Autres journaux :



samedi 17 octobre 2020 à 05:18

Budget 2021 : “Symbole des erreurs économiques du gouvernement 2/2”

Dit l'union locale CGT





Communiqué :

 

POURQUOI CE N’EST EN RIEN UN PLAN DE RELANCE

Le premier constat est quantitatif. Corrigées de l’inflation, les dépenses publiques n’augmentent que de 0,4 % avec le plan de relance. C’est totalement insuffisant vu les enjeux, et surtout dépensé de très mauvaise manière.

Le deuxième constat est le plus sévère. En fait de plan de relance, on a une continuité de la stratégie gouvernementale : la politique de l’offre, c’est-à-dire chercher à tout prix la « compétitivité », via la baisse des impôts et cotisations, qui est le seul outil de politique économique que semble connaître ce gouvernement.

La principale mesure est la baisse des impôts de production (10 milliards en 2021). Mais à cela il faut ajouter la baisse de l’impôt sur les sociétés (3,7 milliards), l’extension de la baisse de la taxe d’habitation pour les 20 % les plus aisés (2,4 milliards). On voit effectivement la « cohérence » du gouvernement : continuer la politique (inefficace) en faveur des entreprises et des plus aisés au lieu d’investir directement.

C’est là tout le problème de ce « plan » qui n’est en rien un plan de relance. C’est une politique de « compétitivité », c’est-à-dire l’exact opposé d’une politique de relance (qui vise à augmenter la demande via la consommation des ménages et via l’investissement public). Bruno Le Maire ne veut pas reproduire les « erreurs » des plans de relance de 1974 et 1981. Mais il compare deux moments qui n’ont rien à voir ! L’inflation est aujourd’hui quasi nulle, les taux d’intérêt aussi. À l’aveuglement
idéologique, le ministre de l’Économie ajoute la confusion historique.

À quoi ressemblerait une véritable politique de relance ? Les leviers ne manquent pas : l’augmentation du SMIC, la généralisation du RSA aux moins de 25 ans, la garantie des revenus des privés d’emploi et des précaires, et surtout, l’investissement public direct (incluant des créations d’emploi) plutôt qu’à des baisses d’impôts. Ce serait infiniment plus efficace du point de vue économique, en irriguant directement la demande adressée aux entreprises, en garantissant les revenus des ménages mais
surtout en s’offrant la possibilité d’orienter et donc de verdir la relance. Car là aussi, le gouvernement est inconséquent : il prétend
préparer l’avenir, mais ne s’en donne pas les moyens.

ON NE TRANSFORME PAS L’APPAREIL PRODUCTIF AVEC DES BAISSES D’IMPÔTS

Le jeu auquel a décidé de jouer le gouvernement est celui de l’attractivité. Conséquence directe de l’architecture de la zone euro (les pays partageant la monnaie unique), gravant dans le marbre le principe de la concurrence généralisée entre pays, chaque État est tenu de favoriser les entrées de capitaux sur son territoire. Les leviers sont bien connus : baisse du « coût du travail » (via la baisse des cotisations dans le cas français), baisse de la fiscalité sur le capital…

On comprend le chantage du patronat auquel répond le gouvernement. « Baissez nos impôts ou nous partirons chez les voisins ».

Voilà le drame européen dans lequel nous sommes pris collectivement. Le problème économique de la France (et de la zone euro plus largement) n’est pas un problème d’attractivité, mais de politique industrielle et de contreparties à la dépense publique. Les 100 milliards d’euros de niches fiscales (dont mesures déclassées), les niches sociales (91 milliards d’euros), les centaines de subventions en faveur des entreprises, tout ceci est dépensé sans contreparties, et le « plan de relance » perpétue cette tradition de mauvais fléchage budgétaire. Car qui, à part le gouvernement, peut croire sérieusement qu’améliorer « l’attractivité » va entraîner la décarbonation de l’économie et une hausse des emplois ? Cela conduira à ce que l’on connaît déjà : une hausse des profits, et une hausse des revenus des détenteurs de capitaux et… C’est tout !

Il reste pourtant une solution pour rendre effective la transition, et elle peut être résumée par le projet CGT :

✦ Une planification pour définir les besoins et les moyens, principalement en termes d’emplois ;
✦ Des investissements directs dans les services publics, dans les secteurs et filières stratégiques et un contrôle (au niveau national, des branches professionnelles et de l’entreprise) des aides publiques avec véto suspensif des salarié-es ;
✦ Une augmentation des revenus du travail (et donc des salaires), et l’instauration d’une « sécurité sociale professionnelle » financée en partie par une cotisation sur le capital gérée au niveau des branches. Cela permettrait notamment de contrer efficacement les crises économiques.

Ce budget est symptomatique de la mauvaise stratégie du gouvernement sur les questions économiques. Il rappelle à quel point nos dirigeants sont bloqués dans une logique dépassée et totalement primitive du point de vue des enjeux auxquels nous faisons face, à court terme comme à long terme. Il y a urgence de sortir de la voie tracée par le gouvernement Castex et d’en proposer une autre, sérieuse et ambitieuse. C’est cette voie que la CGT trace depuis longtemps désormais.

 

 

 

 



Laisser un commentaire

Vous devez être connecté pour publier un commentaire.


» Se connecter / S'enregistrer