Autres journaux :



vendredi 7 juin 2019 à 05:36

Tribunal de Chalon : après l’interpellation de deux trafiquants de drogue(s) au Bois Garnier (Montceau)

27 mois ferme pour le fournisseur



 



 

 

Le 4 avril dernier les enquêteurs de Montceau décident d’interpeller deux hommes, dénoncés dans une autre procédure. Le voisinage est interrogé puis on met en place des surveillances physiques et, le 4 avril, des policiers se déploient dans et autour de l’immeuble où vit Florian Y, rue Montessori.

 

Josy X y est aussi. Florian est interpellé sans difficulté, alors que Josy, lui se retranche dans la salle de bain, il sera placé en détention provisoire le jour même. Le 8 avril il demande au tribunal un délai pour préparer sa défense, le tribunal renvoie au 6 mai mais ce jour-là il prétend ne pas avoir l’avocat qu’il voulait, nouveau renvoi. Les deux hommes ont enfin été jugés ce jeudi 6 juin selon la procédure de comparution immédiate pour trafic de drogue et Josy X n’a toujours pas eu l’avocat qu’il disait vouloir.

 

 

« Je suis quelqu’un de plutôt travailleur »

 

 

Josy X, 25 ans, 15 fois condamné depuis l’année 2010, purge en ce moment une peine de 3 mois que le parquet a mise à l’écrou. Sa situation ? « Je suis en couple depuis 7 ans, je suis quelqu’un de plutôt travailleur, je cherche du travail assez souvent, et je suis quelqu’un qui ne vend pas de drogue. En 2017 j’ai été pris la main dans le sac, et je consomme c’est vrai mais je voudrais ne plus consommer. » Sur la détention de drogue ainsi que sur l’offre, le garçon est en état de récidive légale, il était d’ailleurs en période de probation lors de son arrestation. La présidente Benhamou connaît le dossier dans ses moindres détails et mène une instruction métallique, entendre par là : de haute précision. Les dossiers de stups sont des dossiers de grammes, de kilos, de sommes. Les dossiers de stups sont mathématiques.

 

 

Près de 9 000 euros en espèces

 

 

Le 4 avril, Josy Y qui avait fini par s’échapper en sautant de la fenêtre de la salle de bain pour être cueilli en bas par le policier qui s’y trouvait, a tout fait pour ne pas se laisser prendre avec la drogue et l’argent en coupures qu’il avait sur lui. Il a fallu deux policiers en renfort et deux coups de taser pour en venir à bout. « Je l’ai connu mineur, témoigne l’OPJ blessé pendant l’interpellation (45 jours d’ITT) et sa violence m’a étonné, mais on a compris pourquoi ensuite. » Sur le jeune homme : 5 000 euros en espèces, 42 grammes de cannabis, une pipe à cocaïne et des papiers de comptes. Dans sa sacoche : 3 830 euros en petites coupures et 82 grammes de cocaïne.

 

 

Comment il sortait 4400 euros par mois, avec 600 euros de revenus

 

 

Le co-prévenu et deux autres témoins entendus le désignent comme étant « le fournisseur ». Josy conteste de toutes ses forces. Il dit en revanche consommer 2 grammes de cocaïne par jour, et 7 à 8 joints de cannabis. Ok, dit la présidente, « vous achetez à combien ? – 70 euros le gramme de cocaïne, et le cannabis, oh c’est pas trop cher. – Quels sont vos revenus ? – 600 euros de chômage. – Et comment payez-vous les 4 200 euros mensuels de cocaïne, ainsi que les 200 euros de cannabis ? -Là où j’habite, je paie pas de factures, pas de loyer. » C’est ainsi qu’il pense expliquer comment il sortait 4 400 euros par mois, à partir de 600, sans pour autant faire la moindre allusion à Jésus multipliant les pains. « On a retrouvé près de 9 000 euros en petites coupures… – J’avais vendu une voiture. – Comment expliquez-vous avoir autant d’argent avec vous ? – Je comptais aller acheter une autre voiture, et moi je mets jamais l’argent à la banque car je déteste les banques, voilà. »

 

 

Le co-prévenu ne vivait plus que de pouvoir se droguer

 

 

