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jeudi 25 mars 2021 à 05:32

Conférence de presse sur le projet de poulailler industriel à Charmoy

  Creusot-Montceau Territoire Ecologique explique les enjeux



 



 

 

Ce mercredi après-midi, l’association communautaire Creusot-Montceau Territoire Ecologique avait organisé une conférence de presse à Charmoy à quelques mètres seulement du lieu d’implantation du futur poulailler industriel qui devrait accueillir 22 000 poules pondeuses.

La conférence de presse s’est tenue en présence de Dominique Cornet, Président de l’association CM Terreco, de Henriette Desbrosse, exploitante agricole à Blanzy et représentante du groupement des exploitants riverains du barrage de la Sorme, de Bernard Vernay, exploitant retraité, Franck Vernay, son fils et riverain du projet, de M. Melchiorre, adjoint au maire de Charmoy, de Gilbert Coulon, maire de Charmoy, Nicole Sicard de la CAPEN 71 (association regroupant des associations écologiques) et de Patrice Notteghem, membre de l’association CM Terreco et qui s’est spécialisé sur les ressources en eau de la CUCM.

 

Dominique Cornet a débuté la conférence en rappelant que l’association CM Terreco travaille sur ce type de projet depuis déjà plusieurs années. Elle a développé une longue expérience sur la potabilité de l’eau sur la bassin nord de la CUCM d’abord, notamment dans le cadre du projet d’exploitation d’une mine de fluorine sur le plateau d’Antully. Aujourd’hui avec le projet du poulailler industriel de Charmoy, ce sont à présent les réserves d’eau du bassin sud de la CUCM qui sont actuellement menacées, indique-t-il.

 

Un projet de 22 000 poules pondeuses

 

Le projet de 22 000 poules pondeuses comprend un bâtiment et un parcours extérieur, car ce sont des volailles plein air. Dans un précédent communiqué, l’association expliquait le contexte et la qualité de l’eau menacée par le projet.

 

Pour rappel, voir : https://montceau-news.com/agriculture/637707-creusot-montceau-territoire-ecologique-alerte.html

 

Ce mercredi, la conférence de presse avait pour but de montrer l’implantation du site et du parcours. Ce dernier se situe en pente avec un ruisseau en-dessous rejoignant la rivière de la Sorme avant d’atteindre le lac du même nom. L’inquiétude de l’association porte donc sur cette ressource en eau, la principale ressource d’eau potabilisable pour l’ensemble de la CUCM.

 

Si les bâtiments de la future exploitation ne sont pas soumis à une enquête publique, ils sont toutefois soumis à une étude par les services d’urbanismes. Après vérification, le bâtiment est dans les normes. La question porte d’ailleurs plutôt sur le parcours avec une densité de poules sur un parcours en pente. « On peut craindre un fort lessivage des fientes lors des pluies, qui iront se déverser dans le ruisseau, puis ensuite en deux heures dans la Sorme » explique Patrice Notteghem.

 

Des mesures jugées injustes

 

En parallèle, rappelle Dominique Cornet « on demande aux éleveurs en amont de respecter beaucoup de règles, des règles très contraignantes. On leur demande de faire très attention aux ressources ». Les éleveurs doivent réduire leurs zones de pâtures, moins amender par exemple.

 

Le projet de poulailler industriel comprend 9 hectares de parcours, tout en sachant que les poules seront concentrées près du bâtiment. Patrice Notteghem évoque aussi l’émission de phosphore par les volailles, phosphore qui constitue un enjeu majeur dans l’équilibre écologique du lac de la Sorme. Et d’ajouter : « On demande aux éleveurs de réduire le phosphore. Ici il y a un vide juridique. Tout le monde dit que cela ne devrait pas être là, mais c’est là. »

 

Quant au maire de Charmoy, il a d’abord émis un avis défavorable au projet à cause du barrage de la Sorme. Il regrette pour sa part que la CUCM ne lui ait pas demandé les raisons de son avis. La CUCM après présentation de documents de la part du futur exploitant a alors accepté le projet.

