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mardi 26 octobre 2021 à 05:52

Faits divers à Montceau : Violences conjugales en récidive, 19 mois de prison

L’agresseur avait pu rentrer au domicile conjugal



 



 

On se souvient bien de l’audience du 29 octobre 2020. Un homme de nationalité afghane était condamné, pour des violences conjugales, à une peine aménagée en détention à domicile.

On ne l’a pas oubliée car le 30, nous étions tous à nouveau confinés et on avait pensé à ce couple, l’agresseur et la victime, enfermés ensemble, par une décision de justice. L’homme, âgé d’environ 30 ans, est à nouveau jugé, ce 25 octobre 2021, selon la procédure de comparution immédiate, pour la même raison. C’était triste l’an dernier, c’est triste aujourd’hui.

Une assistante sociale alerte pour un hématome à l’oeil

Le prévenu conteste vigoureusement. « Il dit que tout est mensonge », traduit l’interprète. Sa femme l’agresse, elle est violente, elle est folle, il ne cesse de le répéter, comme l’an dernier. Depuis fin octobre 2020, il est suivi par un conseiller pénitentiaire d’insertion et de probation (CPIP), et une assistante sociale suit cette famille. C’est elle qui va alerter le CPIP, le CPIP va prévenir le juge d’application des peines (JAP), lequel demande une enquête. Fin août la femme portait un coquard. Le couple soutient que leur fils (né en 2019) avait claqué une porte que sa mère avait reçue en plein visage.

Une enquête en cours pour des violences sexuelles

Mais le 20 octobre, il est 22 heures quand une voisine alerte la police. Est-ce la même voisine que l’an dernier ? (Cf. https://montceau-news.com/faits_divers/624778-faits-divers-juge-pour-des-violences-habituelles.html) La femme est venue se réfugier chez elle, en pleurs. D’ailleurs c’est souvent que la voisine entend crier et pleurer, dit-elle. Ce soir-là le mari et la femme ont bu. Cette fois-ci, elle dépose plainte contre lui. Elle dit qu’elle a peur de lui, elle dénonce des violences sexuelles « qui font l’objet d’une procédure distincte » précise la présidente Caporali. La femme montre aux enquêteurs trois photos sur lesquelles elle est marquée d’hématomes. 

Il est toujours analphabète

La victime n’est pas à l’audience, mais ce que raconte le prévenu illustre les mêmes grandes difficultés relationnelles que l’an dernier. Il dit qu’il est venu en France pour avoir une belle vie, et que c’est elle qui part souvent en Allemagne (elle y a de la famille), qu’elle y a vu un avocat, etc. Il se dit « fatigué » de tous ces problèmes. Il peut, car il est jugé en état de récidive légale ce qui double la peine encourue. De toute façon rien ne va dans cette situation, il faut relire l’article précédent pour en prendre la mesure. La seule chose qui a bougé en 1 an, c’est qu’une assistante sociale intervient chez eux. Il est toujours analphabète, il ne parle toujours pas le français.

La défense plaide une relaxe

La victime semble avoir fait un peu de chemin, puisqu’elle a dit vouloir divorcer et partir vivre près de sa sœur en Allemagne. L’an dernier elle était complètement isolée. Elle non plus ne parle toujours pas français, mais elle est moins seule. Sur cette avancée elle a pris appui pour se séparer de monsieur, plaide maître Sarikan pour le prévenu. L’avocat fait l’hypothèse que son client est innocent, et que l’épouse manœuvre pour s’en sortir, avec les moyens du bord. « Il y a un problème de couple qui est évident. » L’avocat demande une relaxe.

Une première peine incompréhensible de l’extérieur

« Sa culpabilité est éclatante » disait Angelique Depetris, substitut du procureur. Elle requiert « une peine qui découle de la première peine, et de ses erreurs ». On ne risquait pas d’oublier l’image de cette femme qui, venue avec son petit à l’audience montrer son visage tuméfié, son nez enflé, allait devoir rentrer au domicile conjugal pour s’y trouver confinée avec son agresseur. On ne comprenait pas que le prévenu soit déclaré coupable et condamné à une peine relativement lourde pour une première peine, mais retourne vivre chez lui, alors que de surcroît un confinement était annoncé. Ce 25 octobre, la procureur demande une peine lourde et son maintien en détention. 

Décision : incarcération

Le tribunal déclare le prévenu coupable, le condamne à une peine de 24 mois de prison dont 10 mois sont assortis d’un sursis probatoire pendant 2 ans. Obligation de travailler, de suivre des soins (en quelle langue ? Ndla), interdiction de contact avec la victime ainsi que de paraître à son domicile. Le tribunal ordonne son maintien en détention, ainsi que son incarcération immédiate pour les 7 mois de sursis qui sont révoqués. 19 mois de prison ferme en tout. « Je suis innocent » proteste le prévenu. « Vous avez 10 jours pour faire appel. »

Florence Saint-Arroman

Maître Bourg a demandé un renvoi sur intérêt civil pour la femme, qu’elle ait le temps de chiffrer sa demande d’indemnisation.

 

 




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