Il déteste les banques, soit, mais il déteste aussi payer l’amende douanière à laquelle il fut condamné pour détention de drogue. « Il vire 30 euros par mois » précisera la vice-procureur. Les papiers de comptes retrouvés sur lui ? « Ça a dû être mélangé avec des feuilles de monsieur X, ça ne m’appartient pas. » Monsieur X, justement, essaie de montrer une autre figure que celle de celui chez qui tout le monde passait acheter sa came. Il tenait boutique dans sa salle-de-bain. Florian était un grand toxicomane, « Je devais prendre chaque jour 5 grammes d’héroïne et 2 grammes de cocaïne que je fumais. Fallait que je me démerde de A à Z pour me droguer. » Ce garçon ne sortait plus de chez lui, son existence était totalement fixée sur la drogue, celle qu’il devait prendre, celle qu’il devait vendre pour avoir ses propres doses. Il assure se présenter clean devant le tribunal. Son contrôle judiciaire avec obligation de soins aurait porté ses fruits, il est sous « métha ». Florian n’a pas de casier judiciaire mais la vice-procureur, Aline Saenz-Cobo tient à lui rappeler le contenu du rapport de l’AEM, l’association chargée de son contrôle : il est « virulent » (« ça veut dire quoi ? »), « ne regrette rien », « a dit qu’il vendait des produits de qualité ».

 

 

Une relaxe versus 30 mois de prison

 

 

Mouvement d’humeur à la barre, de se voir ainsi visé alors que le fournisseur c’est pas lui c’est l’autre, n’empêche, rappelle la procureur ,que chez lui c’était devenu « le drive » des trois produits stupéfiants les plus connus. « J’étais une nourrice, pour lui » dit le grand maigre en désignant le détenu pour qui son avocate, maître Faure-Révillet, va plaider une relaxe, « ce dossier manque d’éléments probants », là où maître Vermorel, pour Florian, concède que « ils ont tous les deux été pris la main dans le pot de confiture » et développe en faveur d’une peine mixte, de soins à poursuivre, « c’est un primo-délinquant ». La procureur avait justement requis une peine mixte pour le locataire du « drive » et 30 mois de prison ferme pour l’autre, ainsi que la révocation de son sursis.

 

 

« Ça ne colle pas »

 

 

« L’appartement de monsieur X était devenu un lieu commercial de trafic. Celui qui fournit c’est bien monsieur Josy X. » Parmi les éléments probants, celui-ci : « Monsieur X dit en audition ‘quand les gugusses (les forces de l’ordre, ndla) sont arrivés, j’ai voulu partir’. Jusque-là, rien de transcendantal à vouloir fuir, mais d’habitude les gens se débarrassent du produit au lieu d’empaqueter ce qui est sur la table et qui serait, si on le croit, la propriété de Florian X. ça ne colle pas. Son train de vie ne colle pas non plus. C’est un trafic qui s’est installé sur Montceau, un petit trafic de base qui coûte cher socialement, judiciairement, et qui coûte la santé des consommateurs. Il faut s’y attaquer, même si c’est vider la mer à la petite cuillère. »  Elle avait également requis une interdiction de séjour à Montceau pour Josy Y : « ça rend plus difficile de reprendre le maillage et ça permet à la police de souffler ». L’OPJ blessé par Josy Y travaille en dépit de son ITT, « on est assez en sous-effectifs comme ça ».

 

 

27 mois ferme pour le fournisseur

 

 

Le tribunal condamne Florian X à 18 mois de prison dont 6 mois sont assortis d’un sursis mis à l’épreuve. Obligations de travailler, de se soigner, interdiction de contact avec 3 co-auteurs. 

 

Josy Y est condamné à 24 mois de prison (maintien en détention), révoque les 3 mois de sursis (exécution provisoire) : 27 mois ferme. Interdiction de paraître à Montceau pendant 3 ans. Le jeune homme proteste silencieusement. « Quand s’est servi d’une ville, d’une cité, comme d’un terrain de jeux pour y commettre des exactions, eh bien on n’y revient pas », requérait la procureur.

 

 

Florence Saint-Arroman

 

 

 

Comme il l’avait fait lors d’un renvoi, maître Vermorel est revenu sur la crise de manque « très impressionnante » de Florian pendant sa garde à vue. « Convulsions, froid », il a fallu interrompre la garde à vue. Le jeune homme dit avoir arrêté de prendre toute drogue, héroïne comprise (s’en sevrer est réputé être extrêmement difficile) : « La redescente au commissariat, à vomir et tomber dans les pommes… je ne veux plus y retoucher. »

Josy Y devra verser 100 euros d’indemnité à un autre policier, payer 400 euros pour les frais d’avocat. Le tribunal ordonne expertise pour l’OPJ dont les tendons latéraux de doigts ont été touchés, renvoie sur intérêt civil en octobre.

 

 

https://montceau-news.com/faits_divers/532590-apres-linterpellation-de-deux-trafiquants-de-drogues-au-bois-garnier.html

 

 

https://montceau-news.com/faits_divers/538608-tribunal-de-chalon-apres-linterpellation-de-deux-trafiquants-de-drogues-au-bois-garnier.html

 

 

 

 

 

 

tribunal 2208172

 

 

 

 



Laisser un commentaire

Vous devez être connecté pour publier un commentaire.


» Se connecter / S'enregistrer