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mardi 31 décembre 2019 à 06:53

Tribunal – Violences et harcèlement contre son ex-compagne à Blanzy

« Il lui a pourri la vie. Il a instauré un climat d’insécurité permanente »



 

 



 

Le tribunal est allé au-delà des réquisitions en condamnant R. X., 35 ans, à 10 mois de prison avec maintien en détention, puis à un suivi pendant 2 ans et à une interdiction de paraître en Saône-et-Loire, pour des violences contre son ex-compagne qui est aussi la mère de sa fille âgée de 5 ans. Il fut déjà condamné pour des violences contre cette femme et pour des appels malveillants. Le tribunal a sifflé la fin du jeu.

Un jeu bien toxique et bien éreintant pour la victime. On peut lire ici le récit de l’audience de renvoi qui explique les faits : https://montceau-news.com/faits_divers/581803-tribunal-violences-conjugales-a-blanzy.html. Ce lundi 30 décembre, le président Dufour reprend tout le dossier pour exposer à ses assesseurs les éléments les plus importants. Or le prévenu persiste à renvoyer la balle dans le camp de son ex, du coup le président va chercher d’autres éléments, comme ceux rapportés par l’école de la fillette, qui tel jour a dit avoir peur de son père, tel autre a mentionné des violences, tel autre… etc.

 

Une interdiction de contact mais la police n’a pas le jugement…

Comme l’expliquera Maître Mirek, une relation de couple, pétrie d’affects, ça rend les choses compliquées. Le fait est qu’une relation avait reprise entre ces deux-là. La victime dit que c’était « pour avoir la paix », le président la confronte à cette déclaration, et lui demande de s’en expliquer. Elle est à la barre, et elle refuse : « Je n’ai pas à parler de ça. Il y a son sang sur ma porte, c’est suffisant. » Le juge insiste : « Vous avez dit que c’était pour la petite ? » La femme tient bon : « En habitant à 800 mètres, avec une interdiction de contact mais un jugement qui n’arrive pas, à chaque fois que j’appelais la police on me répondait qu’elle ne pouvait rien faire parce qu’elle n’avait pas le jugement. Alors on se défend comme on peut. »

« On se défend comme on peut »

Toutes les victimes le confirmeront : on se défend comme on peut du harcèlement. Et même si, pour « jouer » il faut être deux à tirer sur l’élastique, comme on dit, elle était vulnérable du fait de cet enfant commun. Du coup, quand il est parti travailler à Paris, et qu’il lui était impossible de respecter le cadre fixé par le juge aux affaires familiales : être à la sortie de l’école le vendredi à 16 heures pour y revenir le lundi matin avec la petite, eh bien la mère lui a opposé le jugement, justement. Résultat, il ne voyait plus sa fille, et du coup la pression est montée. Mais comme elle dit « on se défend comme on peut ».

L’air est irrespirable dans un tel contexte

Le prévenu a contesté les faits jusqu’à ce que son ADN revienne du labo. Du coup, il reconnaît. Mais il conteste avoir suivi la voiture du nouveau copain de son ex et lui être rentré délibérément dedans. « Il ne l’aurait jamais fait, plaide maître Mirek, car il y avait sa fille, dans cette voiture. » Au contraire, une dispute avait éclaté parce que la voiture du copain n’avait pas de siège auto pour la fillette. L’air est irrespirable dans de tels contextes. Cela étant, le tribunal dispose d’éléments périphériques, comme ceux extraits d’un compte Facebook dont madame dit qu’il était à monsieur, sur lequel on a trouvé une photo de la voiture du nouveau compagnon. Toxique.

« Il lui a pourri la vie. Il a instauré un climat d’insécurité permanente »

Christelle Diez, substitut du procureur, résume le dossier : « Il lui a pourri la vie. Tout ce qui pouvait lui nuire, il l’a fait, et il a instauré un climat d’insécurité permanente. » Elle requiert la révocation de 4 mois de sursis et une condamnation à 6 mois de prison, avec son maintien en détention.
De sa détention, justement, le prévenu avait dit : « Il n’y a pas mieux que la liberté. » C’est vrai, mais c’est vrai aussi pour la vie relationnelle qui peut devenir une prison à ciel ouvert, en bien des cas.

 

10 mois de prison, interdiction de venir en Saône-et-Loire

 

Le tribunal rend une décision qui vise à mettre un terme à tout ça. Il déclare monsieur coupable de tout ce qu’on lui reproche, et le condamne à 18 mois de prison dont 8 mois sont assortis d’un sursis mis à l’épreuve de 2 ans, avec obligation de travail (il a dit qu’il voulait s’installer complètement à Paris), obligation de soins, interdiction de contact (à nouveau) avec la victime mais aussi avec son nouveau compagnon, et interdiction de paraître en Saône-et-Loire « sauf décision du juge aux affaires familiales concernant votre fille, et donc dans le seul lieu désigné par le juge », obligation d’indemniser les victimes.

 

 

Madame a donné au tribunal un devis illisible pour la réparation de sa voiture bien abîmée le soir où il essayait de défoncer la porte de son logement, aussi le tribunal renvoie sur intérêt civil en février, « avec des pièces lisibles ». « Comment je vais faire réparer ma voiture ? » dit-elle.

 

 

Florence Saint-Arroman

 



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