Randonnée du 1ᵉʳ janvier 2026 à Jambles
Quand les chemins racontent mille ans d’histoire
Commencer l’année en marchant, c’est déjà un symbole. Montceau News aime les symboles, surtout quand ils riment avec écologie, découverte, patrimoine, randonnées.
À Jambles, ce symbole prend une dimension particulière. Au départ de la zone de loisirs des 4 Vents d’Anges, la randonnée du 1ᵉʳ janvier 2026 s’inscrit d’emblée dans un territoire façonné par les siècles, où chaque chemin semble porter la mémoire de ceux qui l’ont emprunté avant nous.
Très vite, la balade quitte les espaces ouverts pour suivre les chemins anciens, parfois hérités de tracés médiévaux, reliant autrefois hameaux, vignes, moulins et pâtures. Le paysage, tour à tour ouvert et intime, révèle une commune habitée dès l’époque gallo-romaine, comme en témoignent les vestiges retrouvés, notamment des tuiles à rebord. Ici, l’histoire n’est jamais loin du sol que l’on foule.
L’eau, fil conducteur discret mais essentiel, rappelle combien Jambles s’est construite autour de ses sources et ruisseaux. Le Prat, né au lieu-dit Les Charpennes, alimentait jadis une impressionnante chaîne de moulins à eau : Parot, Berthenet, Patigniez, Gadant ou encore le moulin du Bourg. Ces installations faisaient battre le cœur économique du village. Aujourd’hui, le passage près d’un lavoir ou d’une source murmure encore ces usages d’autrefois, quand l’eau structurait la vie quotidienne autant que le paysage.
En chemin, le regard se pose naturellement sur l’habitat ancien. Maisons de pierre, murs de clos viticoles, bâtisses patinées par le temps : le patrimoine bâti est sobre, solide, profondément enraciné. Rien d’ostentatoire, mais une élégance rurale qui témoigne d’un village ayant su préserver son âme tout en l’adaptant au présent.
Impossible d’évoquer Jambles sans parler de la vigne, omniprésente. Les coteaux couverts de pinot noir, inscrits dans les appellations Givry et Bourgogne Côte chalonnaise, racontent des générations de vignerons. Huit exploitations perpétuent aujourd’hui ce savoir-faire, participant à la renommée viticole de la commune et à l’équilibre de son paysage.
Mais Jambles, c’est aussi une terre de personnalités. La famille Nicéphore Niépce y possédait d’importants vignobles. C’est en hommage à cette lignée que fut érigée, en 1839, la croix du mont Avril, par Isidore Niépce, fils de l’inventeur de la photographie. En empruntant le GR 7, le randonneur marche ainsi, sans toujours le savoir, sur les traces d’un pan majeur de l’histoire scientifique et culturelle française.
À mesure que l’on progresse, la randonnée devient presque méditative. Les bois communaux, les pâtures, les cultures et les vignes se succèdent avec une rare harmonie. Le relief, parfois marqué, rappelle que l’on est sur un territoire vivant, jamais figé. Les points de vue offerts depuis les hauteurs, notamment en direction du mont Avril et de la plaine de la Saône, récompensent largement l’effort.
Pourquoi venir marcher à Jambles ? C’est forcément la question que se posent les lecteurs de Montceau News qui aiment les découvertes mais aussi leur bassin minier. Jambles ce n’est pas la porte à côté, quand même. Parce qu’ici, la promenade a du sens. Parce qu’on ne se contente pas d’avancer : on comprend, on observe, on se souvient.
Parce que chaque chemin est une leçon de géographie, chaque source un écho du passé, chaque vigne un geste transmis.
Venir se promener à Jambles, c’est choisir une randonnée authentique, loin des foules, où la nature, l’histoire et le patrimoine forment un tout indissociable. C’est marcher dans un village qui ne se visite pas à la hâte, mais se découvre pas à pas, au rythme tranquille des saisons.
Jambles ne se traverse pas : elle se parcourt, elle s’écoute, elle se ressent. Et c’est sans doute pour cela qu’on y revient.
Gilles Desnoix





























