Lycées professionnels F. Dolto et T. Monod (Montceau-les-Mines et Blanzy)
Les enseignants en grève exposent les raisons de leur mouvement
Les enseignants en grève exposent les raisons de leur mouvement
Comme vous avez pu le lire ici, les enseignants des lycées professionnels Françoise Dolto et Théodore Monod de Montceau et Blanzy, ont cessé le travail depuis ce mardi matin. Des enseignants en grève qui ont rencontré le député-maire Didier Mathus, et Jean-Claude Lagrange, président de la communauté urbaine, en fin de matinée.
Une délégation d’une dizaine d’entre eux a donc pu exposer à ces deux élus mais aussi à Laurent Selvez, conseiller général, et Germaine Foucherot, adjointe, les raisons de leur mouvement de grogne. Des raisons que vous retrouverez ci-dessous :
« Les personnels des Lycées professionnels Théodore Monod à Blanzy et Françoise Dolto à Montceau les Mines sont en grève ce mardi 13 Mars 2012.
La nouvelle baisse annoncée de la D.H.G. (Dotation Horaire Globale) pour la rentrée 2012 (c’est-à-dire le volume horaire octroyé par le rectorat pour assurer les enseignements) présentée aujourd’hui à Mâcon au C.T.S.D. (Comité Technique Spécial Départemental) entraînera une nouvelle dégradation des conditions de travail et de la qualité de l’accueil des élèves.
En effet, au total, au moins une dizaine de postes sera supprimée sur les deux lycées à la rentrée 2012 (en comptant les services partiels précarisés : contractuels, titulaires sur plusieurs établissements…) qui s’ajoute aux postes déjà supprimés lors des rentrées précédentes, suppressions officiellement justifiées par le passage de quatre années de formation pour le baccalauréat professionnel (deux ans de BEP et deux ans de Bac. pro.) à trois années de formation. Ensuite, la suppression des postes se poursuivra « mécaniquement ».
Nous sommes passés d’environ 400 élèves au L.P. Monod à 270 et de 450 élèves au L.P. Dolto à 340 en cinq ans et la baisse des effectifs se poursuivra en raison de la baisse de l’offre de formation professionnelle sur le bassin minier : fermeture de demi-sections (électronique, électrotechnique, structure métallique, maintenance, gestion-administration…) ou de sections entières (comptabilité…) et regroupement en enseignement général de sections à finalités différentes.
Les classes s’en trouveront surchargées et certains enseignements pratiques ne pourront pas être réalisés en groupes, le nombre d’heures attribuées ne permettant pas d’effectuer tous les dédoublements nécessaires.
Par ailleurs, certains enseignements obligatoires et l’accompagnement personnalisé doivent déjà s’effectuer en heures supplémentaires.
Malgré le refus de la fusion de ces deux établissements (un L.P. tertiaire et un L.P. industriel) par les deux Conseils d’administration, une « fusion administrative » a de fait été mise en place lors des rentrées précédentes avec la suppression d’un poste de chef d’établissement, d’un poste de gestionnaire, d’un poste de Conseiller Principal d’Éducation et d’un poste d’infirmière.
Alors que le public accueilli est constitué de nombreux élèves en manque de repères, en grande difficulté sociale et pénalisés par la crise économique, l’encadrement de ceux-ci par des adultes qualifiés est diminué, réduit au strict minimum.
Il n’y a pas de C.P.E. présente à toutes les heures d’ouverture, ni d’infirmière alors que beaucoup d’élèves manquent de cadrage, demandent de l’attention ou des soins.
Le nombre d’incivilités non traitées augmente au point de perturber le climat général de travail et le nombre d’arrêts maladie des personnels est important.
La situation risque de devenir explosive si le nombre d’adultes qualifiés et formés continue ainsi à diminuer face aux jeunes.
Ajouté à la précarisation du métier devenu pénible et plus difficile au point de ne plus attirer suffisamment de candidats aux concours de recrutement, avec l’attaque du statut de fonctionnaire par les biais de la nouvelle évaluation des enseignants et du changement des obligations horaires, tout cela procède de la même logique de déstructuration de l’institution devenue « système » d’Education nationale publique.
C’est pourquoi l’ensemble des personnels des Lycées professionnels Monod et Dolto (en grève, avec perte de salaire) s’adresse aux lycéens, aux parents d’élèves, à la population et aux politiques pour que la suppression des postes des Lycées professionnels Monod et Dolto soit stoppée avant la casse définitive du système public de formation professionnelle initiale ».
Pour mémoire, vous reporter à notre précédent article :
Lycées professionnels (Montceau-les-Mines – Blanzy)
Pas de cours, ce mardi, pour les élèves de Dolto et Monod dont les profs sont en grève pour protester contre les suppressions de postes et de moyens
A 7 h 30, ce mardi matin, les enseignants des lycées professionnels Françoise Dolto et Théodore Monod n’ont pas pris la direction de leurs salles de classe. La raison ? La suppression annoncée d’une dizaine de postes à la rentrée 2012 et la diminution des moyens accordés à l’enseignement professionnel en général.