 

Le plus proche riverain du projet Franck Vernay a indiqué avoir envoyé des courriers à la police de l’eau, à la CUCM ainsi qu’à la Direction départementale du Territoire au mois de septembre dernier. A ce jour, ces courriers sont restés sans réponse.

 

Et on peut comprendre en partie la raison de cette absence de réponse : d’après les règles de l’urbanisme, il n’y a pas moyen de refuser le projet.

 

Les actions à venir

 

L’association souhaitait d’abord alerter sur le projet, donner une visibilité au projet. Les autres étapes des actions seront mises en place en fonction des réactions des élus. M. Frizot doit rencontrer les maires. L’association souhaite que l’eau soit protégée, une ressource suffisamment précieuse pour la CUCM pour éviter de jouer avec.

 

Dominique Cornet ajoutait : « en tant qu’association, nous ne sommes pas hostiles à la diversification. Ici c’est un ajout d’activité. C’est une importation d’aliments non produits sur place. On amène une activité nouvelle. La pollution vient de l’extérieur. Si c’était une vraie diversification, l’alimentation serait produite sur place. C’est une activité industrielle. L’élevage qu’on soutient est plutôt à l’extérieur. On ne peut pas évacuer le sujet du bien-être animal. »

 

Après les échanges avec les différentes personnes présentes, Dominique Cornet et Franck Vernay ont montré la future implantation du poulailler industriel afin de mieux comprendre l’enjeu pour la ressource en eau.

 

L’association CM Terreco attend à présent les réactions pour décider de ses futures actions pour continuer à défendre les ressources en eau de la CUCM.

 

Dossier à suivre donc.

 

EM

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



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6 commentaires sur “Conférence de presse sur le projet de poulailler industriel à Charmoy”

  1. Houria dit :

    Les élus auront ils le courage politique de dire NON!

  2. Patrick O dit :

    En cette période pour le moins troublée, des études indiquent que l’élevage intensif favorise le développement des pandémies.Grippe aviaire 2020 : plus de 600 000 volailles abattues.
    Pourquoi diable vouloir continuer dans cette voie ? Dans notre belle campagne ? Pour le fric, bien sûr , au détriment de la santé de l’environnement et du bien être animal.
    L’eau potable devient une ressource qui va devenir rare et précieuse, c’est un bien commun qui ne doit pas être menacé par ce genre de projet industriel. NON NON et NON ! La population a son mot à dire et doit décider de son avenir !

  3. Partageuse dit :

    Il semblait démontré que le gigantisme dans l’élevage est une catastrophe sur le plan épidémique et écologique…. Qui doit protéger notre santé ?

  4. gilbert71 dit :

    il y a un bleme dans le mouvement écolos ,la CAPEN71 et contre et nos écolos élus de la CUCM sont pour

  5. cntrbbl71 dit :

    Complètement aberrant, risquer à ce point de polluer l’eau puis créer des installations coûteuses et sophistiquées pour la rendre potable.
    A choisir entre un Center Parc en d’autres lieux et un élevage intensif de poulet ici, mon choix est fait.
    Par contre je m’étonne de ne pas plus voir les écolos sur ce sujet.

  6. titou dit :

    bonsoir quand on voit autour de la sorme qu il y a que de l’herbe et qu’on a demandé aux agriculteurs d’arreter de mettre des produits de tout type car cela polluait et que maintenant les memes se plaignent car on leur a enlevé leurs jouets de pesticides .alors la je dis bravo.et les vaches qui petent vers le lac les retombées de methane dans l’eau est ce dangereux.serieux.les bouilletes des pecheurs qui rentrent dans l’eau pour amorcer et avec interdiction de rentrer dans le lac mais jamais respecté.l’eau potable a bon dos car depuis le temps que tout le monde balance n’importe quoi dedans et des fois vraiment n’importe quoi certains le save bien on fait vilain pour des poules.bonne soirée aux anciens pollueurs.