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jeudi 22 septembre 2022 à 05:50

Montceau : Union locale CGT

"Le gouvernement veut imposer une réforme des retraites idéologique"





 

Communiqué :

 

« Les comptes des retraites ne sont pas déficitaires, le système est même excédentaire en 2021 et 2022 selon le dernier rapport du Conseil d’orientation des retraites. Et pourtant, le gouvernement veut passer sa réforme en force et dans l’urgence. Contre l’avis des syndicats, des Français et du patronat. Pourquoi imposer une réforme coûte que coûte et contre l’avis général, si ce n’est par pure idéologie libérale ?

Où est l’urgence ? Le retour à l’équilibre du système des retraites est acté par le rapport annuel du Conseil d’orientation des retraites (COR) publié mi-septembre qui dément les prophéties de déficit du gouvernement. Selon ses auteurs, le régime est excédentaire de près de 900 M€ en 2021 et pour 2022, l’excédent pourrait atteindre 3,2 Mds€ grâce à la reprise de l’activité économique après la crise sanitaire de 2020.

 

Cette reprise ne devrait pas s’arrêter brutalement dans les prochaines années mais, sous la pression du gouvernement en manque d’argument pour faire passer une nouvelle réforme des retraites, le COR juge provisoire cette embellie. À croire le service rattaché à Matignon, le système pourrait de nouveau passer dans le rouge à partir de 2023 sur plus d’une décennie !

L’objectif est d’aggraver artificiellement le déficit du système de retraites

Pour arriver à ce scénario noir, le COR a changé sa méthode de projections et révisé à la baisse ses hypothèses de croissance de la productivité (entre 1% /an, contre +1,3% depuis plusieurs années) et un taux de chômage à 7% : plus que les 5% prévus par le gouvernement !

« Le COR calcule pourtant que la part des pensions dans le PIB ne va pas augmenter de façon dramatique et rester relativement stable autour de 14% sur la période », souligne Victor Duchesne, conseiller confédéral CGT sur les questions de sécurité sociale.

 

Noyer le poisson – Avec son Conseil national de la refondation (CNR) auquel la CGT a refusé de participer, Emmanuel Macron se fait l’apôtre de la concertation, mais il n’écoute pas les Français. Pas même certains députés de sa majorité, des membres du gouvernement, ou le président du CNR, François Bayrou, qui l’a mis en garde contre le risque d’accélérer sur la réforme des retraites.

Le chef de l’État veut aller vite. Si vite qu’il entend convaincre sa Première ministre d’inscrire la réforme dans le projet de loi de Finances de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2023 qui sera examiné à la fin de l’automne. Avec un possible relèvement de l’âge de la retraite à 65 ans.

 

Lors d’une réunion avec le ministre du Travail, Olivier Dussopt, le 19 septembre, les syndicats ont affiché un front commun contre le projet. Même le patronat a opposé une fin de non-recevoir, sans doute conscient de la colère sociale qui gronde si la réforme venait à être présentée sans concertation, et à la vitesse d’un cheval au galop. En voulant glisser cette réforme ultra-sensible dans un paquet législatif global, l’exécutif cherche à noyer le poisson.

Pour la CGT, les solutions pour accroître les ressources des caisses de retraite et équilibrer le système sont très simples :

 

✦ il faut augmenter les salaires,
✦ développer l’emploi stable et qualifié,
✦ cesser de multiplier les exonérations de cotisations sociales.

Et dans la fonction publique, revaloriser le point d’indice et embaucher massivement dans les services publics, nécessaires pour répondre aux besoins des citoyens.

La CGT défend un droit à une retraite pour tous les salariés, dès l’âge de 60 ans, avec les moyens de vivre dignement. Augmenter les salaires et l’emploi est au cœur de la journée d’action interprofessionnelle du 29 septembre. Réussir cette journée contribue aussi à créer le rapport de force nécessaire pour gagner de bonnes retraites. »

 



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