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vendredi 27 janvier 2012 à 06:06

Après la visite du préfet chez Michelin Blanzy

"Trop c'est trop" dit la CGT de l'entreprise



« Tout le monde a pu voir dans la presse locale la direction Michelin en compagnie de M. le Préfet, de la Sous Préfète et du directeur de pôle emploi.


Michelin grand acteur de la formation professionnelle sur le site de Blanzy : mais pourquoi ?


Mr Le Préfet se réjouit de voir l’usine Michelin très engagée sur la formation par alternance mais il serait bon de rappeler quelques chiffres qui ont vu l’absence d’intervention de l’ancien préfet qui était resté sourd à l’appel de la CGT sur la fermeture de l’atelier tourisme avec 477 suppressions d’emplois.


Oui, 477 suppressions d’emplois Michelin et autant d’emploi sous-traitant. Mais dès le mois d’avril 2010, soit 2 mois après la fin du volontariat du plan social, nous avons vu arriver les emplois intérimaires, les CDD et les fameux CDD de professionnalisation.


La CGT avait bien sûr dénoncé cet état de fait qui aujourd’hui se traduit par 110 agents en CDD, CDD de professionnalisation et intérimaires sur un total de 1066 agents.


Soit plus de 10% de salariés précaires, ce qui devraient plutôt interpeller Mr le Préfet sur la destruction de l’emploi industriel au lieu de se féliciter d’une précarisation du travail chez Michelin.


Lire dans la presse locale, les dires de M. le directeur de pôle emploi  « Quant aux travailleurs qui sortent de Michelin sans CDI mais avec un Certificat de qualification professionnelle en poche, ils ont 2 à 3 fois plus de facilités à se reclasser qu’une personne non formée ».


La présence de M. le directeur de pôle emploi a peut être permis d’apporter la réponse à la direction du site qui sera à même de pouvoir répondre aux élus CGT aux questions si souvent posées en Comité d’entreprise sur le nombre de salariés qui ont quitté l’entreprise Michelin et qui, aujourd’hui, sont inscrits comme demandeurs d’emploi, se satisfaisant malheureusement de petits boulots ou de missions intérimaires de courtes durées sans lendemain.


Nous ne reviendrons pas sur les salariés partis en création d’entreprise qui sont pour certains dans le besoin, sans plus aucune ressource.


Alors dire que les salariés en CDD de professionnalisation ont 2 à 3 fois plus de facilités à se reclasser ne colle pas à la réalité des anciens Michelin qui cherchent du travail.


Michelin, se posant en grand acteur de la formation professionnelle et affirmant donner la chance aux jeunes de pouvoir rentrer dans la vie active et d’obtenir une qualification, est très loin d’être ce qu’il prétend.


Voici les deux raisons qui expliquent l’explosion et l’utilisation abusive des contrats de professionnalisations chez Michelin.


1.    La 1ère raison est que chaque contrat fait l’objet d’un financement par les fonds de la formation professionnelle. Chaque contrat de 6 mois va  ainsi recevoir un financement égal à 2.5 mois de salaires pour une formation d’agent de fabrication qui se déroule en moyenne sur 2 à 3 semaines et après le salariés est à la production. Cela confirme que l’argent de ces contrats n’est autre que le détournement des fonds de la formation pour le paiement de la main d’œuvre.


Pour la CGT les fonds de la formation doivent servir uniquement à la formation mais certainement pas à financer une main d’œuvre bon marché. Une réelle formation débouchant sur une véritable reconnaissance se traduit par l’embauche en CDI. Apprendre à travailler en équipe dans un milieu industriel ne nécessite pas d’avoir recours à un contrat de professionnalisation mais d’un simple contrat à durée déterminée sans aucun financement.


2.    La 2ème raison est que l’employeur n’a pas à donner la prime dite de précarité de 10%  lorsque qu’il décide de mettre fin au contrat de professionnalisation alors qu’il la doit pour tout autre contrat.


Ce qu’il faut comprendre, c’est que l’entreprise perçoit de l’argent pour payer sa main d’œuvre et ne verse aucune prime en fin de contrat, voici le véritable engouement des contrats de professionnalisation.


Au sujet des 40 millions d’euros d’investissement, ils sont toujours soumis au résultat et à la mise en place de 7 groupes de machines. Mais aujourd’hui Michelin n’en compte seulement un et le deuxième devrait bientôt commencer. Pour la CGT, ce ne sera que quand toutes les nouvelles machines seront installées que nous validerons cet investissement« .




Photo envoyée par la CGT pour illustrer son communiqué






2 commentaires sur “Après la visite du préfet chez Michelin Blanzy”

  1. sillabruno dit :

    « Ca roule pour Michelin. Le fabricant de pneumatiques clermontois publie ce vendredi matin un bénéfice annuel pour 2010 de 1,05 milliard d’euros. Ces profits ont donc été multiplié par 10 par rapport à leur niveau de 2009 (…) Michelin dit avoir réussi à accroître sa rentabilité (…) grâce à un effort de productivité et à la croissance de 13,4% du volume de ses ventes. En valeur, le chiffre d’affaires du groupe en 2010 s’établit à 17,89 milliards d’euros, en hausse de 21% à taux de change constants » (lefigaro.fr le 11/02/2011)
    Bruno Silla, le 27.1.12

  2. Quid71 dit :

    La CGT à tout dit !

    *Ne parlons pas des formations bâclées et non finies pendant la durée des contrats pro, une honte puisqu’on vous dit que si vous n’assimilez pas assez vite le programme cela ne va pas « le faire ». En fait il faut se rendre prêt et disponible dans les ateliers le plus vite possible !

    *Ne parlons pas des personnes qui après leur CDD pro finisse dehors ou a la rue avec des raisons, je cite:

    _Pas d’embauche tant qu’ont est pas sorti de la crise et que l’on n’en sait pas plus sur l’avenir du marcher.
    _Pas d’embauche car votre profil ne correspond pas à nos attentes, mais ! vous pouvez rester en interim si cela vous intéresse (c’est une blague?)
    _Pas d’embauche car vous êtes trop jeune, … ( ??? ).

    Et j’en passe !!!