de ces études reposant sur des groupes d’experts économique et techniques. Néanmoins les expertises se limiterons à l’outil industriel et la gestion de la situation par l’entreprise mais ne prendra pas en compte les conséquences industrielles et sociales pour la région et le département en cas de disparition de la dernière unité de production électrique de la Bourgogne« .
Compte tenu de tous ces éléments, ce mercredi 21 décembre, la Cgt annonce qu’elle tiendra sur le site de Lucy une assemblée générale du personnel afin de faire un bilan des actions menées depuis les annonces de juin et de celles à tenir dès le début d’année pour prouver à leur actionnaire allemand que le site industriel de Montceau les-Mines a de l’avenir. D’annoncer encore que le prochain « collectif Lucy » devrai se tenir fin janvier, précisant : « nous devrions pourvoir apporter encore beaucoup d’éléments techniques, économiques, politiques et sociaux appuyant notre démarche syndicale qui ne se limité pas qu’a sauver 70 salariés et sous traitants ainsi que et leurs familles mais bien l’engagement des citoyens, des industriels et des politiques dans les choix de l’avenir énergétique de notre pays« .
Appel à rester mobilisés
Ceci dit, la CGT nous a également transmis le communiqué suivant :
« Le 13 décembre la Cgt SNET a rencontré Monsieur Benjamin GALLEZOT, Conseiller Technique (Industrie et Energie) auprès de la Présidence de la République.
Cette audience au Palais de l’Elysée avait pour but d’exposer une vision de l’entreprise autre que la vision unique de l’actionnaire de contrôle E.ON.
La Délégation CGT était composée par LoÏc DELPECH (Responsable de la Coordination Nationale CGT SNET), Franck TRAVERSARI (animateur de la branche des IEG CGT) et Angélo GALIE (Secrétaire de la Commission Secondaire Nationale du Personnel de la SNET).
La CGT a développé tout l’historique de la SNET, sa création en 1995 à partir des actifs miniers, sa sortie du giron public malgré les promesses données lors de sa création, l’ouverture de son capital voulue et imposée par les Tutelles et l’OPA hostile qui voit E.ON devenir l’actionnaire de contrôle de la SNET (fin 2007).
La SNET comptait 1300 salariés lors de sa création en 1995, et environ 850 quand E.ON est devenu l’actionnaire majoritaire.
Aujourd’hui la SNET compte 835 salariés et E.ON compte ramener ce chiffre à 300 au travers de la fermeture de 5 tranches thermiques sur ses 4 sites de production (Gardanne dans le sud, Hornaing dans le nord, Lucy en bourgogne, et La Centrale Emile HUCHET dans l’Est) ainsi que son centre de recherche basé à Mazingarbe.
Si on laisse faire ce serait 1000 emplois supprimés depuis la création de l’entreprise.
5 tranches mises à l’arrêt tout début 2013 alors qu’elles peuvent fonctionner dans le cadre dérogatoire des directives GIC (grande installations de combustions) jusqu’à fin 2015 et bien plus tard pour les pour les 2 tranches LFC (technologie du lit fluidisé circulant).
La CGT a revendiqué le respect des engagements écrits par le PDG de la SNET Monsieur Luc POYER au travers les protocoles de fin de conflits qui actaient la fin de vie des 3 tranches 250 MW fin 2015, le maintient du lit fluidisé circulant de la centrale Emile Huchet à minima jusqu’en 2018 ainsi que la conversion du lit fluidisé circulant en biomasse sur le site de Gardanne et le maintient du centre de recherche et de formation sur Mazingarbe.
La CGT a également revendiqué la réalisation des projets prévus initialement par Endesa, en remplacement des tranches vieillissantes. Des projets industriels inscrits dans la PPI de 2009 (programmation pluriannuelle des investissements) et qui répondent aux besoins du territoire français en termes d’énergie Electrique avec comme priorité les sites de Lucy et Hornaing.
La CGT appelle l’ensemble des salariés à rester vigilants et mobilisés pour faire aboutir ces revendications« .
Enfin, et pour étayer leur argumentaire, les cégétistes recommandent la lecture d’un article de Challenges – Le Nouvel Observateur, intitulé « L’allemand E.ON accusé de condamner à mort ses centrales à charbon françaises« , s’appuyant sur un courrier, dont Challenges a obtenu la copie, dans lequel le ministre de l’Industrie, Eric Besson, « s’étonne que des investisseurs désireux d’étudier la reprise des cinq sites de production qu’E.ON veut fermer n’aient pas accès au dossier« . Article que vous pourrez lire en cliquant sur le lien ci-dessous :
A suivre…



2 commentaires sur “Centrale Lucy 3 (Montceau-les-Mines)”
Excellente analyse, en effet c’est à rien n’y comprendre; le besoin d’énergie est croissant et en réponse on supprime les moyens de production.
J’ajouterai un nouvel évènement à prendre en compte, il s’agit de l’accord VERTS/PS qui consiste à s’interroger sur la nécessité de maintenir les centrales électriques à énergie nucléaire.
Dans ce contexte, la centrale de Lucy devrait au contraire être valorisée pour trouver toute sa place dans le paysage national.
Il est surement plus rentable pour e.on de laisser notre pauvre Lucy à l’abandon que de la vendre à des concurrents capables d’investir et de réhabiliter le site (et donc de faire plus de pognon qu’eux).