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samedi 23 mai 2020 à 05:52

Retraités CGT multiPro du Bassin Montcellien (Social)

"Vont-ils enfin rompre avec la logique marchande ?"





Communiqué :

Dans la santé comme dans bien d’autres domaines, une nouvelle approche de l’économie fondée sur le partage et la solidarité s’impose pour répondre aux besoins des populations.

Le président de la République s’est engagé à tirer les enseignements de la crise sanitaire. « Ce que révèle d’ores et déjà cette pandémie, c’est que la santé gratuite sans condition de revenu, de parcours ou de profession, notre Etatprovidence ne sont pas des coûts ou des charges mais des biens précieux, des outils indispensables quand le destin frappe. Ce que révèle cette pandémie, c’est qu’il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché », a-t-il déclaré, le 12 mars dernier, dans une allocution télévisée.

Changement de pied d’Emmanuel Macron, quand son gouvernement a délibérément ignoré les revendications des personnels de santé et continué d’infliger une sévère cure d’austérité à l’hôpital public, sachant que l’Ondam (Objectif national de dépenses d’assurance maladie) voté en 2019 correspond à un nouveau tour de vis de 860 millions d’euros pour l’hôpital ? L’avenir le dira.

En vérité, l’hôpital, comme l’ensemble des services publics, est victime d’une politique libérale fondée sur la marchandisation de l’économie. La quête permanente de rentabilité financière et du profit immédiat n’est pas toujours compatible avec la réponse aux besoins des populations. Ainsi, la tarification à l’acte (T2A), qui, pour des raisons de productivité, pousse l’hôpital à disposer d’un taux d’occupation des lits à 100%, est une aberration médicale. Les mêmes considération économiques ont conduit à une réduction drastique du stock de masques dans notre pays (plus de 1 milliard de masques chirurgicaux et 700 millions de masques FPP2) et à la liquidation de l’Eprus (Établissement de préparation et de réponse aux
urgences sanitaires), au mépris du principe de précaution pourtant inscrit dans la Constitution.

C’est encore la quête du profit qui a été à l’origine de la délocalisation de la production des médicaments dans les pays à bas coûts, comme l’Inde ou la Chine, mettant à mal notre souveraineté sanitaire. De même, le temps long de la recherche fondamentale s’accommode mal avec l’exigence du retour sur investissement à court terme commandé par la logique marchande de l’économie. Ce qui a le don de mettre en colère Bruno Canard, directeur de recherche CNRS à Aix-Marseille et spécialiste des coronavirus. Il a dû abandonner ses travaux sur cette famille de virus en 2006, faute de financement, et malgré l’alerte de la crise du Sras en 2003 et sachant que l’émergence des virus est appelée à s’accélérer avec le changement climatique et la perte de biodiversité.

Il est urgent de rompre avec la logique marchande qui se trouve au cœur de la doctrine libérale et de réorienter l’activité économique en développant un service public de qualité pour mieux répondre aux besoins de la population. C’est vrai dans le domaine de la santé, mais aussi de l’éducation, de la recherche, de la culture, des services aux personnes âgées dépendantes… La liste n’est pas exhaustive.

Cette conception de l’activité économique est non seulement un facteur de lutte contre les inégalités et la pauvreté, mais elle est sans doute aussi la seule à être en capacité de répondre aux enjeux fondamentaux tels que la transition écologique et la préservation de l’environnement et de la biodiversité. Cette politique a évidemment un coût. Cependant, il convient de sortir du discours macronien qui donne à choisir entre la
baisse de l’impôt ou la suppression des services publics.

Il faut notamment refonder la politique fiscale en mettant, d’une manière ou d’une autre, les riches à contribution, les ménages comme les entreprises. Une nouvelle approche de l’économie fondée sur le partage et la solidarité. 18 millions de retraité-e-s veulent vivre pour un monde juste, durable et solidaire.

 

23 Mai 2020
NB : Emmanuel Macron a appelé l’Armée à la rescousse pour mener la « guerre » contre l’épidémie de Covid-19.
L’ennui, c’est que le Service de santé des armées (SSA) – qui représente 1 % de l’offre de soins – a subi les mêmes coupes budgétaires que l’ensemble des services publics. Plusieurs centaines de lits et d’emplois ont été supprimés dans les hôpitaux d’instruction des armées, dont plusieurs ont été rayés de la carte, comme celui du Val-de-Grâce en 2017. La Défense n’a pas d’hôpital de campagne au sens commun du terme et encore moins de navire hôpital, comme en dispose son homologue américaine. La Fédération nationale des travailleurs de l’État CGT s’étonne de la communication de l’exécutif qui « glorifie le SSA après l’avoir dépecé » !

 



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Un commentaire sur “Retraités CGT multiPro du Bassin Montcellien (Social)”

  1. Pascontent dit :

    Populisme démagogique, comme toujours…..
    C’est la loi de l’offre et de la demande qui régit les compte sociaux. Si vous augmentez l’offre, il faut trouver quelqu’un pour payer. Et votre éternelle solution est de faire payer les riches. Mais qui c’est “les riches”? Trop facile de lancer des mots pour faire croire que vous avez la solution.
    Que l’on commence par dénoncer, même si cela ne plait pas à vos partisans, ceux dont ils sont fans. je pense au monde de la chanson, du cinéma, du sport et même des grands dirigeant qui ont tous des sociétés de production domiciliées fiscalement en Belgique, au Pays Bas, au Luxembourg, en Suisse, etc…, dans ces pays plus intéressant fiscalement.
    Les obliger à être imposé en France de leurs revenus gagnés en France, par leur société ou par eux-même, rapporterait quelques milliards.
    J’attends le jour où vous les dénoncerez publiquement, en demandant de les boycotter pour désapprouver leur manque de solidarité, au lieu de nous faire ch… avec votre propagande et vos manifs. Nous, français, ont y est pour rien. Vous avez des représentants à l’assemblée. Qu’avez-vous déjà proposé? Quand est-ce que vous avez soutenu ceux qui veulent supprimer ces paradis fiscaux? Ah oui c’est vrai, vous êtes dans l’opposition. Alors il faut que vous soyez contre tout!……Même si cela va dans votre sens.